Plus de 50 millions de joueurs déclarent la guerre à Capcom à cause de la « censure excessive » de Resident Evil Requiem. Alors que le système japonais CERO ne devrait, en théorie, pas s’imposer aux jeux PC en distribution numérique, la censure appliquée à Resident Evil 9 serait pourtant totale.
L’attente semble avoir valu le coup: Resident Evil Requiem est déjà l’un des gros morceaux de 2026 et il a lancé l’année sur une note très forte. Le nouveau titre de Capcom propose deux personnages jouables, deux campagnes entremêlées et une belle dose de zombies à éliminer, mais il arrive aussi avec une polémique sur la censure qui ne touche pas tout le monde de la même manière – en Occident, le jeu se savoure sans coupes, tandis que plus de 50 millions de joueurs (selon Famitsu) reprochent à l’éditeur une censure jugée « excessive », au point de casser l’immersion propre au survival horror.
Alerte spoiler. Cet article évoque certaines situations de Resident Evil Requiem susceptibles de gâcher votre découverte.
Au Japon, la censure liée à la violence n’a rien de nouveau dans l’industrie du jeu vidéo. Parmi les exemples AAA les plus marquants, on retrouve Dead Space: Remake, interdit en format physique et cantonné à une distribution numérique dans le pays en raison d’un niveau de gore jugé trop élevé. Et Shaun Noguchi, patron de EA au Japon, avait même critiqué ouvertement l’organisme local de classification lorsqu’un an plus tard Stellar Blade avait pu sortir sans restriction, malgré ce qu’il décrivait comme un gore « similaire ».
La censure japonaise de Requiem provoque une vraie fronde
Même l’une des franchises les plus emblématiques du pays n’y échappe pas. D’après GamesIndustry, la version japonaise de Resident Evil Requiem dissimule une large partie de la violence graphique, aussi bien dans les cinématiques que pendant le jeu. Exemple parlant: la séquence à l’hôpital avec Grace, lorsqu’elle entre dans une sorte de morgue et tombe sur un corps à la cage thoracique ouverte, l’image est saturée de contraste à cet endroit pour masquer l’intérieur, et un procédé comparable apparaît au début du chapitre avec la Girl, où, après sa « mort » des mains de Leon, certaines zones de son crâne sont noircies afin d’éviter d’afficher des plaies ou du sang.
Sur des forums comme Reddit, de nombreux joueurs expliquent que ce type de censure saute aux yeux dans Requiem parce que le rendu est plus frontal et plus cru, au point de « tuer complètement l’immersion ». Ils soulignent qu’au lieu de solutions plus classiques – retoucher des modèles ou couvrir de la nudité – on se retrouve avec des « taches noires » sur les ennemis et l’environnement, ce qui finit par abîmer l’expérience, autant en jeu que dans la mise en scène.
Le procédé n’est pas totalement inédit dans la série. Le remake de Resident Evil 4 utilisait déjà des zones sombres pour cacher l’intérieur des corps, tout en conservant le démembrement présent dans Resident Evil 2 et Resident Evil 3. Mais Requiem pousse une violence plus explicite et une mise en scène plus outrée, ce qui rend la censure plus voyante encore.
À cela s’ajoute la controverse autour du système CERO, qui ne s’applique pas aux jeux PC en distribution numérique et laisserait donc, sur le papier, la place à une version non censurée. Malgré cela, Capcom a choisi de maintenir la censure sur cette plateforme aussi, une décision en contradiction avec les promesses antérieures du réalisateur Koshi Nakanishi, qui assurait que l’édition CERO Z serait « assez comparable » à la version internationale. Les joueurs japonais ont le sentiment d’être lâchés, et beaucoup parlent d’une « censure excessive » qu’ils jugent « absolument horrible ».
Source: 3djuegos



