L’Allemagne donne 1,5 million de dollars aux développeurs du bureau Steam Deck, tandis que KDE attaque les logiciels fermés façon Microsoft

L’agence allemande Sovereign Tech Agency a attribué 1,3 million d’euros, soit environ 1,5 million de dollars, de son Sovereign Tech Fund à la communauté KDE, dédiée aux logiciels libres et open source. Ce financement soutiendra Plasma et son infrastructure, y compris l’environnement de bureau utilisé par défaut sur le Steam Deck. KDE n’a pas édulcoré son message : selon la communauté, le monde commence à se détourner des logiciels coûteux, peu sûrs et truffés de mécanismes d’espionnage imposés par des entreprises comme Microsoft, Google, Meta et Apple.

 

L’agence allemande Sovereign Tech Agency a alloué 1,3 million d’euros de son Sovereign Tech Fund à la communauté KDE. Cela représente environ 1,5 million de dollars ou 1,1 million de livres sterling, et selon Phoronix, ce financement vise directement à renforcer l’infrastructure des logiciels libres et open source. La décision s’inscrit dans un mouvement européen plus large autour de la souveraineté numérique, des technologies publiquement auditables et d’une dépendance réduite aux grandes entreprises technologiques américaines.

La plupart des utilisateurs qui connaissent KDE l’associent probablement à Plasma, son environnement de bureau. C’est l’une des grandes options du bureau Linux, aux côtés de GNOME, qui a lui aussi reçu ces dernières années une aide d’un million d’euros issue du même fonds. Ce nouveau financement ressemble donc moins à un geste isolé qu’à une volonté plus large de financer directement les infrastructures open source du bureau.

Plasma est l’environnement de bureau par défaut du Steam Deck, et occupe une place importante dans des distributions comme Fedora, Bazzite, CachyOS, Kubuntu, openSUSE et KDE Linux. Mais KDE ne se limite pas à une interface de bureau. La communauté développe aussi le gestionnaire de fichiers Dolphin, le logiciel de montage vidéo Kdenlive, l’atelier de dessin Krita, la boutique d’applications Discover et KMines, parmi beaucoup d’autres outils. C’est précisément ce type de couche logicielle qui rend un système exploitable au quotidien.

 

L’argent financera des travaux d’infrastructure précis

 

Le financement n’est pas présenté comme une enveloppe vague. KDE a détaillé les domaines précis qui seront soutenus :

  • Amélioration de l’infrastructure d’assurance qualité de KDE Plasma et de KDE Linux
  • Amélioration des mécanismes de récupération de KDE Plasma
  • Mise en place d’une fonction de réinitialisation d’usine pour KDE Linux
  • Amélioration de l’infrastructure de sécurité pour l’usage organisationnel de KDE Plasma
  • Amélioration des systèmes de sauvegarde et de restauration des données
  • Renforcement de la gestion de configuration comme infrastructure centrale du bureau
  • Amélioration de l’expérience des partages réseau
  • Création d’une infrastructure d’assurance qualité pour KDE PIM et de tests de bout en bout pour IMAP4 et WebDAV
  • Prise en charge d’IMAP4rev2
  • Prise en charge des notifications push WebDAV
  • Standardisation de la configuration des comptes
  • Amélioration de l’intégration desktop de la suite KDE PIM avec une distribution fondée sur Flatpak

La liste n’a rien de spectaculaire, mais elle touche exactement aux éléments qui déterminent si un environnement de bureau peut être fiable au-delà du cercle des passionnés : récupération, sauvegarde, configuration, partages réseau, sécurité, messagerie et infrastructure collaborative. Ce sont des parties peu visibles, mais essentielles si un bureau libre doit fonctionner dans des usages personnels, professionnels ou publics.

KDE a employé un langage très direct dans son annonce. La communauté écrit que « le monde commence à se détourner des logiciels coûteux, peu sûrs et truffés de mécanismes d’espionnage imposés par Microsoft, Google, Meta, Apple et d’autres ». Elle présente ensuite KDE comme une meilleure voie, rappelant qu’elle fournit depuis 30 ans des logiciels libres et open source essentiels à la souveraineté numérique dans les infrastructures personnelles, professionnelles et publiques.

L’un des effets importants de ce type de financement est que les améliorations obtenues ne restent pas enfermées dans un déploiement administratif ou un produit privé. Les logiciels de KDE sont publiquement auditables, librement disponibles, et peuvent être maintenus, adaptés et améliorés en interne ou par des entreprises logicielles locales. La communauté insiste aussi sur l’absence d’abonnements, d’espionnage des utilisateurs, de revente des données volontairement partagées et d’entraînement secret de modèles d’IA avec ces données. Le message vise clairement la méfiance croissante envers les plateformes fermées et les modèles économiques fondés sur la collecte de données.

 

Linux n’a pas remplacé Windows, mais il devient plus difficile à ignorer

 

Cela ne signifie pas que tout le monde abandonnera Windows demain. Le système de Microsoft conserve une base d’utilisateurs immense, surtout sur les PC de jeu et dans de nombreux environnements professionnels. Le changement concerne plutôt la visibilité et le sérieux institutionnel. Linux, KDE, GNOME et l’écosystème open source du bureau sont de plus en plus traités non comme de simples alternatives pour passionnés, mais comme des infrastructures stratégiquement importantes.

Le Steam Deck joue un rôle intéressant dans cette évolution. La machine portable de Valve a montré à beaucoup de joueurs qu’un système fondé sur Linux ne devait pas forcément ressembler à un chantier permanent. Il peut offrir une expérience pratique, presque console. Si KDE Plasma devient plus stable, plus sûr, plus facile à restaurer et plus adapté aux usages organisationnels, les bénéfices dépasseront les utilisateurs traditionnels de Linux. Ils toucheront aussi tous ceux qui utilisent du matériel ou des logiciels construits sur cet écosystème.

Source : PC Gamer

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