Les joueurs s’indignent, mais les investisseurs de Sony se réjouissent de la fin des disques PlayStation

Sony passera à un modèle entièrement numérique pour toutes les nouvelles sorties PlayStation à partir de 2028, une décision qui provoque déjà une forte colère chez les joueurs attachés au format physique. Les investisseurs, eux, ne regardent ni les collectionneurs, ni la préservation, ni le marché de l’occasion, mais l’effet potentiel de cette décision sur la rentabilité du groupe.

 

Le support physique se rapproche de sa fin, et Sony a désormais clairement choisi la direction que prendra PlayStation. L’entreprise a annoncé qu’elle cessera de produire des disques pour ses nouveaux jeux à partir de janvier 2028, tout en poursuivant la fermeture des boutiques numériques sur PS3 et PS Vita. Vingt-quatre heures après cette annonce très commentée, l’action Sony Group Corporation n’a pas reculé, mais a au contraire enregistré une légère hausse.

Selon Sony, ce virage repose avant tout sur l’évolution des habitudes d’achat. Près de 80 % des ventes de jeux complets sur PlayStation 4 et PlayStation 5 se font déjà au format numérique, contre environ 13 % au début de la génération PS4. Pour l’entreprise japonaise, la transition totale vers le numérique représente donc une direction commerciale évidente, même si une grande partie des joueurs y voit une très mauvaise nouvelle.

Beaucoup pensaient que la colère de la communauté, l’incertitude pour les emplois liés à la distribution physique et l’opposition des joueurs attachés aux disques auraient un effet visible sur le cours de Sony. D’après les données d’Investing.com citées par 3DJuegos, l’action Sony a pourtant gagné 3,2 % à la Bourse de Tokyo après plusieurs semaines de recul. La hausse reste limitée, mais elle envoie un message clair de la part des investisseurs : une distribution entièrement numérique peut réduire les coûts et augmenter les marges.

 

Pour Sony, le numérique est avant tout un moyen de protéger ses profits

 

Pour les investisseurs, la logique est simple : en supprimant les disques, Sony peut éliminer une part importante des coûts liés à la fabrication, à la distribution physique et à la logistique, ce qui peut améliorer des marges jusqu’ici sous pression. Cette décision orientera également davantage les joueurs qui restent sur PlayStation 5 ou passeront plus tard à PlayStation 6 vers le PlayStation Store, où Sony contrôle toute la chaîne de revenus et conserve une part plus importante de chaque vente. Dans un contexte où la production devient plus chère, notamment à cause de la hausse du prix de la mémoire et d’autres composants, les actionnaires et les analystes voient dans cette stratégie un moyen de protéger les bénéfices.

Les déclarations récentes de Hideaki Nishino renforcent cette lecture. Le dirigeant de Sony Interactive Entertainment a clairement indiqué que l’entreprise ne pouvait pas, et ne voulait pas, absorber toutes les nouvelles hausses du prix des composants comme des pertes, jugeant cette approche irréaliste, ce qui oblige Sony à défendre la rentabilité de son matériel et de ses logiciels avant l’arrivée de la PlayStation 6, une console qui pourrait devoir être lancée avec des marges très faibles, voire à perte, en cas de crise des composants.

Alors que l’avenir numérique de PlayStation inquiète de nombreux joueurs, notamment à cause de la préservation, du prêt de jeux et de la disparition du marché de l’occasion, les investisseurs de Tokyo regardent la même décision sous un angle totalement différent. Ils y voient un écosystème PlayStation plus contrôlé, plus prévisible et plus rentable, dans lequel Sony conserve une part bien plus importante de chaque vente.

Source : 3DJuegos

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