Le reboot par J.J. Abrams du thriller culte avec Harrison Ford paraît de plus en plus solide

ACTUALITÉS CINÉMA – Le film Présumé innocent, sorti en 1990, reste l’un des thrillers judiciaires les plus solides de Harrison Ford, et la relecture produite par J.J. Abrams pour Apple TV a réussi à transposer ce principe en série en 2024. La saison 2 de Présumé innocent pourrait arriver fin 2026, et même sans Jake Gyllenhaal dans le rôle principal, la suite anthologique réunit une distribution très solide.

 

En 1990, Harrison Ford a joué dans l’un des films les plus tendus et captivants de sa carrière. Réalisé par Alan J. Pakula, grande figure du Nouvel Hollywood, Présumé innocent suivait Rožat « Rusty » Sabich, un procureur accusé du meurtre d’une collègue avec laquelle il avait entretenu une liaison. Le thriller judiciaire a rencontré un grand succès, rapportant 221 millions de dollars et convainquant des critiques comme Roger Ebert et Gene Siskel.

Les thèmes de corruption et de pouvoir de Présumé innocent fonctionnent encore très bien aujourd’hui, et le film conserve une vraie tenue visuelle, mais à l’ère du streaming, plusieurs films iconiques ont eu droit à un traitement télévisuel. J.J. Abrams a adapté le thriller judiciaire de Pakula pour Apple TV en 2024, et la série devrait revenir pour une deuxième saison fin 2026. La première saison a été un vrai succès et a obtenu quatre nominations d’acteurs aux Emmy Awards, ce qui permet raisonnablement d’espérer que la suite atteindra un niveau comparable.

 

Et si le procureur était le criminel ?

 

Dans la version télévisée de Présumé innocent, Jake Gyllenhaal a repris le rôle iconique de Rusty Sabich. L’acteur prend généralement son travail très au sérieux, et la série fonctionne justement parce qu’elle amplifie plusieurs éléments de l’histoire originale. Dans le film, thriller judiciaire salué par la critique, la liaison n’est montrée que brièvement afin de laisser la place à l’enquête, tandis que dans la série, la relation de Rusty façonne presque toutes ses motivations. Le personnage de Gyllenhaal ne paraît jamais aussi clairement innocent que celui de Ford, ce qui maintient en permanence la question : « Et s’il l’avait vraiment fait ? »

Les personnages secondaires disposent eux aussi de davantage d’espace, qu’il s’agisse des procureurs, des forces de l’ordre ou des membres de la famille. On en apprend ici beaucoup plus sur l’épouse de Rusty que dans le film de 1990, si bien que l’ensemble ne repose plus uniquement sur un seul homme, contrairement au long-métrage porté par Ford. Il n’est donc pas surprenant que quatre acteurs aient obtenu des nominations aux Emmy Awards, avec Ruth Negga, Bill Camp et Peter Sarsgaard également reconnus. Abrams et son équipe ont élargi les éléments nécessaires pour que l’histoire fonctionne sur huit épisodes, sans jamais étirer le concept au-delà de sa limite. L’intrigue reste assez simple pour que la tension ne se perde pas dans une sophistication excessive, défaut fréquent de nombreuses productions similaires.

Dans l’ensemble, personne ne confondra Présumé innocent avec une œuvre conceptuelle ou une réinvention radicale du thriller judiciaire. La série ne tente pas de démonter puis de reconstruire les rouages de son genre, mais elle offre une histoire nerveuse, imprévisible et constamment tendue, qui oblige le spectateur à douter. Les rebondissements consistants suffisent largement à rassasier, surtout si l’on admet volontiers que l’assurance souple mais dangereuse de Gyllenhaal fait partie de l’attrait. Le problème, c’est que Gyllenhaal ne devait jouer dans la série que pendant une seule saison, et la suite avance donc sans lui comme acteur principal. Malgré cela, elle pourrait encore gagner en force.

 

Présumé innocent revient avec une distribution encore plus solide

 

Présumé innocent devait à l’origine être une mini-série, mais après son succès sur Apple TV et sa longue présence dans les classements de la plateforme, elle a été transformée en série anthologique. Cette tendance est désormais courante dans le marché du streaming : les services ont compris qu’il est souvent plus sûr de conserver un titre qui fonctionne que de tout risquer sur quelque chose d’entièrement nouveau. Parfois, cela marche, parfois non, mais dans ce cas, les chances de réussite semblent supérieures aux risques d’échec. La distribution ne devrait pas non plus inquiéter. Jake Gyllenhaal ne reviendra qu’en tant que producteur délégué, mais la saison 2 comptera tout de même de grands noms, dont Matthew Rhys, connu pour The Americans.

Le rôle principal revient à Rachel Brosnahan, que l’on verra en Lois Lane dans Superman de James Gunn. Elle incarne Leila Reynolds, une avocate qui se voit confier de manière inattendue sa première grande affaire : le meurtre d’un juge de premier plan. Leila estime que cette affaire dépasse son niveau d’expertise, mais l’accusé insiste pour qu’elle reste sa représentante. La situation devient encore plus explosive parce que le mari de Leila se trouve être le procureur. On imagine aisément la tension qui pourrait rentrer à la maison depuis la salle d’audience, et cette collision entre le personnel et le professionnel pourrait devenir l’un des moteurs les plus puissants de la saison 2.

La deuxième saison prend aussi une direction que Hollywood choisit rarement. Alors que la première saison était fondée sur le best-seller de Scott Turow et son adaptation cinématographique de 1990, la suite puisera dans une source entièrement différente. L’histoire sera basée sur le thriller judiciaire de 2026 de Jo Murray, Dissection of a Murder. Adapter un roman récent en série constitue un risque important, mais après le succès de la première saison, la saison 2 de Présumé innocent apparaît déjà comme l’une des adaptations télévisées les plus attendues de 2026. La pourriture morale, les rebondissements juridiques et l’enfer domestique devraient probablement revenir, et comme une grande partie de l’équipe de production reste en place, la suite pourrait même être meilleure.

Source : MovieWeb

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