Les chiffres de Square Enix et CAPCOM rendent le débat sur les jeux physiques impitoyable

Les derniers résultats financiers de Square Enix et CAPCOM montrent clairement la direction prise par le marché du jeu vidéo : les ventes numériques ne sont plus seulement fortes, elles dominent. Sur les 26,8 millions de jeux vendus l’an dernier par Square Enix, 21,7 millions étaient numériques, soit 81,3 % du total, tandis que CAPCOM indique que le numérique représente désormais 93 % de ses ventes. Les collectionneurs de versions physiques restent très audibles, mais les chiffres des grands éditeurs montrent que le marché est déjà parti ailleurs.

 

Quelques années après l’installation de boutiques numériques comme le PlayStation Store et le Nintendo eShop, il paraissait encore difficile d’imaginer que les sorties numériques remplaceraient vraiment les jeux en boîte. Beaucoup de joueurs voulaient acheter leurs titres préférés en version physique, les ranger sur une étagère, les collectionner, les revendre ou les prêter. Cette époque se réduit pourtant de manière visible, et les derniers chiffres de Square Enix et CAPCOM laissent peu de place aux illusions.

L’éditeur des séries Final Fantasy et Dragon Quest a indiqué dans ses derniers résultats financiers FY26/3 avoir vendu 26,8 millions de jeux l’an dernier. Sur ce total, 21,7 millions étaient des unités numériques, contre 4,98 millions d’exemplaires physiques. Le numérique représente donc 81,3 % des ventes de jeux de Square Enix. À ce niveau, il ne s’agit plus d’un canal secondaire. C’est le marché principal.

CAPCOM montre une direction similaire dans ses propres documents financiers. L’entreprise, qui a aussi indiqué dans le même rapport que Dragon’s Dogma 2 ne serait pas le dernier épisode de la série, précise que ses ventes numériques sont montées à 93 % du total. Elles étaient à 90 % l’an dernier, ce qui signifie que la part du physique a encore reculé. Chez CAPCOM, le jeu en boîte devient presque l’exception plutôt que la manière normale d’acheter.

 

Les constructeurs de consoles avaient déjà pris cette direction

 

Cette tendance ne sort pas de nulle part. La PlayStation 5 Digital Edition, la PlayStation 5 Pro et la Xbox Series S sont toutes arrivées sans lecteur de disque, et Microsoft a ensuite lancé un modèle entièrement numérique de la Xbox Series X. Ces machines ont clairement indiqué la direction matérielle : les constructeurs estiment que la majorité des joueurs privilégie désormais la commodité de l’achat numérique, même si cela implique de renoncer à certaines possibilités liées à la propriété, à la collection, à la revente ou au prêt.

Les collectionneurs attachés au physique continuent de défendre leur position avec force, mais la répartition des ventes ne leur est plus favorable. Nintendo et son public restent un cas un peu à part, avec des éditions physiques encore plus importantes, tandis que des éditeurs comme CD Projekt Red essaient toujours de proposer de vraies versions commerciales plutôt que des solutions de type Game Key Card. Cela ressemble toutefois de plus en plus à une exception plutôt qu’à la direction générale de l’industrie.

Avec 81,3 % de ventes numériques chez Square Enix et 93 % chez CAPCOM, il est difficile d’imaginer que la prochaine génération de consoles ignore cette réalité. On ne sait toujours pas officiellement si la PlayStation 6 sortira avec un lecteur de disque, mais la pression sur les coûts et la domination du numérique renforcent toutes deux l’hypothèse de machines sans lecteur. Du côté d’Xbox Project Helix, des rumeurs évoquent également l’absence de lecteur, accompagnée d’un programme de conversion du disque vers le numérique qui permettrait tout de même aux joueurs d’utiliser leurs jeux physiques sous une certaine forme.

Les jeux physiques n’ont pas disparu, et ils peuvent encore compter pour les collectionneurs, la préservation et la notion de propriété. Les chiffres des grands éditeurs montrent toutefois que le marché de masse a déjà fait son choix. La majorité des joueurs achète ses jeux en numérique, les constructeurs conçoivent de plus en plus sereinement des machines sans lecteur, et les éditeurs suivent l’argent. Le jeu en boîte n’est pas mort du jour au lendemain, mais d’après les données de Square Enix et de CAPCOM, ce n’est plus lui qui donne le rythme.

Source : Wccftech

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