La Stichting Consumenten Competition Claims affirme que Valve aurait utilisé la puissance de marché de Steam pour faire grimper les prix des jeux PC, et l’organisation évoque désormais 220 millions d’euros de dommages pour les consommateurs.
Valve fait face à un nouveau front judiciaire. Cette fois, la fondation néerlandaise de consommateurs Stichting Consumenten Competition Claims, ou CCC, accuse l’entreprise d’avoir utilisé les pratiques commerciales construites autour de Steam pour entraîner une hausse artificielle des prix sur le marché du jeu PC. Selon l’organisation, les dommages subis par les consommateurs pourraient atteindre 220 millions d’euros, soit environ 130 euros par compte Steam concerné.
Pour la CCC, le cœur du problème est la commission de 30 % prélevée par Steam. Dans une vidéo explicative, l’organisation affirme que les joueurs « paient trop cher leurs jeux PC », et que Steam en serait responsable. La vidéo anticipe directement la réaction évidente : « Je sais ce que vous pensez. “Mais Steam est bon marché, non ?” Eh bien, c’est ce qu’il semble. Mais Valve, le propriétaire de Steam, triche. » La CCC estime que si un développeur souhaite gagner 35 euros sur un jeu, la commission élevée peut pousser le prix final payé par le consommateur jusqu’à environ 50 euros.
La plainte ne porte pas seulement sur la commission
La fondation néerlandaise ne critique pas seulement le montant prélevé par Valve sur les jeux vendus via Steam. La CCC considère que le problème le plus grave est que l’entreprise empêcherait les développeurs et éditeurs de proposer les mêmes produits moins cher sur d’autres boutiques numériques. L’Epic Games Store, par exemple, applique une commission de 12 %, ce qui permettrait théoriquement des prix plus bas si les éditeurs disposaient d’une plus grande liberté. Selon la CCC, les pratiques de Steam font que « les jeux deviennent plus chers partout, et vous en payez le prix ».
Ce reproche n’est pas totalement nouveau pour Valve. Des documents liés à une affaire antitrust ont récemment décrit un épisode tendu avec Ubisoft : l’entreprise française aurait proposé un pack exclusif de Rainbow Six Siege à un prix inférieur en dehors de Steam, plus précisément sur UPlay, et Valve aurait alors menacé de retirer toutes les éditions du jeu de tir de sa boutique. Ces documents ont jusqu’ici été présentés comme éléments de preuve dans une procédure à huis clos et n’ont pas été entièrement rendus publics, ce qui empêche d’en vérifier tous les détails, mais l’épisode illustre le type de pression commerciale que dénoncent les critiques de Steam.
Pour l’instant, la CCC ne cherche pas nécessairement à porter immédiatement l’affaire devant un tribunal. L’objectif affiché de l’organisation est de parvenir à un accord avec Valve, et ce n’est qu’en cas d’échec que le dossier pourrait aller jusqu’au procès. L’ampleur du litige reste toutefois considérable : une réclamation collective de 220 millions d’euros n’est pas une simple contrariété pour une place de marché numérique de cette taille, mais une menace juridique et commerciale bien réelle.
Valve fait face à une montagne croissante de poursuites
La plainte néerlandaise n’est qu’un des nombreux problèmes juridiques qui s’accumulent autour de Valve. L’entreprise fait déjà l’objet d’une procédure au Royaume-Uni, où elle est accusée d’avoir abusé de sa position dominante pour surfacturer 14 millions de joueurs PC. À New York, elle est visée par des accusations liées aux loot boxes et à des mécaniques proches du jeu d’argent, tandis qu’un organisme britannique de gestion des droits l’a également accusée de distribuer de la musique via des jeux vendus sur Steam sans disposer des licences adéquates pour chaque morceau.
Une grande partie de la communauté des joueurs continue pourtant de défendre Valve. Beaucoup estiment que la position dominante de Steam ne vient pas d’un écrasement méthodique des boutiques PC rivales, mais de la confiance gagnée grâce au système le plus complet et le plus pratique du marché, avec un immense catalogue, des fonctionnalités communautaires, des sauvegardes dans le cloud, le support des mods et des services que les concurrents n’ont que partiellement réussi à égaler. Cela ne clôt pas le débat juridique pour autant. Valve doit désormais prouver, dans plusieurs juridictions, que les pratiques de Steam ne faussent pas la concurrence, alors que les attaques contre l’entreprise continuent de se multiplier.
Source : 3DJuegos



