TEST – Icarus: Console Edition démarre comme s’il voulait te décourager: il explique peu, verrouille des bases derrière des systèmes, et laisse la planète faire le reste – souvent à coups de griffes. Si tu t’accroches, tu découvres pourtant une vraie profondeur et un potentiel énorme sur la durée, cachés sous la frustration. Nous avons passé environ 25 heures sur la version PlayStation 5.
Icarus te largue depuis l’orbite sur une planète dont la terraformation a échoué, devenue une nature hostile faite de tempêtes, de faune agressive et de pression permanente. Tu récoltes, tu montes en niveau, tu débloques des technologies, tu construis, et tu gères l’oxygène, la nourriture, l’eau, l’exposition, les blessures, puis des chaînes de craft qui s’allongent sans cesse. L’empilement des mécaniques lui donne un rythme à part sur console – et c’est précisément là qu’il est à la fois excellent et pénible.
Le vrai point noir au départ, c’est l’absence d’accueil digne de ce nom. Un manuel rempli de texte, quelques indices, puis le jeu te lâche avec un débrouille-toi implicite. Découvrir par soi-même peut être plaisant, mais ici ça bascule trop souvent dans une confusion inutile. Faire confiance au joueur n’est pas la même chose que refuser de lui apprendre les fondamentaux.
Le premier largage: zéro tutoriel, beaucoup de dents
Mon premier essai s’est fait dans le désert, parce que ça paraissait simple: horizon dégagé, rivière, plantes, rochers, tout ce qu’il faut. Dans beaucoup de jeux du genre, ça veut dire outils rapides, abri rapide, stabilité rapide. Dans Icarus, même des outils basiques peuvent dépendre de choix dans l’arbre techno, et si tu ne le comprends pas tout de suite, tu perds un temps précieux à ramasser des trucs sans pouvoir vraiment te sécuriser.
La pression de la faune arrive vite. Coyotes, sangliers, scorpions – ils te tombent dessus avant que tu aies l’impression d’être équipé. Puis les tempêtes débarquent, et tu apprends une autre règle sans douceur: la capsule de largage n’est pas un refuge. Les blessures comptent, les soins exigent des crafts spécifiques, et même les réflexes évidents peuvent se retourner contre toi. L’eau, par exemple, ressemble à une solution, jusqu’à ce qu’elle ne le soit plus, et le jeu explique mal ces règles au moment où elles devraient être claires.
J’ai failli lâcher. J’ai recommencé en forêt, et c’est là que ça a commencé à basculer, surtout parce que la progression du personnage rend enfin les premiers déblocages utiles. Mais la confusion ne disparaît pas pour autant. La gestion d’oxygène est l’exemple parfait: tu vois la jauge descendre, tu fouilles l’arbre techno, tu repères des objets liés à l’O2, et tu restes quand même coincé. L’information essentielle – équiper l’oxite directement dans la combinaison au début – est capitale, et le jeu a trop tendance à te forcer à l’apprendre par l’échec ou via des guides externes.
Quand ça clique, ça accroche
Une fois passé ce chaos initial, Icarus devient réellement gratifiant. En choisissant mieux tes déblocages, tu passes de la survie au jour le jour à une logique de planification. Une cabane au bord de l’eau devient une base. Des séchoirs sécurisent la nourriture. La purification règle l’eau. Un raffinage stabilise l’oxygène. Le jeu commence enfin à récompenser la construction d’infrastructure, et c’est là qu’il prend tout son sens.
Il y a un plaisir très spécifique à voir ton installation résoudre des problèmes qui te tuaient au début. La nourriture devient gestion et stockage. L’oxygène devient logistique. Et puis le jeu te rappelle qu’il reste cruel – par exemple quand tu découvres ce que fait un feu de camp dans une maison en bois. Tout brûle. C’est rageant, mais c’est aussi le genre d’histoire de survie qu’on raconte après coup.
La progression est gigantesque, et les choix comptent tôt, ce qui est excellent. Le souci, c’est que le jeu t’aide rarement à construire un chemin cohérent au milieu de cette complexité. La profondeur ne remplace pas la clarté, et Icarus confond trop souvent les deux.
Sur PS5, l’interface est le vrai prédateur
Le portage est jouable, mais l’UI et les contrôles semblent trop souvent hérités d’un PC, puis adaptés à la manette sans vraie réflexion. Certains écrans fonctionnent au curseur, d’autres à la navigation en grille, et la logique change d’un menu à l’autre d’une manière qui ne devient jamais naturelle.
La gestion d’inventaire est le pire, parce que tu y reviens sans arrêt. Plusieurs panneaux, files de craft, détails d’objets, stats – tout se bat pour ton attention, et ça devient lent et irritant à la manette. La sélection rapide d’outils est aussi datée; une roue radiale avec ralentissement serait beaucoup plus adaptée, surtout quand ça s’énerve.
La lisibilité pourrait aussi être meilleure: taille de texte, descriptions, infos survolées, tout ça demande trop d’effort au moment où tu apprends. Le combat à la manette souffre également d’une aide à la visée trop discrète, ce qui rend certains affrontements plus maladroits que techniques. L’ambiance, elle, tient la route: la forêt respire, le désert expose, les tempêtes installent l’urgence. Mais les performances ne sont pas impeccables, avec des micro-saccades fréquentes en déplacement, assez présentes pour finir par agacer.
Durant notre fenêtre de test, le multijoueur n’était pas pleinement évaluable, donc la stabilité coop sur de longues sessions reste à confirmer. Ce qui est clair, en revanche, c’est la nature du jeu: une vraie richesse de contenu, un vrai payoff, mais une patience exigée que beaucoup n’auront pas – et un effort du jeu pour te rejoindre à mi-chemin qui manque encore trop souvent.
Verdict
Icarus: Console Edition est profond et parfois vraiment excellent, mais son entrée en matière est inutilement brutale. Le tutoriel est faiblard, l’UI PS5 est lourde, et des mécaniques clés sont expliquées trop tard ou trop vaguement. Si tu aimes apprendre des systèmes complexes et encaisser un début rugueux, tu peux y trouver une vraie addiction – mais si tu veux une prise en main propre et une ergonomie pensée manette, cette version va tester ta patience.
-Herpai Gergely „BadSector”-
Pro:
+ Une profondeur énorme et une progression long terme vraiment prenante
+ Une vraie satisfaction quand l’infrastructure remplace la survie au jour le jour
+ Biomes et météo installent bien la pression et l’ambiance
Kontra:
– Onboarding quasi inexistant, infos clés mal expliquées au bon moment
– UI et inventaire maladroits à la manette
– Micro-saccades fréquentes et aide à la visée trop timide
Développeur: RocketWerkz, GRIP Studios
Éditeur: RocketWerkz, GRIP Studios
Date de sortie: 26 mars 2026
Genre: survie, crafting, PvE
Icarus: Console Edition
Jouabilité - 8.2
Graphismes - 7.8
Histoire - 6
Musique/Audio - 7.5
Ambiance - 8
7.5
BON
Icarus: Console Edition cache un excellent bac à sable de survie derrière un départ brutal et trop peu expliqué. Une fois les systèmes compris, la construction d’une base et d’une logistique devient réellement gratifiante, mais l’UI PS5 et l’apprentissage confus plombent les premières heures. Les joueurs patients et fans de mécaniques complexes y trouveront un vrai payoff, les autres risquent de décrocher avant que ça ne décolle.






