Shuhei Yoshida a déjà essayé Steam Machine et ses performances lui rappellent l’époque de la PS4

L’ancien dirigeant de PlayStation fait partie des premiers propriétaires de la nouvelle Steam Machine de Valve, mais son enthousiasme initial a laissé place à un avis beaucoup plus nuancé. Shuhei Yoshida apprécie la taille compacte de la machine, son fonctionnement discret et l’interface SteamOS, mais il ne peut pas la recommander largement à cause de ses performances, de certains temps de chargement et surtout de son prix.

 

Les premières Steam Machine commencent à arriver chez certains acheteurs précoces, dont Shuhei Yoshida. L’ancien responsable de PlayStation Studios avait d’abord mis en avant le format réduit de la machine, son design discret et son faible niveau sonore, mais son jugement est devenu nettement plus critique après plusieurs heures de jeu. Yoshida ne considère pas le nouveau PC de salon de Valve comme une mauvaise idée, mais il estime que sa forme actuelle justifie difficilement le tarif demandé par l’entreprise.

La performance en jeu représente son principal reproche. Yoshida juge les résultats dans les jeux en 3D seulement moyens et souligne que la machine recommande par défaut une définition de 1080p. L’ancien dirigeant de PlayStation a réagi avec cette question ironique : « Suis-je revenu à l’époque de la PS4 ? » Cette critique est particulièrement marquante, puisque Valve avait initialement présenté Steam Machine comme un PC conçu pour le téléviseur, capable de viser la 4K grâce au FSR. La communication de l’entreprise est ensuite devenue plus prudente : la promesse mise en avant de 60 images par seconde a disparu, remplacée par une formulation évoquant une définition pouvant atteindre la 4K avec FSR 4.1.

La machine associe un processeur AMD personnalisé à une solution graphique basée sur l’architecture RDNA 3, mais Yoshida ne s’est pas lancé dans une analyse technique détaillée. Il a surtout insisté sur le fait que le système peut sembler limité face aux attentes actuelles. Les premiers essais de Digital Foundry indiquent également que le résultat dépend fortement du jeu : dans Crimson Desert, les zones les plus chargées peuvent faire tomber les performances sous les 50 images par seconde avec des réglages proches des consoles et sans mise à l’échelle, alors que 007 First Light peut maintenir 60 images par seconde en 1440p avec le mode FSR Performance et des réglages visuels comparables. Dans ce second cas, l’usage d’une mise à l’échelle agressive implique toutefois une définition interne nettement plus basse.

Yoshida a également relevé certains comportements décevants lors du lancement des jeux. Selon lui, plusieurs titres mettent anormalement longtemps à démarrer depuis le menu Steam, au point qu’il se demande ce que fait la machine pendant ces temps d’attente. Cela étonne d’autant plus que Steam Machine intègre un SSD NVMe et 16 Go de mémoire, une base technique qui devrait théoriquement permettre des chargements plus rapides. Les premiers retours montrent que l’interface SteamOS et l’optimisation propre à chaque jeu joueront encore un rôle essentiel dans la fluidité réelle de l’expérience.

Tout n’est pas négatif pour autant. Yoshida apprécie particulièrement l’interface accessible de SteamOS, le silence de la machine, ses façades interchangeables et ses vidéos de démarrage aléatoires. Il considère également que la possibilité de réveiller Steam Machine par une simple pression sur un bouton de la nouvelle Steam Controller est l’une de ses meilleures idées, même si les consoles proposent déjà ce type de fonction depuis longtemps. Il se montre toutefois plus réservé sur le pavé tactile de la manette, qu’il trouve trop sensible, ainsi que sur la souplesse de ses sticks analogiques.

Au final, Yoshida estime que Steam Machine accomplit bien sa mission principale : apporter simplement une bibliothèque Steam PC sur le téléviseur du salon, sans imposer l’installation d’un ordinateur de bureau classique. Cela représente déjà une vraie valeur pour lui, mais pas forcément pour tous les joueurs. Le modèle de base démarre autour de 1 039 euros et n’inclut pas la Steam Controller, tandis que les versions avec davantage de stockage et les packs plus complets coûtent bien plus cher. Yoshida qualifie ce prix de « très peu accueillant », ce qui fait de Steam Machine un produit plus facile à conseiller aux curieux désireux d’expérimenter le nouveau format de Valve qu’à ceux qui recherchent le meilleur rapport performances-prix pour jouer dans leur salon.

Source : 3DJuegos, MeriStation

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