Le Seigneur des anneaux : La Bataille pour la Terre du Milieu II – Mon précieux ou simple camelote ? [RÉTRO – 2006]

RETRO – À l’image de l’effroyable usine de guerre de Saroumane, Electronic Arts expédie les jeux Le Seigneur des anneaux à une cadence franchement inquiétante. Avec La Bataille pour la Terre du Milieu II, l’éditeur semble bien décidé à écraser d’un coup toutes les précédentes adaptations LotR et toutes les tentatives RTS passées… Le Seigneur des anneaux : La Bataille pour la Terre du Milieu II fête ses 20 ans cette année, l’occasion idéale pour remettre à jour ce rétro-test écrit il y a deux décennies.

 

La trilogie de Peter Jackson reste sans conteste l’un des projets fantasy les plus ambitieux de son époque, un phénomène qui a presque déclenché, auprès d’un grand public avide d’évasion, une hystérie comparable à celle de Star Wars. Ce n’est évidemment pas pour rien qu’Electronic Arts a englouti une somme délirante pour obtenir la licence des films : entre ce petit pactole et les coûts de développement des jeux qui en sont sortis, l’investissement a été largement rentabilisé.

Au final, il n’y a pas grand-chose à reprocher à BfME 2 : Electronic Arts a clairement tout donné pour ne pas nous resservir seulement un jeu d’ambiance calqué sur les films, mais un vrai jeu de stratégie riche et solidement conçu.

Jusqu’ici, l’objectif d’EA avait surtout été de restituer au maximum l’atmosphère des films, et presque toutes les adaptations précédentes avaient été construites autour de cette idée. Dans les deux hack ’n slash d’action, The Two Towers et The Return of the King, tous les héros jouables ressemblaient exactement à leurs homologues du grand écran, les acteurs avaient été rapatriés en studio pour prêter leur voix à leurs doubles virtuels, et comme si cela ne suffisait pas, chaque jeu Le Seigneur des anneaux était bourré jusqu’à la nausée d’extraits tirés des films.

Cela dit, on n’avait pas vraiment de quoi râler, parce qu’EA atteignait précisément son but : chacun de ces jeux parvenait à nous faire sentir ce que c’était que de découper des orques aux côtés de la Communauté pour sauver la Terre du Milieu. Les précédents jeux LotR restituaient tellement bien le parfum des films qu’EA devait forcément commencer à s’éloigner un peu de la vision de Jackson, sous peine de nous voir bâiller à s’en décrocher la mâchoire dès qu’un nouvel intro de jeu LotR nous resservait encore Cate Blanchett. On a l’impression qu’avec ce deuxième Battle for Middle-Earth, EA a enfin compris qu’il fallait proposer autre chose qu’une simple ambiance de film.

Au final, il n’y a pas grand-chose à reprocher à BfME 2 : Electronic Arts a clairement tout donné pour ne pas nous resservir seulement un jeu d’ambiance calqué sur les films, mais un vrai jeu de stratégie riche et solidement conçu.

Une copie nettement revue à la hausse

Quand le premier BfME est sorti en décembre 2004, j’y ai moi-même jeté un œil avant qu’il ne finisse finalement chez Csonti, avec l’idée très sérieuse de le tester. Ma folie Le Seigneur des anneaux n’avait plus tout à fait la violence d’autrefois, à l’époque où les films venaient de débarquer au cinéma, mais j’étais quand même curieux de voir ce qu’EA pouvait tirer de la licence sur le terrain du RTS. Après tout, qui sait, on tenait peut-être là un nouveau Warcraft 3. En pratique, la version finale n’a pas vraiment réussi à me séduire.

L’ambiance cinéma, elle, était bien là, puisque EA s’était encore une fois donné beaucoup de mal pour nous plonger dans la trilogie de Peter Jackson : de petites séquences filmées venaient agrémenter le tout, certaines missions semblaient directement arrachées aux longs métrages, Gandalf était aussi gris qu’Ian McKellen, et je n’avais rien à redire non plus au charme d’Arwen ni à la tignasse bien chaotique d’Aragorn.

Au final, il n’y a pas grand-chose à reprocher à BfME 2 : Electronic Arts a clairement tout donné pour ne pas nous resservir seulement un jeu d’ambiance calqué sur les films, mais un vrai jeu de stratégie riche et solidement conçu.

Ce qui m’agaçait bien davantage, en revanche, c’est que Battle for Middle-Earth n’était qu’un RTS simplifié à l’extrême, pensé pour que même les joueurs occasionnels fascinés avant tout par les films Le Seigneur des anneaux puissent l’avaler sans difficulté. La construction de base me semblait d’une pauvreté affligeante face à ce que d’autres RTS proposaient déjà depuis longtemps – en particulier les Command & Conquer, ce qui est d’autant plus ironique quand on sait qui se cache derrière BfME – et les missions donnaient moins l’impression d’un vrai jeu de stratégie que celle d’une nouvelle machine à traire sous licence Le Seigneur des anneaux.

Autant dire que je n’attendais pas monts et merveilles de la suite non plus… Qu’est-ce qu’on ajoute d’ordinaire à un épisode précédent ? De plus jolis graphismes ? Quatre-vingt-cinq nouvelles unités ? Encore quelques interviews des acteurs pour meubler ? Eh bien, à ma grande surprise, quelqu’un chez EA a dû finir par retrouver son bon sens, parce que cette suite est incomparablement plus dense, plus riche et bien mieux pensée que le premier volet.

Au final, il n’y a pas grand-chose à reprocher à BfME 2 : Electronic Arts a clairement tout donné pour ne pas nous resservir seulement un jeu d’ambiance calqué sur les films, mais un vrai jeu de stratégie riche et solidement conçu.

Une mise en scène soignée

Bien sûr, la présentation compte aussi. Dès mon premier lancement du jeu, j’ai été accueilli par un écran de menu superbe, élégant, habillé de la musique envoûtante des films – et, Dieu merci, sans l’inévitable intro usée jusqu’à la corde où Galadriel nous raconte encore une fois l’histoire des anneaux. L’ambiance s’installe tout de suite, sans avoir besoin de nous bombarder paresseusement de séquences cinématographiques.

Les menus sont clairs et faciles à lire, mais plus je les parcourais, plus je réalisais à quel point ce nouvel épisode débordait de nouveautés. En solo, par exemple, à côté des traditionnelles campagnes du Bien et du Mal, où l’on peut mener les Peuples Libres ou les armées de Sauron à la victoire, on trouve déjà le mode War of the Ring, tandis que My Heroes bénéficie de sa propre rubrique. (Vous en saurez plus dans l’encadré.) Même le didacticiel est cette fois découpé en trois parties, et le jeu est enfin assez riche pour qu’il vaille vraiment la peine de le suivre jusqu’au bout.

Au final, il n’y a pas grand-chose à reprocher à BfME 2 : Electronic Arts a clairement tout donné pour ne pas nous resservir seulement un jeu d’ambiance calqué sur les films, mais un vrai jeu de stratégie riche et solidement conçu.

La variété fait mouche

Mais laissons un instant le tutoriel de côté et regardons le vrai cœur du jeu : les campagnes. Dans les scénarios du Bien et du Mal, on peut comme prévu soit sauver la Terre du Milieu des armées du sombre Sauron à travers une suite de missions reliées entre elles, soit, à l’inverse, contribuer à sa chute.

Ce qui devient vraiment intéressant ici, c’est que le jeu cesse enfin de s’accrocher convulsivement aux films, et grâce à la licence Tolkien il peut le faire avec une vraie légitimité. Au lieu de nous faire rejouer une fois de plus les mêmes morceaux de bravoure bien connus avec la Communauté ou les orques de Sauron et Saroumane, il nous présente cette fois des peuples et des héros “nouveaux” – autrement dit issus des romans plutôt que du cinéma. Dans la campagne du Bien, par exemple, l’intrigue se concentre sur des événements que les films n’avaient fait qu’effleurer.

Au final, il n’y a pas grand-chose à reprocher à BfME 2 : Electronic Arts a clairement tout donné pour ne pas nous resservir seulement un jeu d’ambiance calqué sur les films, mais un vrai jeu de stratégie riche et solidement conçu.

Les nains et les elfes occupent ici le devant de la scène, avec les hommes en renfort, et l’on se retrouve surtout à diriger des héros que le grand écran avait soit totalement ignorés, soit à peine laissés exister en fond de plan. On y retrouve le roi nain Glóin, les guerriers elfes Haldir et Glorfindel, sans oublier Tom Bombadil, surtout célèbre pour sa manie de chanter à travers tout. Dans le jeu, il apparaît même comme une sorte de capacité spéciale que l’on peut acheter avec des points d’expérience, et le spectacle vaut le détour : le poser au milieu des armées ennemies pour le voir traverser le champ de bataille en fredonnant pendant qu’il découpe tout ce qui bouge reste un petit bonheur très particulier.

Du côté du mal, on peut notamment contrôler une faction entièrement nouvelle, les gobelins, absents de l’adaptation de Peter Jackson, et la campagne se permet même une cruauté supplémentaire assez savoureuse : on n’y massacre pas seulement elfes, nains et hommes, mais aussi, au cours d’une mission, leurs vieux ennemis hobbits. Si vous avez toujours rêvé de faire passer un sale quart d’heure à Frodon et aux siens, le jeu vous offre enfin cette occasion… Les champs de bataille eux-mêmes gagnent aussi en fraîcheur, parce qu’on ne se contente plus de revisiter les lieux vus et revus des films. On passe également par des endroits complètement nouveaux ou bien moins familiers. Sur le plan de la licence, EA a donc fait les choses sérieusement cette fois, en cherchant à montrer l’univers de Tolkien sous un angle moins attendu.

Au final, il n’y a pas grand-chose à reprocher à BfME 2 : Electronic Arts a clairement tout donné pour ne pas nous resservir seulement un jeu d’ambiance calqué sur les films, mais un vrai jeu de stratégie riche et solidement conçu.

Mon château, mes règles

Tout cela est très bien, et il est agréable d’avoir enfin de vraies nouveautés pour son argent, mais ces héros et ces lieux venus des romans n’auraient servi à rien si EA s’était contenté de nous resservir le même système RTS simplifié à outrance. À leur crédit, les développeurs ont visiblement écouté les plaintes des joueurs et ont essayé de corriger presque tout ce qui paraissait grossier ou paresseux dans le premier épisode. Dans BfME, par exemple, l’une des idées les plus absurdes consistait à n’autoriser la construction des bâtiments qu’à des emplacements fixes, comme si chercher soi-même où bâtir relevait d’un effort insurmontable. Cette contrainte ridicule a enfin disparu : hormis quelques terrains rocheux ou obstacles évidents, on peut désormais construire presque partout.

Il y a aussi beaucoup plus de types de bâtiments que dans le premier jeu, même si l’ensemble reste fidèle aux grandes catégories classiques du RTS : casernes, archers, écuries, forges et équivalents propres à chaque faction restent le socle de votre développement.

Au final, il n’y a pas grand-chose à reprocher à BfME 2 : Electronic Arts a clairement tout donné pour ne pas nous resservir seulement un jeu d’ambiance calqué sur les films, mais un vrai jeu de stratégie riche et solidement conçu.

Le placement devient en plus réellement important, surtout pour les bâtiments de production comme les arbres elfiques, les fermes humaines ou les mines naines, puisque certains terrains sont plus rentables que d’autres. Lorsque l’on déplace le marqueur de construction, le jeu affiche en pourcentage à quel point la zone choisie sera productive. Bien entendu, il faut ensuite protéger ces installations, et contrairement au précédent épisode, on peut désormais bâtir des murs presque partout où le relief le permet, avec des tours indépendantes ou directement intégrées à ces fortifications.

Une ligne défensive bien pensée améliore nettement vos chances de repousser les assauts ennemis, et certaines missions de campagne deviennent pratiquement intenables sans cela. Petit contrepoint amusant toutefois : les gobelins, nouvelle faction oblige, savent désormais grimper aux murs. Face à eux, même un réseau de fortifications intelligent peut soudain se révéler à peu près aussi utile qu’un baiser d’Arwen sur un elfe déjà mort.

Au final, il n’y a pas grand-chose à reprocher à BfME 2 : Electronic Arts a clairement tout donné pour ne pas nous resservir seulement un jeu d’ambiance calqué sur les films, mais un vrai jeu de stratégie riche et solidement conçu.

Enfin une vraie guerre de l’Anneau

Les affrontements eux-mêmes gagnent aussi un peu en intérêt tactique. J’ai notamment beaucoup aimé le fait que l’on ne dirige pas les soldats individuellement, mais par bataillons, tout en voyant les membres de chaque groupe tomber un à un. Star Wars: Empire at War utilisait déjà ce principe dans notre précédent numéro, et si cela devient une tendance, ce ne sera franchement pas une mauvaise nouvelle.

On peut également attribuer différentes formations à ses troupes. Le cas le plus classique reste celui des fantassins qui encaissent au premier rang pendant que les archers arrosent l’ennemi par derrière. Les unités ont toutefois tendance à se désorganiser dès qu’elles se déplacent, si bien que je n’ai pas trouvé les formations aussi décisives que le jeu semble parfois le suggérer, même si elles ont malgré tout leur utilité dans certains contextes.

Au final, il n’y a pas grand-chose à reprocher à BfME 2 : Electronic Arts a clairement tout donné pour ne pas nous resservir seulement un jeu d’ambiance calqué sur les films, mais un vrai jeu de stratégie riche et solidement conçu.

Les sorts se marient aussi très bien avec le chaos des batailles. Il y a peu de choses aussi jouissives que de déclencher un énorme tremblement de terre sur des armées et des bâtiments protégés par des tours, puis de fondre sur les survivants pour achever le travail. En campagne, ces pouvoirs sont même peut-être un peu trop efficaces. Dans la dernière mission du camp du Bien, j’ai pu tranquillement pulvériser la moitié de la carte à coups de sorts, laissant à mes troupes la tâche assez simple de balayer le reste des forces de Sauron, Balrog compris.

Ce qui vient malheureusement ternir ce très beau tableau, c’est l’intelligence artificielle… Qu’il s’agisse de vos propres bataillons ou de ceux de l’adversaire, les unités peuvent se montrer lentes et assez stupides dès qu’un combat éclate dans les environs, au point qu’il faut constamment les relancer. L’IA ennemie, elle, ne devient réellement dangereuse que lorsqu’elle attaque avec une supériorité numérique écrasante. De manière générale, l’ordinateur n’est pas un adversaire particulièrement redoutable, et cela se sent encore plus dans les campagnes, où son comportement paraît très scripté. En escarmouche et dans War of the Ring, la situation change un peu : là, l’IA se montre nettement plus agressive et plus pertinente.

Cela reste d’ailleurs une de mes frustrations éternelles : pourquoi ne pas injecter cette meilleure intelligence artificielle aussi dans les campagnes, comme certains jeux l’avaient déjà fait il y a longtemps, à commencer par Age of Kings… À côté de cela, une très bonne idée fait son retour, même si elle existait déjà dans d’autres RTS et avait été curieusement oubliée dans le premier BfME : les bataillons survivants gagnent de l’expérience, ce qui les rend de plus en plus meurtriers à mesure qu’on parvient à les garder en vie. Bon, une fois qu’on a déployé une vraie grosse armée, surveiller un groupe précis devient quand même un sport à part entière…

Au final, il n’y a pas grand-chose à reprocher à BfME 2 : Electronic Arts a clairement tout donné pour ne pas nous resservir seulement un jeu d’ambiance calqué sur les films, mais un vrai jeu de stratégie riche et solidement conçu.

“I need a hero”

Les héros occupent eux aussi une place centrale dans les affrontements. Les figures connues des romans et des films progressent ici un peu à la manière de Warcraft 3, en gagnant des niveaux et en débloquant différentes capacités spéciales. Ces pouvoirs deviennent de plus en plus puissants avec le temps, et même leurs animations évoluent. Les héros sont généralement des unités monstrueusement puissantes, capables à haut niveau d’écraser plusieurs bataillons à eux seuls, tout en mettant une éternité à tomber. Lorsqu’un héros meurt, le jeu vous le signale d’une voix bien dramatique, mais heureusement ce n’est jamais irréversible, puisqu’on peut les ressusciter dans son château. Les campagnes, en revanche, n’en proposent qu’un nombre assez limité. War of the Ring et les escarmouches permettent en revanche d’en contrôler bien davantage.

En plus de Haldir, Glorfindel et Glóin, on peut aussi prendre la tête d’Aragorn, Gandalf, Arwen, Frodon et du reste de la Communauté, tandis que le camp du Mal aligne évidemment Saroumane, mais aussi des figures plus secondaires comme Lurtz, le bourreau de Boromir, ou Gríma Langue de Serpent. Ces derniers ont même la charmante capacité spéciale d’éliminer les héros du camp du Bien. Et si jamais l’univers de Tolkien ne suffisait toujours pas, le jeu permet également de créer ses propres héros dans un mode à part. Là encore, un encadré y est consacré.

Au final, il n’y a pas grand-chose à reprocher à BfME 2 : Electronic Arts a clairement tout donné pour ne pas nous resservir seulement un jeu d’ambiance calqué sur les films, mais un vrai jeu de stratégie riche et solidement conçu.

Comme au cinéma

J’ai gardé cela pour la fin, mais il faut maintenant parler des graphismes. Le premier épisode avait été survendu avec une énergie folle, à coups d’images soigneusement maquillées et de promesses qui laissaient croire à une sorte de miracle vidéoludique. Au final, la version commerciale était loin du prodige annoncé. Pour BfME 2, la campagne marketing a été beaucoup plus retenue, et les graphismes n’étaient pas vraiment au centre du discours. C’est justement pour cela qu’il est encore plus frappant de constater à quel point cette suite est plus belle.

L’eau, à elle seule, mérite qu’on s’y arrête. Elle a visiblement été conçue à l’aide de techniques numériques dignes d’une production hollywoodienne, et le résultat est impressionnant de réalisme. La surface, les vagues, l’écume, les petites ondulations, tout cela enterre assez proprement ce que les effets de pixel shader savaient produire jusque-là. Entre les reflets des bateaux, ceux des rochers et le ressac qui frappe les bords, il y a franchement de quoi devoir refermer sa mâchoire à la main.

Au final, il n’y a pas grand-chose à reprocher à BfME 2 : Electronic Arts a clairement tout donné pour ne pas nous resservir seulement un jeu d’ambiance calqué sur les films, mais un vrai jeu de stratégie riche et solidement conçu.

Les développeurs ont même pris soin du monde sous-marin. En regardant bien, on distingue des coraux, des poissons et même les vestiges de cités englouties. Le rendu architectural des différentes factions est tout aussi réussi : les elfes vivent dans des royaumes splendides accrochés à d’immenses arbres, les hommes dans des fermes rugueuses et des forteresses de pierre, les nains dans un univers de mines et de machines, tandis que les peuples de Sauron s’enfoncent dans des places fortes sombres et des cavernes qui puent la décomposition.

Je ne crois pas avoir déjà vu un autre jeu EA tirer autant de la grammaire visuelle de Peter Jackson tout en l’enrichissant d’éléments qui, jusque-là, n’existaient vraiment que dans les livres. Le rendu des unités est également très solide : trolls lanceurs de pierres, mûmakil, griffons et autres énormes créatures donnent l’impression de sortir directement de l’écran, tandis que même les formations plus modestes restent spectaculaires grâce à l’excellent travail d’animation.

Les développeurs ont bien sûr pris soin de faire ressembler les héros aux acteurs des films autant que possible. Le seul vrai regret, c’est qu’en dehors d’Ian McKellen pour Gandalf et de Christopher Lee pour Saroumane, la plupart des interprètes n’ont pas repris leurs rôles vocaux. Le résultat peut donc être un peu décevant quand Arwen parle et que ce n’est pas la voix de Liv Tyler qui sort, mais celle d’une femme nettement plus âgée.

Au final, il n’y a pas grand-chose à reprocher à BfME 2 : Electronic Arts a clairement tout donné pour ne pas nous resservir seulement un jeu d’ambiance calqué sur les films, mais un vrai jeu de stratégie riche et solidement conçu.

Le revers de la médaille

Oui, évidemment, le moment désagréable finit toujours par arriver. Comme on pouvait s’y attendre, La Bataille pour la Terre du Milieu II n’est pas parfaite… Ce qui m’a le plus agacé, c’est la manière dont les campagnes ont été artificiellement allongées alors qu’elles ne comptent que neuf cartes. En l’absence du soutien narratif des films, beaucoup de missions se résument grosso modo à “construis ta base puis écrase l’ennemi” ou “construis ta base puis tiens le choc”, et les développeurs ont tenté de masquer cette répétition en rallongeant considérablement le temps nécessaire pour bâtir assez d’unités et de structures pour tout détruire.

Je me suis donc surpris plus d’une fois à constater que, malgré des graphismes superbes, une animation très convaincante et des décors intéressants, ces cartes trop longues finissaient par m’ennuyer franchement dans leur dernière partie.
Du point de vue du gameplay pur et du défi stratégique, j’ai d’ailleurs trouvé plus passionnante la carte de conquête de territoires de War of the Ring, qui évoque assez clairement Rome: Total War. Cela dit, ce mode reste lui aussi un peu sec dans sa présentation, puisqu’il vous jette directement dans un menu de sélection de cartes sans vraie campagne habillée d’histoire, de cinématiques ou d’autres petits bonus capables de lui donner du relief.

Le résultat aurait sans doute été bien plus fort si les campagnes solo RTS classiques avaient été davantage mélangées avec War of the Ring… Mais ce qui m’a encore plus irrité, c’est l’optimisation assez bancale du moteur sur les machines moyennes, ou même à peine supérieures à la moyenne. Dans les grosses batailles, avec beaucoup d’unités à l’écran, le jeu pouvait ralentir au point de donner l’impression qu’Aragorn avait enclenché le bullet time comme dans Max Payne… Pour en profiter pleinement, il faut donc soit une machine vraiment costaude, soit des réglages plus modestes qui amputent forcément une partie de l’éclat visuel que je viens justement de vanter.

Au final, il n’y a pas grand-chose à reprocher à BfME 2 : Electronic Arts a clairement tout donné pour ne pas nous resservir seulement un jeu d’ambiance calqué sur les films, mais un vrai jeu de stratégie riche et solidement conçu.

Mon précieux, malgré quelques défauts

Au final, il n’y a pourtant pas grand-chose à reprocher à BfME 2. Electronic Arts a visiblement tout donné pour ne pas nous resservir simplement un jeu d’ambiance calqué sur les films, mais un véritable jeu de stratégie dense, travaillé et solidement construit. Contrairement au premier épisode, on sent vraiment ici la patte de l’équipe devenue célèbre avec la série Command & Conquer. Après Generals, ils ont de nouveau réussi à créer quelque chose qui, grâce à son multijoueur, peut très facilement devenir notre “précieux” pour longtemps.

-Gergely Herpai BadSector (2006)-

Les plus :

+ Riche, sans être pénible à prendre en main
+ Bien plus tactique et plus étoffé que le premier volet
+ Une direction visuelle très agréable

Les moins :

– Développer son château n’a pas toujours beaucoup de sens
– Une IA assez limitée
– Quelques choix maladroits


Éditeur : Electronic Arts

Développeur : EA Los Angeles

Genre : RTS

Sortie : 2006

The Lord of the Rings: Battle for Middle-Earth II

Jouabilité - 9.2
Graphismes - 9.5
Histoire - 8.9
Musique/Audio - 9.2
Ambiance - 9.2

9.2

SUPER

Battle for Middle-Earth 2 n’est pas seulement bien plus abouti et mieux construit que l’épisode précédent, c’est aussi l’un des meilleurs RTS de ces dernières années.

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BadSector is a seasoned journalist for more than twenty years. He communicates in English, Hungarian and French. He worked for several gaming magazines - including the Hungarian GameStar, where he worked 8 years as editor. (For our office address, email and phone number check out our impressum)

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