ACTUALITÉS TECH : selon Bank of America, l’objectif principal du géant de Cupertino serait plutôt de renforcer son pouvoir de négociation.
Il n’a jamais vraiment semblé logique qu’Apple achète de la DRAM à CXMT uniquement pour ses produits vendus en Chine. Les caractéristiques techniques de cette mémoire sont clairement moins bonnes, et elle paraît surtout adaptée à des appareils moins chers qui ne réaliseraient pas de volumes de vente immenses, même sur le marché chinois.
Une grande banque américaine a néanmoins proposé une explication plus simple pour comprendre pourquoi Apple pourrait être prêt à risquer l’irritation de l’administration Trump. La réponse ne réside probablement pas dans un avantage technologique, mais dans le pouvoir de négociation.
Le Financial Times avait précédemment rapporté qu’Apple avait fait pression auprès de l’administration Trump afin d’obtenir l’autorisation d’acheter de la DRAM à CXMT. L’entreprise reste inscrite sur une liste noire du Pentagone en raison de ses liens présumés avec l’Armée populaire de libération chinoise.
Mark Gurman, rédacteur chez Bloomberg, a écrit la semaine dernière qu’Apple travaillait avec l’administration Trump pour minimiser les réactions à Washington si l’entreprise utilisait finalement des puces CXMT et YMTC dans des produits vendus en Chine.
Cette démarche n’a jamais paru particulièrement logique d’un point de vue économique. Une grande partie de la capacité de CXMT est déjà réservée par des accords de long terme, son énorme capacité DDR centrée sur l’IA est inutilisable pour Apple, et sa capacité LPDDR limitée est tarifée à peu près au même niveau que celles de Samsung, SK Hynix et Micron.
De plus, la DRAM de CXMT ne pourrait être utilisée que dans des produits commercialisés en Chine.
BofA on Apple $AAPL and CXMT:
“We do not expect Apple to meaningfully adopt CXMT’s DRAM. Three reasons: (1) US’s restriction on China semis, (2) DRAM quality to meet Apple’s specs (10Gbps+ speed, 1.1V power consumption, ECC function), and (3) DRAM IPs owned by major Korean/US… https://t.co/L8dfTeBkxN
– P Equity Research 📰 (@pequityresearch) July 5, 2026
L’analyse de Bank of America estime qu’Apple ne pourrait pas déployer de façon significative la DRAM de CXMT à cause de ses faiblesses techniques. Les exigences d’Apple imposent des puces LPDDR5X offrant des vitesses nettement supérieures à 10 Gbps, une consommation de 1,1 V et une fonction ECC.
Les puces de CXMT atteignent au maximum 10,667 Gbps, et elles souffrent aussi d’une capacité parasite plus élevée ainsi que de fuites de courant. Selon l’analyse, ces défauts proviennent du nœud de fabrication plus ancien de CXMT.
Le risque juridique existe également. Samsung, SK Hynix et Micron possèdent d’importants droits de propriété intellectuelle liés à la DRAM, et pourraient tenter d’impliquer Apple dans des procédures pour violation de brevets.
Bank of America considère donc qu’Apple ne pourrait utiliser la DRAM de CXMT que dans des produits d’entrée de gamme comme l’iPhone 18e, et même là sans volumes significatifs. Les ventes d’iPhone moins chers en Chine restent limitées de toute façon.
CXMT pourrait tout de même être utile à Apple. L’entreprise de Cupertino pourrait utiliser ce fournisseur chinois comme levier lors des négociations sur les prix contractuels du second semestre ou de 2027 avec Samsung, SK Hynix et Micron.
Les volumes réellement achetés à CXMT devraient probablement rester modestes. Apple semble néanmoins prête à brûler du capital politique à Washington afin d’aborder les discussions tarifaires avec les trois grands fabricants de DRAM depuis une position plus forte.
Source : WCCFTech



