TEST – Necrophosis: Full Consciousness est un jeu d’horreur linéaire développé par Dragonis Games. Sur PlayStation 5, c’est le même contenu que sur PC, avec le DLC Subconsciousness inclus. À 20 euros, le prix n’est pas délirant. En revanche, si vous avez déjà joué à Scorn, vous voyez sans doute à quoi vous attendre.
L’environnement façon Giger et les créatures organiques doivent beaucoup à Unreal Engine 5. Côté histoire, on débarque dans un village abandonné où tout suinte l’anomalie. C’est un monde franchement « charnel ». Le jeu a reçu très vite le DLC Subconsciousness, qui n’ajoute pas un gros pan de contenu mais plutôt un petit complément – d’où le sous-titre Full Consciousness.
Dès le départ, c’est du déjà-vu
On contrôle le corps de Warren Marsh, un scientifique américain, sauf qu’une intelligence artificielle se cache derrière lui. L’objectif: remettre chaque chose à sa place. Le jeu ne fait pas semblant de dissimuler ses influences. Si vous avez fait Scorn ou The Shore, vous reconnaîtrez immédiatement le principe: ici, l’image prime, pas la richesse du gameplay. Ce n’est pas forcément un défaut, mais on sent vite qu’on a déjà vu le décor. Village désert, bruits étranges, créatures surréalistes, environnements plus répugnants que « beaux » – tout est là pour vous marteler qu’il y a un problème.
Le gameplay est nerveux, et les combats aussi. Vous n’avez qu’une seule arme, qui évolue au fil de la partie, avec quelques capacités à débloquer, mais la variété reste limitée. Tir et mêlée basique composent l’essentiel. Les ennemis ne sont pas légion, mais ils se montrent souvent agressifs. On a même droit à deux boss, plus divertissants que vraiment exigeants. Le rythme tient la route, même si les affrontements finissent par se ressembler. Sur cinq heures, ça passe.
Le point le plus agaçant, c’est que le jeu vous arrête régulièrement pour vous servir du texte narratif. Ce sont des paragraphes courts censés étoffer l’histoire, mais ils cassent l’élan. Vous voulez avancer, et le jeu vous dit: stop, lis ça. Beaucoup n’auront pas la patience.
Là où il marque des points, c’est sur l’atmosphère. Tout est sombre, et les décors sont construits pour vous garder dans l’inconfort. Le monde est « surréaliste », avec ce sentiment permanent que quelque chose cloche. Le son aide beaucoup, même si l’ensemble peut devenir monotone. Visuellement, en revanche, ça tape fort.
Ce qui reste, c’est l’ambiance
L’ambiance est solide, sans que le gameplay soit pour autant remarquable. Necrophosis: Full Consciousness est davantage une expérience qu’un vrai défi. Pas de choix d’armes, pas d’armures, pas de systèmes RPG: on vous demande surtout de regarder, d’avancer, d’absorber le monde. Les énigmes sont simples, parfois à peine des énigmes – on trouve un objet, on ouvre une porte. Si vous aimez ce style, vous y trouverez votre compte.
Le jeu est extrêmement surréaliste, au point de donner l’impression d’observer quelque chose de complètement détraqué. Ce n’est pas tant « effrayant » qu’inconfortable, et pour de l’horreur, ça fonctionne. La direction artistique et le climat sont les principales raisons d’y jouer, et le jeu a ce petit côté mémorable. Le prix n’est pas excessif non plus: si vous aimez cette vibe, ça vaut le détour.
Necrophosis: Full Consciousness est court mais atmosphérique, et ne va pas réinventer le genre. Si vous aimez les espaces sombres à la Giger et que des mécaniques simples ne vous dérangent pas, vous passerez un bon moment. Si vous cherchez plus de profondeur, vous risquez d’être déçu.
-V-
Pro:
+ La direction artistique et les décors façon Giger
+ L’atmosphère et le ton surréaliste
+ Un prix plutôt raisonnable
Contre:
– Un gameplay limité, avec peu de variété
– Une histoire très clichée, pas vraiment marquante
– Des interruptions narratives qui cassent le rythme
Développeur: Dragonis Games
Éditeur: Dragonis Games Publishing
Date de sortie: 28 mai 2026
Genre: horreur
Plateformes: PlayStation 5, PC, Xbox Series, Switch
Necrophosis: Full Consciousness
Jouabilité - 5.3
Graphismes - 6.2
Histoire - 6.8
Musique/Audio - 5.7
Ambiance - 6
6
CORRECT
Une ambiance et des visuels solides, mais un gameplay qui s’essouffle vite.




