Sony pourrait avoir de sérieux ennuis : les prix du PS Store pourraient attirer l’attention de l’UE

Des experts juridiques estiment que le silence de Sony pourrait devenir un sérieux problème, car le système de tarification dynamique du PS Store pourrait entrer en conflit avec au moins deux directives de l’Union européenne. La boutique PlayStation testerait depuis plusieurs mois un dispositif capable d’afficher des prix différents à plusieurs utilisateurs pour le même jeu, sans que l’entreprise ait fourni d’explication claire aux consommateurs.

 

Le marché numérique du jeu vidéo est observé de près depuis des années, non seulement à cause de prix souvent excessifs, mais aussi parce que de plus en plus de joueurs ont le sentiment d’acheter dans une boutique gouvernée par des algorithmes et des règles que personne ne comprend vraiment. Dans ce contexte, il est particulièrement sensible que l’on ait découvert ces derniers mois que Sony testerait sur le PlayStation Store un système de tarification dynamique, capable d’afficher un jeu à un certain prix pour un utilisateur, tout en montrant exactement le même titre à un autre pour un montant inférieur ou supérieur.

Plusieurs rapports suggèrent que Sony teste ce type de tarification sur le PlayStation Store depuis la fin de 2025, et des experts juridiques avertissent que cette stratégie pourrait avoir des conséquences au sein de l’Union européenne. Une enquête du média danois Arkaden, également relayée par Eurogamer, a alerté sur une possible violation de la directive 2011/83/UE, qui impose aux entreprises utilisant des prix personnalisés d’en informer les consommateurs « de manière claire et compréhensible ».

 

Pour les experts, le vrai problème n’est pas le test, mais le silence

 

D’après les informations actuellement disponibles, cette information claire n’a pas été donnée. Le système lui-même paraît simple à première vue : selon PS Prices, les utilisateurs peuvent être répartis aléatoirement entre des groupes de contrôle et des groupes de test, et selon le groupe auquel ils appartiennent, ils peuvent voir des prix différents pour un même jeu. D’un point de vue juridique, le problème n’est donc pas nécessairement qu’une boutique numérique mène un test de prix, mais que les clients n’en soient pas informés clairement.

Le professeur de droit Jan Trzaskowski estime que le point central est que l’utilisateur reçoit un prix précis en fonction de ce qu’il est, ou du groupe dans lequel le système l’a placé. « Le problème, c’est qu’un prix spécifique vous est proposé en fonction de qui vous êtes. Peu importe que vous ayez été suivi sur plusieurs plateformes ou que vous ayez été inclus dans un segment. L’intention de la législation favorise une interprétation large de la prise de décision automatisée dans ce contexte » – a-t-il expliqué. Sony pourrait soutenir qu’il ne s’agit pas de prix « personnalisés » au sens strict, mais d’une segmentation des utilisateurs en différents groupes. Les experts ne sont toutefois pas convaincus que cette distinction suffise à protéger l’entreprise.

Peter Rott, professeur de droit et coauteur d’une étude sur la tarification dynamique, estime qu’en pratique cette différence n’est pas suffisante pour répondre aux exigences européennes. Selon lui, cette méthode de prix pourrait également entrer en conflit avec la directive 2005/29/CE sur les pratiques commerciales déloyales, qui interdit en substance de dissimuler au consommateur une information importante dont il a besoin pour décider d’acheter ou non un produit.

Selon PS Prices, le test de Sony fonctionne depuis novembre 2025 et aurait concerné, en mars 2026, plus de 190 jeux dans plus de 70 régions, dont les États-Unis. Le rapport indique que les utilisateurs ne voyaient pas nécessairement des prix plus élevés, mais plutôt des niveaux de réduction différents : pour certains jeux, un client pouvait voir une remise plus faible, tandis qu’un autre bénéficiait d’une réduction plus importante. Cela ne règle toutefois pas le problème de transparence, car l’acheteur ne sait toujours pas qu’il participe à une expérience tarifaire.

Christian Bergqvist, professeur associé à l’université de Copenhague, a averti que dans le pire des cas, l’entreprise pourrait s’exposer à une amende. La situation est d’autant plus délicate que l’écosystème numérique de PlayStation a déjà fait l’objet de nombreuses critiques ces dernières années, notamment autour de son modèle de boutique fermée, de la propriété numérique et des controverses liées aux DRM. Si des utilisateurs voient des prix différents pour le même jeu sans avertissement clair, le débat ne relève plus seulement de la politique tarifaire – il peut aussi devenir une affaire de protection des consommateurs.

Source : 3DJuegos, PS Prices

Spread the love
Avatar photo
theGeek is here since 2019.

theGeek Live