L’avenir sans disques de Sony PlayStation est déjà dans le viseur de plusieurs procès

Le projet de Sony de faire entrer PlayStation dans une ère sans disques en 2028 arrive à un moment particulièrement délicat, alors que l’entreprise fait déjà face à plusieurs actions collectives liées à la vente de jeux numériques. Au centre de ces affaires se trouve toujours la même question : quel véritable choix reste-t-il aux joueurs lorsque le PlayStation Store devient l’unique voie réellement importante pour acheter des jeux dématérialisés ?

 

Depuis des années, PlayStation se retrouve au cœur d’un débat sur le niveau de contrôle exercé par Sony sur sa propre boutique numérique, mais la question dépasse désormais les protestations des joueurs, des revendeurs et des éditeurs. Plusieurs actions collectives soutiennent que l’entreprise a créé une situation dans laquelle les propriétaires de PlayStation disposent de très peu d’alternatives réalistes lorsqu’ils veulent acheter un jeu numérique. Le sujet est devenu encore plus sensible depuis l’annonce selon laquelle les nouveaux jeux PlayStation ne seront plus produits sur disque à partir de janvier 2028.

Le recul progressif des sorties physiques n’a rien de surprenant en soi, puisque les achats numériques prennent de plus en plus d’importance sur toutes les grandes plateformes depuis des années. La situation change toutefois complètement lorsque plusieurs affaires judiciaires examinent déjà si le PlayStation Store fonctionne dans un environnement réellement concurrentiel ou si Sony peut largement fixer les prix des jeux numériques selon ses propres conditions. Si les nouveaux jeux perdent véritablement leurs éditions physiques, les alternatives proposées par les magasins deviennent beaucoup moins concrètes, même si les revendeurs continuent à vendre des codes de téléchargement et d’autres produits numériques.

 

L’affaire britannique pourrait coûter des milliards à Sony

 

L’action la plus importante se déroule au Royaume-Uni, où le défenseur des consommateurs Alex Neill représente une demande d’environ 2 milliards de livres sterling, soit près de 2,6 milliards de dollars. L’affaire concerne les utilisateurs britanniques de PlayStation ayant acheté des jeux numériques ou du contenu additionnel sur le PlayStation Store entre août 2016 et février 2026. Selon la demande, Sony aurait acquis une position proche du monopole pour les contenus numériques vendus sur son propre matériel, ce qui lui aurait permis de maintenir des prix jugés excessivement élevés.

L’un des principaux points du litige concerne la commission de 30 % prélevée sur les achats numériques. La demande affirme que cette commission entraîne des prix qui ne reflètent pas le coût réel de fonctionnement d’une boutique numérique, les joueurs finissant par payer la différence. Sony répond que PlayStation ne fonctionne pas dans un système isolé, puisque les consommateurs peuvent choisir d’acheter le même jeu sur Xbox, sur les plateformes Nintendo ou sur PC, ce qui maintiendrait une concurrence sur le marché global. Les plaidoiries finales de l’affaire britannique se sont terminées en mai, mais une décision du tribunal de la concurrence pourrait encore prendre plusieurs mois.

 

Aux États-Unis, un accord se dessine déjà

 

L’affaire américaine porte sur une somme moins élevée, mais repose sur la même préoccupation fondamentale. Elle remonte à la décision de Sony en 2019 d’empêcher de grands revendeurs comme Amazon, Best Buy et GameStop de proposer des bons numériques spécifiques à certains jeux, qui pouvaient ensuite être utilisés pour acheter des titres PlayStation. Une fois cette possibilité supprimée, une part importante des achats numériques s’est retrouvée dirigée vers le PlayStation Store, où les joueurs n’avaient plus la même possibilité de comparer les prix entre plusieurs magasins.

Un juge fédéral a accordé cette année une approbation préliminaire à un accord de près de 7,85 millions de dollars, sans que Sony reconnaisse une quelconque faute. L’affaire montre néanmoins que le modèle de vente numérique de l’entreprise fait l’objet d’un examen juridique depuis plusieurs années et que la question n’a pas disparu simplement parce que les joueurs se sont habitués à acheter leurs jeux en ligne. L’approbation définitive et d’éventuels versements restent encore à venir, mais ce précédent arrive à un moment peu confortable pour Sony.

 

La fin des disques en 2028 rend le débat beaucoup plus grave

 

Sony a indiqué que les anciens jeux sortis sur disque avant janvier 2028 pourront encore faire l’objet de nouveaux tirages physiques après cette date. Les nouveaux titres, en revanche, pourraient n’arriver en magasin que sous la forme de boîtes contenant des codes de téléchargement, ce qui signifie qu’un produit vendu en rayon ne proposera plus la même chose qu’une véritable copie physique. Cette évolution pourrait profondément modifier l’activité des éditeurs et des revendeurs, tandis que les joueurs risquent de perdre progressivement l’accès au marché de l’occasion, aux prêts entre particuliers et aux promotions physiques qui accompagnent traditionnellement les grosses sorties PlayStation.

Ce changement peut également créer une nouvelle réalité juridique. Tant qu’un jeu récent existe aussi sur disque, le prix du PlayStation Store coexiste avec une alternative tangible, vendue par des commerces extérieurs et influencée par les promotions, les stocks ou la concurrence sur les prix. Si toutes les futures sorties deviennent des produits numériques, les tribunaux pourraient plus facilement examiner quel choix réel il reste à une personne souhaitant jouer sur PlayStation. Pour Sony, l’arrêt de la production de disques n’est donc pas seulement une transition commerciale, mais une décision qui pourrait attirer bien davantage l’attention sur le fonctionnement de sa boutique numérique.

Sony continue d’affirmer que les joueurs disposeront d’alternatives et que l’entreprise souhaite travailler avec les revendeurs afin que des codes numériques restent disponibles en dehors du PlayStation Store. Il faudra attendre pour savoir si cela suffira à préserver une véritable concurrence après la disparition des disques. Rien ne change aujourd’hui pour les personnes qui achètent sur le PlayStation Store, mais les procédures en cours montrent déjà que l’avenir numérique de Sony pourrait être bien plus complexe qu’un simple changement de technologie.

Source : GameRiv

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BadSector is a seasoned journalist for more than twenty years. He communicates in English, Hungarian and French. He worked for several gaming magazines - including the Hungarian GameStar, where he worked 8 years as editor. (For our office address, email and phone number check out our impressum)

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