Les remakes ne viennent pas de la nostalgie : un ancien patron de PlayStation dévoile la vraie raison

« Ils ne naissent pas de la nostalgie », affirme un ancien responsable de PlayStation, qui lâche le morceau : les remakes ne sont qu’une « solution facile » à l’un des problèmes majeurs du jeu vidéo. Shuhei Yoshida, ex-président de SIE Worldwide Studios, explique que ces projets servent à « financer de nouveaux jeux ».

 

Dans le monde du jeu vidéo, la tendance est bien installée : ressortir des classiques, même récents, sous forme de remake ou de remaster. PlayStation a été vivement critiqué pour avoir appliqué cette stratégie à des jeux comme The Last of Us ou Days Gone. Mais selon un ancien dirigeant de Sony, ces rééditions ne sont pas motivées par la nostalgie, mais bien par une logique économique visant à financer de futurs titres.

Shuhei Yoshida, qui a dirigé SIE Worldwide Studios jusqu’en 2019 avant de quitter définitivement PlayStation début 2025, connaît parfaitement les rouages internes de l’entreprise. Dans une interview accordée à PlayStation Inside, il évoque la hausse continue des coûts de développement et des prix : « Je pense que [la hausse de prix avec Mario Kart: World] allait arriver tôt ou tard — peut-être pas par Nintendo, mais par un autre. On vit une époque d’inflation forte et réelle, et pourtant les joueurs s’attendent à ce que des jeux plus ambitieux et donc plus chers coûtent autant qu’avant. C’est intenable. »

« Aujourd’hui, tout est plus complexe et exigeant dans la production d’un jeu vidéo », poursuit-il. « Chaque éditeur fixe ses prix, bien sûr, mais au fond, tout repose sur les coûts de production. C’est pourquoi les acteurs du secteur cherchent à diversifier leurs revenus, pour continuer à créer ces blockbusters que le public attend en priorité. »

« L’abondance actuelle de remakes et de remasters n’est pas due à la nostalgie ou à un besoin de modernisation, mais représente plutôt un moyen rapide de générer des revenus servant à financer de nouveaux jeux », analyse Yoshida. « C’est pareil pour les portages PC. Cela ne me gêne pas, car ce sont souvent des studios comme Nixxes Software qui s’en chargent, permettant aux équipes principales de se concentrer sur des projets inédits. »

Rien de vraiment nouveau dans ses propos : l’industrie traverse une période difficile, et les entreprises multiplient les initiatives pour soutenir leurs futurs titres. Il existe cependant des exceptions notables : « Je ne sais pas si Rockstar en profitera pour vendre GTA VI à 90 euros ou plus, mais c’est la réalité actuelle. Même les services par abonnement, bien qu’ils soient rentables, participent au financement des prochains AAA. »

« Il faut absolument trouver un équilibre entre coûts de production et prix de vente », conclut-il. « GTA VI servira sans doute de référence, mais si l’on regarde Clair Obscur: Expedition 33, le jeu est visuellement incroyable, alors qu’il n’est développé que par une trentaine de personnes. C’est une piste à suivre : créer d’excellents jeux avec de petites équipes et des budgets maîtrisés, sans sacrifier la qualité. »

Source : 3djuegos

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