Les Oiseaux revient en série limitée – Sarah Snook entre dans le cauchemar d’Hitchcock

ACTUALITÉS CINÉMA – Les Oiseaux, le classique d’Alfred Hitchcock, va connaître une nouvelle adaptation 63 ans plus tard, cette fois sous la forme d’une série limitée portée par Sarah Snook. Le projet n’est pas traité comme un simple remake : il revient aussi à la nouvelle originale de Daphne du Maurier, tout en déplaçant l’horreur en Alaska, où une audience liée à un décès, une enquête criminelle et l’hostilité soudaine de la nature se rejoignent.

 

L’habitude hollywoodienne de reconstruire de nouveaux projets à partir de grandes histoires du passé n’a rien d’une invention récente liée au streaming. Beaucoup de films classiques ont pris une telle place dans l’imaginaire collectif que leurs origines littéraires passent aujourd’hui au second plan. Psychose, d’Alfred Hitchcock, reste ainsi l’un des piliers de l’horreur moderne, avec Norman Bates et le Bates Motel bien plus présents dans la culture populaire que le roman publié par Robert Bloch en 1959. Les Oiseaux occupe une place comparable : le film de 1963 est devenu un cauchemar cinématographique autonome, même s’il s’inspirait librement de la nouvelle originale de Daphne du Maurier. Le matériau revient maintenant, non pas sous forme de long-métrage, mais de série limitée, ce qui change d’emblée le rythme et le risque.

Sarah Snook, révélée à grande échelle par Succession, doit tenir le rôle principal de cette nouvelle adaptation de Les Oiseaux. Le projet est décrit comme une relecture plutôt que comme une reprise directe, puisant à la fois dans le film d’Hitchcock et dans le texte de du Maurier. Cette nuance compte, car la puissance de l’original ne venait pas seulement du spectacle des attaques d’oiseaux. Elle venait aussi du refus d’Hitchcock de tout expliquer. La terreur fonctionnait parce que l’assaut de la nature arrivait avec une force froide, presque absurde. Le format de série donne davantage de place aux personnages et au monde qui les entoure, mais il peut aussi devenir un piège s’il explique trop ce qui, au départ, faisait peur parce que cela restait sans réponse.

La nouvelle histoire suit Myra Massey, interprétée par Snook, une magistrate itinérante qui revient dans sa ville natale isolée d’Alaska pour une audience de routine liée à une présomption de décès. Elle s’attend à une vieille affaire simple, mais découvre à la place le corps criblé de balles de son amie d’enfance. Lorsque Myra doit sortir de son rôle de juge pour démêler le mystère, le monde autour d’elle devient hostile et des vagues d’attaques d’oiseaux frappent la communauté. La série ne se contente donc pas de reprendre l’image d’oiseaux fondant sur une ville ; elle relie cette menace à une intrigue criminelle, avec une héroïne qui tente de survivre dans un lieu où la mort guette à la fois dans l’ombre et dans le ciel.

Sue Gibbs, présidente des divisions UCP et UIS d’Universal Studio Group, avait déjà précisé que l’équipe créative ne cherchait pas simplement à copier le film d’Hitchcock. « Nous revenons au matériau d’origine, la nouvelle de Daphne du Maurier, et nous nous en servons comme inspiration », a-t-elle déclaré lors d’un panel à SXSW London, en ajoutant que le cœur du projet est l’idée d’une nature qui se retourne contre l’humanité. À l’heure du changement climatique, ce nouvel angle donne évidemment à Les Oiseaux une portée contemporaine, même si le vrai test sera de savoir si la série peut en tirer une menace authentique au lieu de simplement coller un thème actuel sur un vieux classique. Plusieurs tentatives de relance ont déjà existé, la plus proche restant le téléfilm de 1994, The Birds II: Land’s End, qui reprenait surtout l’idée d’oiseaux attaquant une communauté. Cette nouvelle série limitée paraît plus intéressante parce qu’elle tente non seulement d’exister dans l’ombre d’Hitchcock, mais aussi de rouvrir le chemin vers le cauchemar original de du Maurier.

Source : MovieWeb

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