Une nouvelle analyse laisse entendre que la hausse douloureuse du prix de la PlayStation 5 pourrait être loin d’être un cas isolé dans cette génération. Si le coût des composants, la pression inflationniste et l’état actuel de l’industrie technologique restent sur cette trajectoire, Nintendo et Microsoft pourraient bientôt se retrouver face à la même décision désagréable.
Sony a déjà confirmé qu’il allait augmenter les prix de la PlayStation 5, de la PlayStation 5 Pro et du PlayStation Portal, après qu’une fuite venue d’un distributeur français eut déjà laissé entendre qu’un changement était imminent. Mais selon Piers Harding-Rolls, analyste chez Ampere Analysis, ce mouvement est probablement loin d’être le dernier. À ses yeux, Microsoft et Nintendo pourraient eux aussi suivre avec des hausses comparables, ce qui représenterait la première augmentation de prix pour la Nintendo Switch 2 et la troisième pour la famille Xbox Series.
D’après Harding-Rolls, la situation ne s’explique pas seulement par la crise de la mémoire liée à l’essor des infrastructures d’IA, mais aussi par la perspective d’une nouvelle vague inflationniste provoquée par le conflit au Moyen-Orient. Il ajoute même que Sony pourrait ne pas en avoir terminé avec ses propres augmentations. La situation devient encore plus inconfortable à l’approche de titres vendeurs de machines comme Grand Theft Auto VI, alors que la Nintendo Switch 2 entame à peine sa carrière commerciale et que toute l’industrie cherche encore à attirer de nouveaux acheteurs vers le hardware.
Cette génération de consoles ne suit plus aucune logique habituelle
Dans sa réaction accordée à Eurogamer, l’analyste explique que la hausse prolongée du prix des mémoires et des solutions de stockage, deux éléments indispensables au hardware des consoles, rendait la décision de Sony pratiquement inévitable. Selon lui, l’entreprise bénéficiait probablement jusque-là de garanties tarifaires temporaires sur certains composants, mais cette protection aurait désormais pris fin. Comme aucun signe d’accalmie ne se profile, surtout à cause de la demande générée par les infrastructures d’IA, Sony a choisi de défendre les marges déjà très faibles de son matériel. Dans cette logique, Harding-Rolls estime qu’il serait loin d’être surprenant que Microsoft et Nintendo soient bientôt poussés dans la même direction.
Il considère également qu’une nouvelle poussée inflationniste liée à la guerre au Moyen-Orient pourrait encore accentuer l’impact de la hausse des composants, et avoir influé sur l’ampleur même des augmentations annoncées. La PlayStation 5 standard augmente de 100 dollars aux États-Unis, soit 18 %, tandis que le Royaume-Uni et l’Europe devraient connaître des ajustements d’une ampleur comparable. Pour Harding-Rolls, l’inquiétude ne concerne pas seulement les fabricants de hardware eux-mêmes. Elle touche plus largement l’ensemble du secteur, parce que le marché des consoles comme celui des jeux AAA sur PC repose sur des investissements réguliers dans les machines pour attirer de nouveaux joueurs et entretenir la dynamique commerciale. Si cette mécanique s’affaiblit, la demande pour les nouveaux jeux pourrait suivre la même pente.
The Game Business souligne en outre un autre point sensible : cette génération a déjà presque six ans, et toutes les PlayStation 5 ou Xbox Series achetées au lancement ne vont pas forcément tenir encore très longtemps. Certaines consoles commencent à lâcher après cinq ans et doivent être remplacées, ce qui pose une question toute simple : les joueurs auront-ils encore les moyens d’assumer cette dépense ? La Nintendo Switch 2 se trouve dans une position particulièrement délicate, car elle n’en est qu’au début de sa vie commerciale, et Nintendo cherche encore à attirer un maximum de consommateurs vers son propre écosystème. Reste à voir comment cette stratégie tiendra si la machine elle-même devient plus chère.
Ce qui rend la situation encore plus frappante, c’est que dans les générations précédentes, les prix des consoles avaient plutôt tendance à baisser avec le temps qu’à monter, et certainement pas une deuxième ou une troisième fois. C’est pourtant exactement ce qui se produit aujourd’hui, alors même que les consommateurs subissent eux aussi les mêmes pressions économiques que Sony invoque pour justifier sa décision. À partir de là, la question devient légitime : en dehors des plus aisés, qui pourra encore suivre les dernières technologies et les plus gros jeux sur consoles et sur PC dans les années qui viennent ? Les “joies” du capitalisme tardif ne prennent même plus vraiment la peine de se déguiser.



