Cette approche se montre également créative, puisqu’elle évitait certainement le problème de scénaristes incapables de produire suffisamment de texte…
Motoi Okamoto, producteur de Silent Hill, a révélé l’exigence surprenante à laquelle devait répondre l’équipe de scénaristes, autrement dit les auteurs de l’histoire, de Silent Hill f : elle devait lire une quantité immense de livres. Okamoto a présenté une conférence pendant l’événement japonais CEDEC, dont le nom complet est CESA Developers Conference ou, dans sa version particulièrement longue, Computer Entertainment Supplier’s Association Developers Conference. Au cours de son intervention intitulée « L’art de produire Silent Hill », il a expliqué qu’une vaste culture littéraire constituait une qualité importante que les producteurs de jeux devraient développer. Lire l’intégralité des œuvres des scénaristes avec lesquels il travaillait représentait également à ses yeux une question fondamentale de respect.
Cette volonté de lire ne se limite toutefois pas à Okamoto. Afin de garantir que les développeurs possèdent de bonnes idées, il a expliqué que les membres de l’équipe, en particulier les scénaristes, exerçaient une certaine pression les uns sur les autres pour lire au moins 100 à 200 livres par an. Cela représente énormément d’ouvrages. Nous travaillons nous aussi sur nos habitudes de lecture et serions déjà heureux d’en terminer 20 cette année, ou 25 en 2027. Nous restons généralement prudents envers les quotas professionnels et les KPI, autrement dit les indicateurs clés de performance, mais nous soutenons cette initiative de tout notre cœur.
La référence d’Okamoto à l’inspiration a particulièrement attiré notre attention. De nombreux développeurs expérimentés ont déjà souligné l’importance de disposer de sources artistiques extérieures au jeu vidéo. Josh Sawyer, directeur de la conception chez Obsidian, a récemment expliqué dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube comment les arts visuels, le cinéma et le théâtre l’influençaient. L’année dernière, Nobuo Uematsu, compositeur de la série Final Fantasy, regrettait la stagnation de la musique vidéoludique, qu’il attribuait notamment au fait que les nouveaux compositeurs s’inspiraient excessivement d’autres bandes originales de jeux.
L’inspiration peut pourtant provenir de lieux totalement inattendus, et notre propre expérience nous permet de l’affirmer. Chaque personne possède toutefois une personnalité différente, et il pourrait donc s’agir d’un cas exceptionnel.



