Le PDG de Nvidia estime qu’à la différence de la bulle internet d’il y a vingt-cinq ans, l’engouement pour l’IA repose sur une demande bien réelle.
La parenté entre l’IA et la bulle dot-com ne vient pas des technologies sous-jacentes ni de leur impact industriel, mais des valorisations boursières et des gains extravagants déjà vus chez les investisseurs particuliers. La croissance pluriannuelle de Nvidia, qui a franchi en quelques mois des plafonds de valorisation, nourrit cette comparaison. Huang a toutefois qualifié l’IA de bulle tout en soulignant que, contrairement à l’ère dot-com, l’introduction de « dark fiber » a créé une demande tangible pour la puissance de calcul IA.
Interrogé sur le risque d’un emballement sans compréhension de la technologie—jusqu’à l’éclatement de la bulle—on lui a demandé : « Si non, quelle est la plus grande idée reçue sur la demande liée à l’IA, différente de l’ère dot-com ? » Huang a expliqué que, durant la période dot-com, l’immense majorité des fibres installées étaient « éteintes », signe que l’industrie avait posé bien plus de fibres que nécessaire. Aujourd’hui, presque chaque GPU disponible est allumé et utilisé.
La « dark fiber » renvoie à l’expansion massive de l’infrastructure internet du milieu des années 1990 à la fin de la décennie : anticipant une explosion de la demande en fibre optique, les opérateurs ont creusé des tranchées et posé plus de câbles que requis pour « pérenniser » leurs réseaux. L’hypothèse s’étant révélée fausse, le retour sur investissement a frôlé le zéro—d’où l’idée d’une demande artificielle.
Huang affirme que l’IA a énormément progressé, même si le grand public en reste à ChatGPT et aux générateurs d’images comme horizon technologique. L’IA a évolué au point de « raisonner » efficacement et de s’appuyer sur la recherche, mais cette maturité n’a pas encore touché les masses. Selon lui, les besoins de calcul des entreprises croissent de façon exponentielle et le volume de requêtes augmente, ce qui atteste d’une demande bien réelle.
L’IA a un potentiel de croissance considérable et exige des capacités de calcul—qu’elles viennent de Nvidia, d’AMD ou d’Intel. Une telle montée en puissance se heurte toutefois à des limites, notamment l’alimentation électrique. Autre enjeu : la capacité des grands groupes à intégrer les puces IA de Nvidia ou d’autres fabricants.
Source : WCCFTech



