La guerre Blu-ray contre HD DVD ne s’est pas jouée sur la qualité, mais sur la PlayStation 3. L’affrontement entre Toshiba et Sony a réellement basculé quand la successeure de la PlayStation 2 est arrivée sur le marché.
Entre 2006 et 2008, le Blu-ray (Sony) et le HD DVD (Toshiba) se sont disputé le statut de standard du disque haute définition. Les films pouvaient sembler proches à l’écran, mais les disques restaient incompatibles, et le duel était inévitable. Le coup le plus visible est venu lorsque Walmart, premier distributeur aux États-Unis, a choisi d’arrêter de soutenir le HD DVD pour concentrer ses efforts sur le Blu-ray.
Peu après, Toshiba a commencé à préparer sa sortie, tant le message paraissait limpide: les studios et les grands détaillants avaient déjà pris parti. En février 2008, Toshiba a confirmé son retrait et a cessé de développer, fabriquer et vendre des lecteurs HD DVD. Avec cette décision, la guerre des formats a pris fin, et les chiffres du groupe japonais – sans surprendre – ont surtout confirmé qu’il n’avait jamais réussi à rivaliser efficacement.
L’entreprise affirmait avoir écoulé un million de lecteurs et enregistreurs HD DVD, auxquels s’ajoutaient environ 700 000 lecteurs optiques pour PC. Le problème? Sony a fait de la PlayStation 3 son produit étendard et a choisi le Blu-ray comme format vedette de la console, et la suite appartient à l’histoire. En misant sur l’héritière de la PlayStation 2, le constructeur a réussi à clore le débat en quelques mois.
Le coup de maître de Sony
En transformant sa console en lecteur grand public, Sony a fait entrer un lecteur Blu-ray dans de nombreux foyers presque sans qu’ils s’en rendent compte, la PlayStation 3 figurant parmi les options les plus abordables du segment. De son côté, le HD DVD a tenté d’occuper le salon via un accessoire pour Xbox 360, mais il restait facultatif, et c’est ce détail qui a fini par peser lourd. Parce qu’il était intégré d’office, le lecteur Blu-ray de la PS3 a remporté la bataille.
Conséquence directe de la défaite, Toshiba a reconnu 920 millions d’euros de pertes, imputées au manque de popularité du HD DVD. Mais Sony a ensuite buté sur un adversaire impossible à vaincre, qui a aussi mis fin à la domination du Blu-ray: la consommation numérique. Aujourd’hui cela paraît évident, mais rétrospectivement, peu auraient parié que le streaming deviendrait le véritable vainqueur.
Source: 3djuegos



