Si vous suivez un minimum les nouvelles sorties, vous avez probablement déjà croisé MOUSE: P.I. for Hire, le shooter au parfum de film noir du studio polonais Fumi Games. Sorti le 16 avril, le jeu a immédiatement signé un lancement très solide sur PC et consoles, au point d’avoir tout du joli succès indie de l’année. Ce qui est amusant, c’est que le bruit le plus fort autour du jeu n’est finalement pas venu de ses bonnes notes ou de ses louanges, mais d’une critique plus froide que la communauté a instantanément transformée en mème.
Les chiffres racontent déjà une très belle histoire. MOUSE: P.I. for Hire a récolté en très peu de temps plusieurs milliers d’évaluations sur Steam, dont l’immense majorité est positive, tandis que son pic de joueurs simultanés a largement dépassé les cinq chiffres. À cela s’ajoute une excellente note côté utilisateurs sur le PlayStation Store, ce qui suffit largement à parler d’un départ presque idéal pour un jeu indépendant. Pourtant, ce n’est pas cela qui a dominé les discussions. Ce qui a surtout fait du bruit, c’est le 6/10 attribué par IGN, une note qui a fini par ressusciter l’un des vieux réflexes moqueurs les plus connus d’internet.
Tout est parti du ton de la critique, qui parlait d’un mariage maladroit entre narration noire et action boomer shooter. Il n’en fallait pas plus pour que les joueurs ressortent le vieux mème du too much, associé depuis des années à l’une des critiques Pokémon les plus célèbres d’IGN. Sauf que cette fois, le slogan a changé. Au lieu de too much water, la blague collective est devenue celle d’un jeu de souris avec too much cheese, autrement dit trop de fromage.
Fumi Games ne s’est pas braqué – le studio a récupéré la blague et l’a transformée en carburant
Là où l’histoire devient vraiment intéressante, c’est que les développeurs ont immédiatement compris l’ambiance du moment et n’ont pas essayé de lutter contre elle. Ils ont au contraire choisi de surfer dessus. Fumi Games a publié sa propre vidéo sur les comptes officiels du jeu, reprenant la blague sur le fromage et transformant de fait une critique moyenne en seconde vague de visibilité gratuite. Le mème n’a donc pas affaibli MOUSE: P.I. for Hire, il l’a au contraire projeté encore un peu plus sous les projecteurs.
En parallèle, le studio a aussi rappelé qu’il ne se contentait pas de rire avec la communauté. Fumi Games a expliqué qu’il continuait à peaufiner le jeu avec des correctifs visant notamment les crashs, les problèmes d’écran noir et certaines missions susceptibles de bloquer la progression. En clair, l’équipe polonaise réussit deux choses à la fois: séduire les joueurs avec son mélange improbable de cartoon des années 1930 et de shooter nerveux, tout en prouvant qu’une mauvaise critique peut aussi devenir une excellente publicité si l’on sait lire l’air du temps.
Et ce n’est pas un tour que tout le monde sait réussir. Beaucoup de studios auraient réagi en se vexant ou en commençant à se justifier. Fumi Games, lui, a simplement compris que la communauté avait déjà choisi la manière dont elle voulait parler du jeu. Et si cette manière passe aujourd’hui par trop de fromage, alors cela peut visiblement suffire à nourrir un vrai succès.
Source: GRY-Online



