TEST – Voir une franchise de la fin des années 1990 et du début des années 2000 refaire surface vingt ans plus tard reste surprenant – et pas forcément pour les bonnes raisons. Après les deux remasters de Legacy of Kain: Soul Reaver, Crystal Dynamics remet sur le devant de la scène l’épisode de 2003, pendant qu’Legacy of Kain: Ascendance plane aussi dans l’ombre. Le souci, c’est que ce remaster ne parvient pas à corriger les faiblesses d’origine: le passé pèse encore sur chaque minute.
Beaucoup de jeux traînaient des défauts à l’époque, et celui-ci n’échappe pas à la règle – c’est surtout pour ça que la note tombe comme elle tombe.
Retour à Nosgoth
On retrouve Kain, vampire d’un égo franchement monumental, et Raziel, son lieutenant trahi, devenu une sorte de mort-vivant. LoK:D enchaîne directement sur les épisodes précédents: connaître la saga est donc fortement recommandé, sinon une bonne partie de l’histoire vous passera au-dessus. Kain tente de garder Nosgoth – un monde gothique joliment déprimant – sous contrôle, puis découvre que Raziel (qui cherche à comprendre ce qui se cache derrière le monstre tentaculaire appelé Elder God) et lui sont liés par une force surnaturelle.
Ici, pas de “bien” ou de “mal” bien propre, et même en connaissant la franchise, toutes les questions n’auront pas de réponse. Le scénario reste acceptable, sauf qu’il a été volontairement laissé ouvert pour une suite. Et l’idée de coincer une démo de la suite annulée (Dark Prophecy) dans la version Deluxe est franchement culottée: c’était censé “clore” l’histoire, mais devoir payer plus pour une tranche qui se boucle en quinze minutes… non merci.
Il y a heureusement un autre bonus, nettement plus consistant: les Lost Levels, des niveaux coupés qui n’ont pas intégré LoK:D mais ont été conservés. Ce n’est pas aussi abouti que le jeu principal, évidemment, mais c’est un vrai plaisir à découvrir. En revanche, le remaster rappelle sans arrêt qu’on a affaire à un titre vieux de 22-23 ans.
Les caméras fixes deviennent optionnelles, et on peut gérer soi-même – sauf que, souvent, c’est (pour rester poli) catastrophique. On a vérifié: notre rédacteur en chef parlait déjà de “cadrages souvent dégueulasses, inutilisables” en janvier 2004, et le problème n’a pas disparu. Le platforming n’aide pas non plus: certaines prises semblent possibles, le jeu ne les valide pas, et on finit par chuter dans le vide plus d’une fois.
Les deux personnages se battent différemment: Raziel mise sur la vitesse, Kain sur la force brute (avec une lourdeur qui va avec). Les affrontements deviennent vite répétitifs, même si la télékinésie – envoyer valser des ennemis – reste amusante. L’ensemble souffre d’un maniement un peu raide, et le rythme “stop toutes les quinze secondes parce qu’un groupe arrive” n’a clairement pas vieilli avec grâce.
Le poids des années
L’idée d’avoir Kain et Raziel réunis est excellente. Le problème, c’est que la quantité de combats donne l’impression d’étirer artificiellement le jeu. Au moins, le rendu est plus flatteur qu’en 2003: la partie visuelle a progressé, et la refonte de l’interface est une bonne décision. On peut aussi débloquer de nouveaux skins pour donner un petit vernis moderne au remaster.
Ceux qui veulent peuvent conserver les angles de caméra d’origine et repasser sur l’apparence d’époque. C’est une option gagnante: les puristes y trouvent leur compte, et ceux qui préfèrent un confort moderne aussi. Mais ça pose une question simple: comment noter ce remaster? Le travail de remasterisation n’est pas mauvais, mais le jeu de base, lui, tient beaucoup moins bien aujourd’hui. Si on notait seulement la qualité du remaster, on n’arriverait pas au même chiffre que si on notait le jeu en lui-même. Au final, faire une moyenne des deux n’a rien d’absurde.
Réservé aux fans de la franchise
Legacy of Kain: Defiance Remastered a au moins le mérite de rendre l’aventure de Kain et Raziel accessible sur des machines modernes. Le lifting visuel est correct, Dark Prophecy est une idée intéressante, l’ambiance gothique fait toujours mouche, et l’écriture garde une vraie profondeur – mais ça ne suffit pas. Les combats fatiguent vite, la caméra reste calamiteuse au mieux, et le maniement oscille entre moyen et pénible.
Le jeu de base vaut aujourd’hui un 6/10. Le remaster avec ses bonus ressemble davantage à un 7,5/10. En moyenne, ça donne un bon 6,5/10: pas mauvais, mais la portion Dark Prophecy se termine beaucoup trop vite, même si les niveaux supplémentaires remontent un peu la note. Si Legacy of Kain ne vous parle pas, ce n’est pas ici que vous tomberez amoureux. Si vous connaissez déjà, en revanche, c’est un achat recommandable. Ce remaster est aussi clivant que ça: on adore, ou on trouve que “ça passe”.
-V-
Pro:
+ Dark Prophecy et les niveaux bonus
+ Une refonte visuelle correcte
+ Une histoire toujours solide
Contre:
– Caméra toujours désastreuse, et maniement inégal
– Combats qui s’essoufflent rapidement
– Dark Prophecy derrière un paywall, LOL
Développeur: Crystal Dynamics, PlayEveryWhere
Éditeur: Crystal Dynamics
Date de sortie: 3 mars 2026
Genre: action-aventure
Legacy of Kain: Defiance Remastered
Jouabilité - 5.2
Graphismes - 7.3
Histoire - 7.8
Musique/Audio - 7.2
Ambiance - 6
6.7
CORRECT
Un remaster ne peut pas vraiment corriger les défauts d’hier...





