Entity: The Black Day – Version laboratoire de Dead Space

TEST – En plein milieu de la torpeur estivale, nous allons cette fois parler d’un jeu sorti il y a déjà six mois et que l’on peut littéralement terminer en un seul après-midi. En contrepartie, il ne s’agit pas d’un jeu d’horreur à la troisième personne vendu au prix fort, ce qui peut rappeler Dead Space, mais l’espace laisse ici sa place à un laboratoire souterrain, évoquant plutôt Resident Evil…

 

La page Steam du jeu affirme qu’une partie moyenne dure quatre heures… La nôtre s’est terminée en deux heures et demie. Voilà exactement de quoi nous parlons…

 

 

L’ambiance avant tout

 

L’objectif d’E:TBD n’est pas de placer un jumpscare à chaque tournant, mais de créer une tension permettant de vivre pleinement l’horreur qui nous attend. Le rythme n’est pas idéal et le produit reste techniquement assez discutable, même s’il ne nous demande pas non plus de payer 40, 50, 60 ou 70 euros. On pourrait également dire qu’il s’agit d’une expérience à combustion lente, qui met du temps à démarrer. Nous reprenons connaissance dans une zone industrielle faiblement éclairée, mais pas véritablement abandonnée, avec l’impression immédiate d’être impuissants et observés. L’environnement sonore renforce cette sensation. Ici, un silence soudain; là, des bruits provenant de l’arrière-plan, qui ne laissent jamais le joueur tranquille. L’éclairage se montre tout aussi efficace. Nous devons plus d’une fois compter uniquement sur notre lampe torche, car le brouillard et les ombres ont l’avantage. Il ne faut pas rester trop longtemps au même endroit, sans pour autant traverser l’ensemble à toute vitesse.

La narration environnementale fonctionne également bien, puisqu’elle permet de comprendre sans paroles ce qui s’est produit. Nous devons enquêter afin de trouver des notes et des objets, puis déverrouiller les différentes portes. La structure n’étant pas totalement linéaire, quelques retours en arrière sont également nécessaires. Comme le veut le genre, les ressources sont rares, et nous manquons presque constamment de munitions, de piles pour la lampe torche et d’objets de soin. Cela renforce la tension, tandis qu’il devient essentiel de tendre l’oreille, car les dangers se font généralement entendre avant d’apparaître: des pas, un choc sourd…

Il ne faut pas considérer la fuite comme une décision honteuse, puisqu’elle constitue souvent le choix le plus logique. Nous pouvons également nous cacher, car il n’est pas toujours nécessaire de provoquer une rencontre avec l’ennemi. E:TBD peut paraître simple, mais cette sobriété joue en sa faveur, car le jeu ne cherche pas à se compliquer inutilement. Nous ne perdons pas le rythme, ne nous égarons pas dans l’interface et ne devons pas composer avec des capacités inhabituelles. Il n’existe même pas de longues cinématiques ou d’arbres de dialogue, ce qui peut aussi être considéré comme un défaut.

Nous devons reconstituer les pièces du puzzle narratif en explorant. Une expérience scientifique ou industrielle semble avoir mal tourné, brisant la frontière entre ce que nous connaissons et ce qui nous échappe. Cette approche récompense les joueurs patients qui prennent le temps de fouiller. Les plus impatients abandonneront rapidement le jeu…

 

 

Des aventures qui font réfléchir

 

L’histoire a peut-être été volontairement construite pour que tous ses fils ne soient pas noués à la fin. Elle peut ainsi nous pousser à réfléchir aux événements après avoir terminé le jeu. Y parvient-elle correctement? Peut-être. Le choix artistique est-il pertinent? Les événements passés sont bien représentés, avec une apparence quelque peu sale qui convient parfaitement à l’ensemble.

E:TBD utilise efficacement les ombres, et les ennemis se montrent suffisamment inhabituels. Il ne glisse pas excessivement vers le grotesque, ce qui explique peut-être pourquoi la comparaison avec Dead Space fonctionne, puisque la solitude y constituait également un élément essentiel. Le jeu ne force rien. Il ne nous terrorise pas constamment, mais garde une main autour de notre cou et resserre parfois son étreinte. Il accomplit tout cela sans nous obliger à avancer continuellement.

La tension se construit lentement, mais le rythme reste beaucoup trop irrégulier. Nous devons revenir dans des lieux déjà visités, et cette démarche devient presque une étape systématique. Ces éléments finissent par laisser leur empreinte sur l’ambiance, produisant un effet un peu plus terne au lieu de rendre le jeu mémorable sur le long terme. Il faut dire que peu de personnes en ont parlé pendant les six mois écoulés depuis sa sortie, et c’est encore une façon indulgente de présenter la situation…

 

 

Un achat unique pour une expérience unique

 

Il existe un peu de rejouabilité si nous souhaitons rechercher les éléments manquants de l’histoire après en avoir oublié certains lors de la première partie, mais nous parlons tout de même d’un jeu qui se termine en deux heures ou deux heures et demie. Il n’existe pas de conclusion alternative réellement différente: nous obtenons simplement ce que le jeu nous propose, et rien de plus. Entity: The Black Day est vendu 17,50 euros, soit environ 6 400 forints, et une démo est également disponible si nous ne sommes pas certains qu’il fonctionnera correctement sur notre configuration.

Le jeu paraît quelque peu inachevé dans plusieurs domaines, notamment son interface, l’absence d’optimisation de l’Unreal Engine 5 et le faible nombre de types d’ennemis. Il mérite peut-être malgré tout un essai. Il n’est pas particulièrement mauvais, mais appartient aussi à cette catégorie de titres que l’on termine une fois avant de ne plus jamais les relancer. Direction Steam, donc, afin de voir si la démo peut vous intéresser.

-V”-

Développeur: ASD Games
Éditeur: ASD Games
Genre: survival horror à la troisième personne
Date de sortie: 8 janvier 2026

Pro:

+ Une ambiance réussie
+ La présentation audiovisuelle maintient efficacement la tension
+ Les ressources disponibles doivent être utilisées avec prudence

Contra:

– Le rythme du jeu n’est pas parfait
– Plusieurs éléments paraissent insuffisamment développés
– Le jeu reste assez court pour son prix, avec peu de rejouabilité

Entity: The Black Day

Jouabilité - 6.7
Graphismes - 7.3
Histoire - 7.2
Musique/Audio - 7.3
Ambiance - 7.5

7.2

BON

Ce jeu d’horreur fondé sur l’ambiance fonctionne, mais il ne restera pas mémorable sur le long terme.

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Grabbing controllers since the middle of the nineties. Mostly he has no idea what he does - and he loves Diablo III. (Not.)

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