Nintendo se retrouve attaqué sur deux fronts – deux joueurs accusent la société de vouloir gagner deux fois sur les mêmes droits de douane

Deux joueurs ont déposé un recours collectif contre Nintendo aux États-Unis, et l’accusation est particulièrement embarrassante pour l’entreprise. Selon eux, Nintendo a déjà fait payer aux consommateurs l’impact des droits de douane imposés par Donald Trump en augmentant le prix de certains produits, tout en cherchant désormais à récupérer ces mêmes sommes auprès du gouvernement américain. Autrement dit, les plaignants estiment que la société tente de profiter deux fois de la même situation.

 

L’affaire trouve son origine dans les nouveaux droits de douane instaurés après le retour de Trump au pouvoir, des taxes qui ont touché de nombreux produits importés et qui ont rapidement contribué à faire grimper les prix dans tout le secteur technologique. Nintendo fait partie des entreprises qui ont contesté ces surcoûts devant l’État fédéral, en déposant en mars dernier une plainte pour dénoncer des mesures jugées illégales ou abusives. Depuis, la situation a évolué vers une promesse de remboursements pour les sociétés concernées, mais rien n’indique pour l’instant que cet argent sera reversé aux joueurs qui ont déjà payé plus cher les produits Nintendo entre-temps.

C’est précisément là-dessus que repose le nouveau recours. Comme l’a détaillé Game File, les deux plaignants accusent Nintendo de vouloir s’enrichir injustement grâce au mécanisme mis en place autour de ces tarifs. D’un côté, l’entreprise a augmenté les prix de certains produits – des accessoires de la Switch 2 jusqu’à certains articles liés à la première Switch – afin d’absorber le choc des droits de douane. De l’autre, elle pourrait maintenant récupérer de l’argent auprès du gouvernement fédéral parce qu’elle a participé à la contestation de ces mêmes taxes.

La plainte soutient que, sans intervention du tribunal, Nintendo pourrait récupérer deux fois les mêmes sommes: une première fois auprès des clients via la hausse des prix, puis une deuxième fois via les remboursements de l’État, intérêts compris. C’est pour cette raison que les plaignants présentent l’affaire non pas comme une simple divergence commerciale, mais comme un cas d’enrichissement injustifié et de violation du droit de la consommation dans l’État de Washington. Le dossier devient encore plus délicat si l’on tient compte des informations de presse selon lesquelles certaines entreprises concernées par les remboursements pourraient récupérer jusqu’à 160 millions de dollars.

 

Les propres déclarations de Furukawa compliquent aussi la défense de Nintendo

 

Les plaignants disposent en plus d’un élément particulièrement gênant pour Nintendo: la direction de l’entreprise avait déjà expliqué publiquement comment elle comptait gérer les droits de douane. La plainte cite une déclaration faite en mai 2025 par Shuntaro Furukawa, président de Nintendo, soit à peine un mois après l’entrée en vigueur de ces taxes. À ce moment-là, Furukawa avait affirmé que la politique de base de l’entreprise consistait à considérer les droits de douane comme un coût et à les intégrer dans les prix dès lors qu’ils étaient appliqués dans un pays ou une région. En clair, Nintendo avait déjà reconnu noir sur blanc qu’il s’agissait bien de sa logique tarifaire.

Lorsque Game File a ensuite demandé à Nintendo si l’entreprise comptait reverser une partie des futurs remboursements aux joueurs ayant déjà payé ces hausses, la société n’a pas fourni de réponse concrète. Elle s’est contentée de confirmer qu’une demande avait bien été déposée, sans rien ajouter de plus. Une telle réponse floue n’a évidemment rien pour rassurer des consommateurs qui regardent déjà l’affaire avec une méfiance croissante.

Il faut aussi replacer cette affaire dans un contexte plus large. Nintendo n’est pas la seule société à se retrouver dans ce type de situation. Ces derniers jours, des clients de FedEx et d’UPS ont engagé des démarches similaires, craignant eux aussi que les entreprises gardent pour elles les remboursements de droits de douane alors qu’elles avaient déjà transféré le coût aux consommateurs. Le problème dépasse donc largement Nintendo: il pose une question plus générale sur ce qu’une entreprise doit faire lorsque l’État lui rembourse une charge qu’elle avait entre-temps fait payer à ses clients.

Pour Nintendo, cela ouvre néanmoins un nouveau front particulièrement sale. La société était déjà dans une position délicate à cause du lien entre les droits de douane et le prix de ses consoles ou accessoires. La voilà désormais contrainte de se défendre devant la justice face à l’idée qu’elle chercherait à transformer la même pression économique en double bénéfice. Avec le temps, davantage de détails émergeront, et il n’est pas impossible que Nintendo fasse un geste pour calmer la situation. Pour l’instant, pourtant, tout cela ressemble surtout à un nouveau problème d’image que l’entreprise s’est elle-même ajouté – et que les joueurs risquent de très mal digérer.

Source: 3DJuegos

Spread the love
Avatar photo
theGeek is here since 2019.

theGeek Live