Strauss Zelnick a évoqué l’avenir de L.A. Noire après plusieurs années de silence, sans annoncer de suite, de remake ni de nouvelle version. Le patron de Take-Two affirme que l’éditeur examine toujours ses licences classiques, mais la nostalgie ne suffit pas à relancer une franchise : il faut aussi une équipe de développement réellement motivée pour s’y consacrer.
En mai prochain, L.A. Noire fêtera ses quinze ans. Le jeu d’enquête singulier de Team Bondi avait séduit de nombreux joueurs à sa sortie et ouvert une voie différente pour les expériences policières dans le jeu vidéo. Depuis, pourtant, ni Rockstar ni Take-Two n’ont annoncé de véritable suite, même si l’espoir est régulièrement revenu chez les fans de voir un jour le studio replonger dans son Los Angeles d’après-guerre, enfumé, criminel, rempli d’interrogatoires et de zones morales troubles.
La franchise n’a toutefois pas été officiellement oubliée. Strauss Zelnick, PDG de Take-Two Interactive, en a parlé lors d’une intervention à iicon, une nouvelle conférence destinée aux dirigeants de l’industrie du jeu vidéo, en expliquant que l’entreprise n’avait pas définitivement fermé la porte à ses anciennes propriétés intellectuelles. Le portefeuille de Take-Two comprend notamment Rockstar, 2K Games et Gearbox, ce qui donne à l’éditeur un grand nombre de noms classiques que le public aimerait revoir.
Zelnick a cependant rapidement refroidi ceux qui espéraient une annonce concrète. « De manière générale, nous envisageons de faire quelque chose à l’avenir avec toutes nos propriétés intellectuelles », a-t-il déclaré. « Il n’y a rien à annoncer spécifiquement concernant L.A. Noire, et s’il y avait quelque chose, ce serait Rockstar qui le révélerait, pas moi. Mais, dans tous les cas, pour ce qui est de nos propriétés intellectuelles classiques, les équipes regardent toujours ce que nous avons, et nous y pensons toujours. La question est de savoir si, à un moment donné, nous avons une équipe passionnée par l’idée de travailler dessus. »
La nostalgie ne suffit pas sans une vraie envie de développement
Dans cette logique, un éventuel L.A. Noire 2, ou le retour de n’importe quelle autre franchise classique de Take-Two, ne dépendrait pas uniquement d’une décision commerciale. La rentabilité resterait évidemment un critère essentiel, car un grand éditeur donne rarement son feu vert à un projet dont le potentiel de marché n’est pas suffisamment clair. Mais les propos de Zelnick indiquent qu’une autre condition compte tout autant : il faut une équipe de développement qui voie dans cette licence autre chose qu’une simple commande, et qui la considère comme un vrai défi créatif.
Dans le cas de L.A. Noire, cette question est particulièrement délicate, car le développement du jeu original n’a jamais été une histoire de production tranquille. À l’époque, le titre avait fait parler de lui non seulement pour sa technologie, son système d’animation faciale et son gameplay centré sur les interrogatoires, mais aussi pour ses conditions de travail extrêmement difficiles. Le projet avait été associé au crunch, à une atmosphère de studio tendue et à un environnement professionnel toxique, tandis que plusieurs développeurs avaient directement mis en cause Brendan McNamara, réalisateur du jeu, pour une gestion désastreuse et des abus verbaux au bureau.
Team Bondi n’existe plus sous la forme qu’il avait à l’époque de L.A. Noire, mais l’histoire ne s’est pas totalement arrêtée. McNamara a ensuite fondé un autre studio, Video Games Deluxe, que Rockstar a racheté en 2025 avant de le rebaptiser Rockstar Australia. On sait peu de choses sur ses projets actuels, même s’il avait été révélé auparavant que l’équipe travaillait sur un jeu intitulé Sowden House. Les développeurs avaient toutefois reconnu à ce moment-là que ce projet pourrait ne jamais sortir.
Pour l’instant, le retour de L.A. Noire relève donc davantage de la possibilité que d’un projet concret prêt à être annoncé. Les propos de Zelnick montrent clairement que Take-Two n’a pas rayé la marque de ses plans, mais ils indiquent aussi qu’aucun jeu précis n’est actuellement prêt à être présenté. Si quelque chose devait réellement se produire autour de cette licence, l’information ne tomberait pas au détour d’une conférence par la bouche du PDG de Take-Two : elle serait annoncée officiellement par Rockstar.
Le prix de GTA VI reste une question ouverte
Une autre partie importante de l’intervention de Zelnick portait sur GTA VI et sur les plans de distribution de la prochaine sortie majeure de Rockstar. Le prix du jeu reste l’un des grands mystères du projet, car le marché spécule depuis des mois sur la possibilité de voir Take-Two et Rockstar dépasser le tarif AAA habituel avec l’un des lancements les plus attendus de la génération.
Le PDG n’a pas donné de montant précis cette fois non plus. Il a plutôt expliqué que le rôle de l’entreprise était de « facturer beaucoup, beaucoup, beaucoup moins que la valeur réelle ». En pratique, cela signifie que Zelnick défend l’idée selon laquelle le prix d’un jeu vidéo ne doit pas seulement être lié à ses coûts de développement, mais aussi à la valeur perçue par le consommateur. Dans le cas de GTA VI, cette valeur perçue est évidemment immense, mais le prix final n’a toujours pas été confirmé officiellement.
Source : 3DJuegos



