The Caribou Trail – Guerre et absence de paix

TEST – Après sa sortie sur PC, le jeu d’Unreliable Narrators et de Manavoid Entertainment est désormais disponible sur PlayStation 5. Il nous ramène à la Première Guerre mondiale, mais pas de la même manière que Battlefield 1. Nous vivons les combats de Gallipoli sous un angle différent, en nous retrouvant dans le détroit des Dardanelles, en Turquie. C’est là que les Alliés ont combattu l’Empire ottoman de 1915 à 1916.

 

Environ un demi-million de personnes sont mortes dans ce conflit. Bien sûr, autant de soldats ne tomberont pas dans le jeu, mais la réalité de la guerre restera palpable.

 

 

Comme un Fish hors de l’eau

 

Oui, Fish est le nom de notre personnage. Avec deux collègues, il tente de survivre à la situation désastreuse dans les tranchées. Il y aura des moments tendus, et l’histoire s’intéressera aux motivations des personnages, à leurs émotions et à leurs relations. TCT n’est pas un jeu plein d’action. Il est plutôt introspectif, c’est-à-dire tourné vers l’intérieur et contemplatif. Il ne le fait pas très longtemps, puisqu’on peut atteindre la fin en environ trois heures et demie. Néanmoins, il peut être passionnant, et certains moments font ressortir la terreur psychologique de la guerre. L’équipe canadienne possède des accents authentiques. Les développeurs se sont appuyés sur des faits historiques et ont porté une grande attention aux détails. C’est assurément un point positif, car l’histoire située dans la baie de Suvla ne part pas dans la science-fiction. Les Canadiens prennent le contrôle de Caribou Hill, et nous serons à plusieurs reprises à portée de vue des soldats ottomans.

Ce n’est pas un hasard si nous voyons un portrait de George V, puisque Terre-Neuve ne faisait pas encore partie du Canada à cette époque. En 1915, c’était encore une colonie britannique, et elle ne perdrait ce statut qu’en 1949. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un jeu à la première personne, mais nous ne prendrons pas les armes pour abattre une douzaine de soldats ottomans. Il y aura de l’interaction, mais il s’agit davantage d’un walking simulator qui mise fortement sur la narration, et il réussit le plus souvent dans cette voie. Du côté des dialogues, il y a quelques choix ici et là, ainsi que quelques mini-jeux. Cependant, nous ne les apprécierons pas vraiment, car ils sont répétitifs. Il y a une boussole et une petite carte. Ensuite, en avant pour explorer le complexe et s’habituer au labyrinthe des tranchées. Nous accomplirons aussi de petites tâches en nous déplaçant, et le jeu est assez bien écrit. Il y a aussi quelques secrets, ainsi que des interactions liées à ceux-ci, donc oui, cette fois, on peut dire qu’il y a une certaine rejouabilité, ce qui constitue un autre point positif. C’est important, car cela permet d’oublier un peu des mécaniques de gameplay parfois presque minimalistes. Il faut par exemple penser au fait que l’exploration ne nous retiendra pas vraiment, même s’il est gratifiant de ramasser les objets à collectionner puis de lire leurs descriptions. Pour les joueurs intéressés par l’histoire, cela constitue un excellent arrière-plan, et la simplicité peut donc s’avérer payante.

 

 

Des événements réels du passé à prix abordable

 

TCT possède aussi un autre point positif: ce jeu n’est pas cher. On peut l’acheter sur le PlayStation Network pour environ 15 euros. La force du jeu réside dans sa manière de retravailler des événements qui ont eu lieu il y a 110-111 ans. Il les présente dans un style rappelant What Remains of Edith Finch ou Firewatch. Il n’est peut-être pas très impressionnant visuellement, mais il faut sans doute ajouter que nous ne pouvons pas vraiment l’attendre de lui. Un jeu n’a pas besoin de graphismes réalistes. Tetris est simple, mais excellent. Exemple moderne: Deltarune a un aspect rétro, et pourtant il est fantastique. Nous ne vivons pas la guerre comme dans beaucoup d’autres titres, mais c’est précisément pour cela qu’il attire l’attention: parce qu’il touche nos émotions et nous parle directement. Ici, la guerre ne se résume pas toujours au rugissement des armes à feu; elle parle de bien plus que cela, et c’est exactement pour cette raison que sa note peut être étonnamment élevée.

 

 

Une expérience étonnamment agréable

 

C’est un jeu qui ne met pas la PlayStation 5 à rude épreuve. Il tourne bien, les commandes sont correctes, donc il n’y a pas de problème, même si la sortie du portage a pris un peu de retard. Il documente bien le passé, il est bien écrit, et sa fin peut surprendre. Seul le gameplay est un peu pauvre, et la répétition des mini-jeux devient très visible. The Caribou Trail est un jeu d’aventure qui est proche du walking simulator, mais il est peut-être tout de même plus que cela. Il n’est pas cher et peut être captivant. Il y aura cependant sûrement des personnes qui le sous-estimeront en voyant son prix, alors qu’elles risquent de passer à côté de quelque chose de bon. Car c’est bien un bon jeu, capable d’offrir une expérience agréable pendant un après-midi.

Ou si nous voulons tout voir, réservons-lui un week-end. Ici, nous ne pouvons pas dire qu’il faut attendre une promotion, car le jeu est déjà relativement bon marché à la base. Si Firewatch vous a plu, celui-ci vous plaira aussi, et si la guerre vous intéresse sous un angle un peu plus personnel, c’est assurément une bonne proposition.

-V-

Pro:

+ Fidélité historique. Bien écrit
+ Une certaine rejouabilité
+ Il ne nous ruine pas financièrement !

Contre:

– On peut tout de même le terminer assez rapidement…
– Son gameplay est devenu un peu simple
– À quel point cette attente lui a-t-elle nui par rapport à la version PC ?

Développeur: Unreliable Narrators, Manavoid Entertainment
Éditeur: Manavoid Entertainment
Genre: aventure à la première personne
Sortie: 14 mai 2026 (PC), 7 juillet 2026 (PlayStation 5)

The Caribou Trail

Jouabilité - 5.7
Graphismes - 7.3
Histoire - 7.3
Musique/Audio - 7.7
Ambiance - 7.1

7

BON

Nous pouvons vivre la guerre sous un nouvel angle, et cette fois, tout ne consiste pas à tirer mille cartouches: c’est à la fois moins et plus que cela.

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Grabbing controllers since the middle of the nineties. Mostly he has no idea what he does - and he loves Diablo III. (Not.)

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