APERÇU – Artificial Detective ne cherche pas à se distinguer en nous servant encore un jeu de tir avec des robots parfaitement banal. À la place, il place une enquête sur la disparition de l’humanité dans une ville décopunk, avec un chien-robot militaire, une fille humaine élevée parmi les machines et un détective aux souvenirs endommagés. Sur le papier, le jeu d’action-aventure à la troisième personne de VIVIX Inc., prévu pour 2027, propose exactement le type de mélange qui peut donner naissance soit à une aventure de science-fiction très marquée, soit à un rêve mécanique bourré de trop d’idées. Dans tous les cas, le point de départ ne manque pas d’imagination.
Le protagoniste d’Artificial Detective est AD 2846, un détective robot qui reprend conscience avec des souvenirs fragmentés dans Conglomerate North. Le lieu n’est pas une nouvelle ruine postapocalyptique standard, mais une métropole décopunk à plusieurs niveaux, inspirée de l’Art déco, que les machines étaient censées entretenir en attendant le retour de l’humanité. Seulement, quelque chose a très mal tourné: les humains ont disparu, des robots incontrôlables règnent sur la ville, et le système continue de tourner comme si les anciennes règles avaient encore le moindre sens.
AD 2846 n’est pas complètement seul dans cette jungle de métal devenue folle. À ses côtés se trouvent DAWG, le fidèle chien-robot militaire, ainsi que Mowgli, une fille humaine élevée par des machines. À première vue, ce trio pourrait facilement passer pour une blague de science-fiction un peu facile, mais l’une des meilleures idées du jeu tient justement au fait que les compagnons ne sont pas de simples seconds rôles ni des pistes de commentaire ambulantes. D’après Steam et Xbox Wire, ils participent activement à la progression, à l’exploration et à la survie: ils peuvent débloquer de nouvelles capacités, aider au combat, analyser des indices, gérer l’équipement et ouvrir de nouveaux itinéraires dans la ville.
La question centrale du récit est simple, mais suffisamment forte: qu’est-il arrivé à l’humanité ? Le jeu ne repose pas seulement sur un robot qui traverse une ville en tirant partout, mais sur AD 2846 qui recompose le passé à partir de fragments. Les quartiers de Conglomerate North dévoilent de nouvelles strates de cet univers, avec des zones criminelles contrôlées par Rise Corp, des machines défaillantes, des routes cachées, des boss et des retours vers le passé. Si tout cela s’assemble correctement, l’enquête ne sera pas un simple décor derrière l’action.
La gâchette n’aura pas toujours le dernier mot
Artificial Detective ne veut pas imposer une seule solution au joueur. AD 2846 pourra utiliser des armes électromagnétiques, pirater des systèmes, se faufiler, tromper les robots hors de contrôle ou retourner l’environnement contre eux. Le feu, l’électricité, le magnétisme et les éléments interactifs des niveaux pourront tous influencer la manière de résoudre chaque situation.
C’est important, car la promesse de bac à sable ne vaut quelque chose que si l’on ne reçoit pas simplement une liste de possibilités. Un piratage bien préparé, un détour discret, une réaction en chaîne provoquée par l’environnement ou un affrontement direct peuvent donner un rythme très différent à un même quartier. Si VIVIX Inc. traite cela comme autre chose qu’une formule de communication, Conglomerate North pourrait vraiment devenir plus qu’un simple décor spectaculaire.
La survie et l’enquête jouent également un rôle important. Le joueur cherche des indices, rassemble des ressources, répare et améliore son équipement, tout en évaluant constamment quand il vaut mieux combattre, quand il est préférable de rester caché et quand il faut s’appuyer sur les capacités des compagnons. Cette approche ne devrait pas seulement reposer sur les réflexes bruts, mais aussi sur notre capacité à comprendre la ville et la logique de la folie mécanique qui l’anime.
La ville qui a survécu à ses habitants
Conglomerate North compte plus de dix quartiers distincts, entre lesquels il sera possible de se déplacer à bord d’un tramway volant. Ce véhicule n’est pas seulement un accessoire décopunk plein d’ambiance, mais pourrait aussi servir de base mobile à l’équipe: selon Xbox Wire, c’est là que l’on pourra améliorer les compagnons, assembler les indices récupérés, recevoir les briefings de mission et définir les prochaines directions de l’enquête.
L’identité visuelle de la ville est façonnée par l’Art déco des années trente, la science-fiction rétrofuturiste, le néo-noir et l’anime. Sur le papier, le mélange est solide: quartiers construits en hauteur, passerelles aériennes, véhicules en lévitation, tours, espaces humains abandonnés et habitants robotiques étranges composent un monde où l’absence de l’humanité pourrait presque être plus bruyante que n’importe quelle explosion. Les développeurs ne semblent clairement pas vouloir montrer une fin du monde terne et vide, mais un système qui a fonctionné beaucoup trop longtemps sans ses propriétaires.
Le ton ne paraît pas entièrement sombre non plus. Artificial Detective touche à des questions sérieuses sur l’IA, l’avenir de l’humanité et ce qui reste de nous si nos propres systèmes survivent à l’espèce, mais d’après les déclarations des développeurs, il ne veut pas se figer dans un bloc de béton philosophique. Il semble plutôt s’annoncer comme une aventure centrée sur les personnages, portée par l’humour noir et des situations étranges, où même après la fin du monde il reste du rythme, de la curiosité et une vraie alchimie entre les protagonistes.
DAWG, Mowgli et le détective qui voulait devenir humain
La dynamique entre les trois personnages principaux pourrait être l’épreuve décisive d’Artificial Detective. AD 2846 est un détective robot naïf qui veut devenir humain, Mowgli est une fille humaine élevée parmi les machines, et DAWG est à la fois un outil militaire, un compagnon et l’un des appuis de survie les plus importants de l’équipe. Ce dispositif pourrait facilement devenir trop direct ou trop attendrissant, mais avec une bonne écriture, il peut former un triangle de personnages vraiment solide.
DAWG est un élément particulièrement intéressant, car il n’est pas seulement un chien-robot mignon destiné à l’affiche. Selon les développeurs, il jouera un rôle dans les combats, les interactions avec l’environnement, l’identification d’objets et plusieurs fonctions de soutien pratiques. La présence de Mowgli compte aussi, car elle est la preuve vivante que l’histoire de la disparition de l’humanité n’est peut-être pas aussi simple qu’elle en a l’air. Un robot qui veut devenir humain, et une humaine qui a appris le monde parmi les machines – voilà de quoi construire une vraie tension de science-fiction.
Le jeu est attendu en 2027 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X/S. Artificial Detective appartient pour l’instant à cette catégorie de projets prometteurs, encore à regarder avec prudence, dont l’idée de départ suffit déjà à réclamer l’attention. Reste à voir si VIVIX Inc. saura placer assez de rythme, d’écriture et de poids ludique derrière ce concept spectaculaire pour que l’enquête d’AD 2846 ne soit pas seulement belle à regarder, mais reste réellement en mémoire.
-Gergely Herpai « BadSector »-





