ACTUALITÉS CINÉMA – L’an dernier, le monde du cinéma a été durement frappé par la disparition de Val Kilmer, emporté à 65 ans après une décennie de lutte contre un cancer de la gorge, la pneumonie ayant été retenue comme cause officielle de son décès. Figure majeure du cinéma des années 1980 et 1990, Kilmer a marqué Hollywood avec des films comme Top Gun, Tombstone et Les Doors, tout en restant actif bien après son diagnostic. Le dernier film de sa carrière fut Top Gun: Maverick, où il retrouvait le rôle de Tom « Iceman » Kazansky dans ce qui allait devenir l’un des plus gros succès du cinéma récent.
Surtout après sa maladie, Kilmer s’était imposé comme un défenseur assumé de l’intelligence artificielle et parlait volontiers de ce que cette technologie pouvait apporter au cinéma lorsqu’elle était utilisée avec discernement. Cette conviction s’était déjà concrétisée sur Top Gun: Maverick, où l’équipe avait recours à une version de sa voix recréée par IA afin de lui permettre de prononcer ses quelques répliques face au Maverick de Tom Cruise. Aujourd’hui, même après sa mort, cette proximité avec une technologie aussi controversée refait surface dans un nouveau projet qui remet l’acteur au premier plan.
Une recréation numérique pour un nouveau long-métrage
Lors du CinemaCon 2026 à Las Vegas, l’auteur-réalisateur Coerte Voorhees a présenté la première bande-annonce de son nouveau film, As Deep as the Grave. Le récit suit les archéologues réels Ann Morris et Earl Morris, incarnés par Abigail Lawrie et Tom Felton, alors qu’ils découvrent les restes des Ancestral Puebloans dans les années 1920. Le film attire particulièrement l’attention parce qu’il utilise une image de Val Kilmer générée par intelligence artificielle. Il y joue Father Fintan, un prêtre catholique et spiritualiste amérindien. On l’aperçoit dans plusieurs plans de la bande-annonce, y compris au tout dernier instant, lorsqu’il prononce cette phrase: N’aie pas peur des morts, et n’aie pas peur de moi.
Kilmer avait été choisi pour le rôle des années avant le tournage, mais lorsque la production principale a commencé en novembre 2020, son état de santé ne lui permettait plus d’assurer la performance. Selon Voorhees, l’acteur entretenait un lien fort avec ce personnage et tenait particulièrement à contribuer à mettre en lumière l’histoire d’Ann Morris, l’une des premières femmes archéologues d’Amérique du Nord. Puisque le rôle avait été pensé dès le départ pour lui, le réalisateur a travaillé étroitement avec la famille de Kilmer pour l’intégrer malgré tout au film grâce à l’IA générative. Les enfants de l’acteur ont soutenu ouvertement cette décision, expliquant que leur père voulait toujours faire partie de cette histoire, même lorsqu’il n’était plus physiquement capable d’y prendre part.
Pas présenté comme une performance de Kilmer, mais comme une présence inspirée de lui
Cette décision a déjà déclenché une vive controverse dans le milieu du cinéma, mais Voorhees a pris soin de nuancer la manière de la présenter. Il ne parle pas d’une performance de Val Kilmer au sens strict, mais d’une interprétation influencée par lui. Pour le réalisateur, il était essentiel d’obtenir le soutien des enfants de l’acteur, car il savait parfaitement qu’il s’aventurait sur un terrain extrêmement sensible. En parallèle, beaucoup craignent que cette démarche n’ouvre la voie à une tendance plus large, avec des studios de plus en plus enclins à ressusciter numériquement des stars disparues.
As Deep as the Grave est attendu au cours de l’année 2026, même si aucune date précise de sortie n’a encore été annoncée. Une chose est déjà certaine toutefois: le film ne fera pas seulement parler de lui pour avoir ramené Val Kilmer à l’écran sous forme numérique, mais aussi pour avoir ravivé l’un des débats les plus explosifs de Hollywood sur la place que l’intelligence artificielle doit – ou ne doit pas – prendre dans la création cinématographique.
Source: MovieWeb



