Mauvaise nouvelle pour Nintendo : l’un des brevets déposés dans son combat contre Palworld a été annulé, mais tout n’est pas encore perdu pour l’entreprise

Le brevet avait été enregistré en septembre 2025, mais il a désormais été établi qu’un grand nombre de ses revendications sont invalides. Cela ne signifie pas que la bataille judiciaire entre Nintendo et Pocketpair soit terminée, mais cela représente tout de même un sérieux contretemps pour l’entreprise japonaise. Le développement n’est pas directement lié au litige lui-même, tout en s’inscrivant dans la même volonté des créateurs de Super Mario de protéger l’IP Pokémon. Ce qui rend l’affaire particulièrement remarquable, c’est qu’un brevet déjà approuvé au bénéfice de Nintendo a été réexaminé puis suspendu jusqu’à nouvel ordre.

 

La bataille judiciaire dure depuis un bon moment déjà, mais le procès intenté par Nintendo contre Pocketpair au sujet du développement de Palworld est encore loin d’être terminé. Une information est justement tombée aujourd’hui et, même si elle ne concerne pas directement la procédure elle-même, elle découle bel et bien des efforts déployés par les créateurs de Super Mario pour protéger l’IP Pokémon. Et il s’agit d’un développement assez exceptionnel : l’un des brevets validés pour Nintendo en 2025 a été réexaminé et se retrouve suspendu jusqu’à nouvel ordre.

Pour comprendre ce qui s’est passé, il faut se souvenir du contexte dans lequel toute cette affaire s’est mise en place. En septembre 2025, Nintendo a enregistré auprès de l’USPTO, l’Office américain des brevets et des marques, une poignée de brevets liés au jeu vidéo, dont une mécanique permettant d’invoquer un second personnage pour combattre des ennemis, soit en le contrôlant directement, soit via des déplacements automatisés. En termes plus simples, Nintendo avait obtenu l’autorisation officielle de protéger une fonctionnalité présente dans Pokémon et Palworld, mais aussi dans de nombreux autres jeux de l’industrie, comme la série Persona. La situation a toutefois pris une tournure inattendue en novembre lorsque le directeur de l’USPTO, John A. Squires, a demandé un réexamen du dépôt de Nintendo – une décision inhabituelle, sachant que le dernier cas de révision d’un brevet remontait à 2012.

Et voici maintenant le verdict : après avoir comparé les mécaniques proposées par Nintendo avec d’autres brevets approuvés par le passé, l’USPTO a estimé qu’un grand nombre des revendications présentées par l’entreprise japonaise étaient invalides. L’enregistrement est donc officiellement annulé, même s’il ne s’agit pas encore d’une décision définitive, ce qui laisse une certaine marge de manœuvre à Nintendo pour réagir et tenter de renverser la situation.

 

Les problèmes trouvés dans le brevet de Nintendo

 

Qu’est-ce qui a précisément provoqué ce revirement ? GamesFray apporte davantage de contexte et explique que tout vient d’une combinaison de brevets enregistrés auparavant auprès de l’USPTO, dont les caractéristiques ont invalidé la proposition de Nintendo. En substance, l’idée des créateurs de Super Mario comprenait 26 revendications de brevet, lesquelles définissent l’étendue de la protection juridique, et l’USPTO a trouvé des revendications antérieures venant de Nintendo, Konami et Bandai Namco qui, une fois combinées, entraient en conflit avec la demande de Nintendo. Il s’agit en réalité de brevets distincts, nommés Taura, Yabe, Motokura et Shimomoto, qui concernent eux aussi des fonctionnalités de jeu vidéo.

  • Taura. Un brevet Nintendo. Il renvoie à l’idée d’« invoquer et combattre dans l’un des deux modes » et il est responsable de l’invalidation d’une grande partie des 26 revendications de Nintendo. Il ne couvre pas tout, ce qui a obligé l’USPTO à combiner les références suivantes pour invalider totalement le reste.
  • Yabe et Motokura. Le premier appartient à Konami et le second à Nintendo. Combinés avec Taura, ils entrent en conflit avec la majorité des 26 revendications de Nintendo. Huit d’entre elles échappent toutefois à cette première combinaison, et c’est là qu’intervient la dernière référence.
  • Shimomoto. Un brevet Bandai Namco. Selon l’USPTO, il s’agit du « chaînon manquant » nécessaire pour invalider les huit revendications restantes.

GamesFray souligne qu’il est tout à fait normal que l’USPTO tienne compte des brevets précédemment approuvés de Nintendo lorsqu’il rejette une nouvelle demande déposée par la même entreprise. En la matière, le droit américain des brevets fonctionne avec des processus de validation qui prennent en compte non seulement les brevets déjà approuvés, mais aussi les informations accessibles publiquement, les visuels et les mécaniques de jeu. En résumé, c’est ainsi que la procédure fonctionne, et elle vient maintenant de se retourner contre la dernière initiative de Nintendo.

 

Les options encore disponibles pour Nintendo

 

La bataille n’est cependant pas perdue pour Nintendo. Pour commencer, l’entreprise japonaise dispose de deux mois pour répondre à l’annulation prononcée par l’USPTO, avec possibilité de prolonger ce délai si elle en fait la demande, et présenter des arguments en sa faveur. Si Nintendo reste passive, ou si le comité de révision de l’agence américaine rejette sa défense, la procédure se poursuivra jusqu’à déboucher sur une annulation définitive.

Par ailleurs, l’invalidation de la majorité des 26 revendications ne signifie pas non plus la fin du monde pour l’entreprise. Les avocats de Nintendo peuvent encore utiliser les références restantes pour attaquer en justice des jeux vidéo qui recourent aux mécaniques protégées par l’USPTO. En revanche, la portée et le centre de gravité de ces actions seraient nettement réduits. Et il est possible que ce soit précisément ce que le groupe cherche à éviter dans son litige actuel contre les créateurs de Palworld.

Pendant ce temps, Pocketpair continue de très bien se porter grâce à son expérience de chasse aux monstres et de survie. En réalité, le jeu a prouvé qu’il était bien plus qu’un simple effet de mode, au point d’apparaître dans la liste Steam des Best of 2025, ce qui montre que son succès reste éclatant même deux ans après son lancement en accès anticipé. Comme si cela ne suffisait pas, les développeurs continuent d’élargir leur univers avec des propositions pour tous les goûts, et ont rappelé aujourd’hui, en ce 1er avril, qu’un dating sim Palworld était lui aussi en route.

Source : 3DJuegos

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