Mistfall Hunter pourrait facilement passer, au premier regard, pour un nouvel action-RPG de dark fantasy mêlant combat soulslike et mécaniques d’extraction, mais Bellring Games tient peut-être sa meilleure idée précisément là où beaucoup de grands jeux modernes ont desserré l’étau. Le titre ne cherche pas un immense monde ouvert à tout prix. Il veut des donjons étroits, dangereux et oppressants, où la carte, les ennemis et les autres joueurs vous serrent tous la gorge en même temps.
Ces dernières années, plusieurs franchises légendaires ont tenté de se moderniser en abandonnant partiellement la structure classique du dungeon crawling au profit des mondes ouverts. Les derniers jeux The Legend of Zelda et Elden Ring sont devenus d’immenses succès, mais beaucoup de joueurs ont malgré tout senti que cette liberté avait un prix : quelque chose s’est perdu dans cette structure plus serrée, plus stratifiée et plus dangereuse, fondée sur des espaces clos, des routes difficiles et une découverte progressive. Mistfall Hunter prend le chemin inverse. Le nouvel action-RPG de Bellring Games ne s’étend pas vers l’extérieur. Il resserre son monde vers l’intérieur, en plaçant les donjons, les couloirs étroits et les choix d’itinéraire contraints au centre de l’expérience.
Le principe de base est familier sans nécessiter beaucoup d’explications : il s’agit d’un RPG d’extraction en dark fantasy qui mélange la tension du combat soulslike, le risque PvPvE et la pression permanente du butin. Selon la description officielle, Mistfall Hunter est un RPG d’action PvPvE d’extraction à la troisième personne, dans lequel les joueurs combinent classes, compétences, équipement et builds tout en tentant de survivre dans des ruines dévorées par la brume après le Ragnarok. Il est possible de partir seul ou en équipe, mais la règle centrale reste brutale : si vous mourez, vous perdez ce que vous avez ramassé, et seule une extraction réussie permet de conserver le butin.
Ce n’est pas une voie de fuite, mais un labyrinthe
D’après l’aperçu de 3DJuegos, la partie la plus intéressante de Mistfall Hunter n’est pas sa ressemblance avec certains éléments d’Elden Ring ou de Dark and Darker, mais la manière très consciente dont il s’oppose à la tendance actuelle des cartes plus vastes et plus libres. La plupart des jeux similaires tentent d’élargir la liberté du joueur avec des espaces ouverts et des cartes très amples. Bellring Games fait le contraire, en construisant des niveaux plus linéaires, plus serrés et plus oppressants. L’objectif n’est pas de laisser le joueur courir paniqué au milieu des ennemis avant de sortir par la première issue disponible, mais de l’obliger à apprendre le terrain, reconnaître les couloirs, comprendre la carte et sentir le poids de chaque choix d’itinéraire.
Cette approche est particulièrement intéressante dans un jeu d’extraction, car le joueur subit en même temps la pression du temps, des ennemis contrôlés par l’IA, des autres joueurs et du risque de perdre son butin. Mistfall Hunter ne semble pas non plus permettre de contourner facilement le système : selon l’aperçu, des murs invisibles peuvent empêcher de sauter par-dessus des barrières ou d’exploiter des raccourcis, ce qui signifie que le jeu ne repose pas sur des astuces de fuite, mais sur la connaissance des lieux et la maîtrise des routes. L’environnement paraît étroit, labyrinthique et inconfortable, mais c’est précisément de là que vient la tension. Vous ne combattez pas seulement les ennemis. Vous combattez aussi le niveau lui-même.
Cette conception peut sembler étrange au départ pour les joueurs habitués à une liberté totale dans les action-RPG modernes, mais les premières impressions de 3DJuegos suggèrent que cette rigueur empêche justement le jeu de rester superficiel. Le level design force à prendre au sérieux les ennemis, le risque et la navigation. Selon le site officiel, l’extraction nécessite aussi de vaincre un monstre rare appelé Returner Woodling afin d’obtenir un Soul of Return. La fuite n’est donc pas un simple bouton ou une sortie au bord de la carte. C’est une nouvelle décision de combat et de tactique, alors que la menace de tout perdre reste suspendue au-dessus du joueur.
Le combat n’est pas seulement élégant, il prend aussi le PvP au sérieux
L’autre grande force de Mistfall Hunter pourrait être son système de combat. Selon l’aperçu, la présentation du jeu ne donne pas l’impression bon marché et inachevée que l’on associe parfois à certaines productions double-A. Il ne s’agit pas seulement du niveau de détail des modèles ou du rendu visuel, mais aussi des animations, de l’élégance de l’interface et de la manière dont les personnages manient leurs armes avec du poids, de l’élan et de la tenue. Les coups d’épée, les tirs et les sorts produisent une sensation satisfaisante, ni trop rapide ni trop lourde, et ne donnent pas l’impression que le personnage flotte sur le niveau.
C’est important, car Mistfall Hunter ne repose pas seulement sur les ennemis contrôlés par l’IA. Le PvP fait partie de la structure, ce n’est pas une décoration optionnelle. Dans un RPG d’extraction, les autres joueurs peuvent être aussi dangereux que les monstres des donjons, mais beaucoup d’imitations soulslike ne savent pas vraiment quoi faire de la dimension compétitive. Bellring Games n’a pas cette échappatoire : si le jeu promet une expérience PvPvE, le combat doit aussi fonctionner contre des joueurs. 3DJuegos souligne que le titre intègre des mesures de type anti-gank pouvant aider à récupérer pendant les combos, et qu’il n’impose pas le système habituel centré sur la caméra exactement comme on pourrait s’y attendre, ce qui donne un combat plus réfléchi en PvP comme en PvE.
Officiellement, Mistfall Hunter se déroule après le Ragnarok, lorsque la chute des dieux et la corruption appelée Gyldenmist ont déformé le monde. Les joueurs deviennent des Gyldhunters, s’aventurant dans les ruines pour vaincre des monstres, d’autres joueurs et des Mist Lords, tout en collectant un butin précieux. Ce cadre n’est pas révolutionnaire, mais il s’accorde bien avec l’ambiance de dark fantasy sombre, nourrie par les mythologies celte et nordique, que l’identité visuelle du jeu met fortement en avant. L’objectif n’est pas de réinventer tout le genre, mais de bâtir un RPG d’extraction serré, lourd, dangereux et solide.
Un point faible apparaît déjà
D’après l’aperçu de 3DJuegos, Mistfall Hunter pourrait être en bonne voie pour devenir plus qu’un simple hybride soulslike/extraction. Sa structure de niveaux centrée sur les donjons, son combat resserré, son design attentif au PvP et sa présentation plus soignée que prévu suggèrent que Bellring Games ne cherche pas seulement à fabriquer un projet opportuniste collé à une tendance. Selon sa page Steam, le jeu est actuellement prévu pour juillet 2026 sur PC, tandis que des annonces précédentes évoquaient aussi des versions Xbox Series X|S et PlayStation 5.
Un point laisse toutefois déjà un arrière-goût désagréable. L’aperçu note que le système d’amélioration de la colonie, construit autour d’attentes en temps réel, paraît dépassé. Attendre plusieurs heures pour qu’un forgeron ou des aventuriers deviennent un peu plus efficaces n’ajoute pas forcément grand-chose au jeu. Cela risque surtout de ralentir artificiellement le rythme. Dans un titre dont l’attrait principal repose sur l’entrée risquée dans les donjons, le combat, le butin et l’extraction sous tension, il paraît particulièrement étrange qu’une partie de la progression rappelle des minuteurs de jeu mobile. Si Bellring Games affine cet aspect de l’expérience, Mistfall Hunter pourrait devenir l’un des action-RPG de dark fantasy les plus intéressants de 2026.
Source : 3DJuegos, Mistfall Hunter, Steam, Xbox Wire



