Ereban: Shadow Legacy – Deux ans plus tard sur console

TEST – Un peu plus de deux ans après sa sortie PC, le jeu de Baby Robot Games arrive enfin sur PlayStation 5 et Xbox Series grâce à Selecta Play. Une chose reste vraie: si un titre n’était pas mémorable sur PC, il a peu de chances de se transformer magiquement sur console, même avec une édition physique (voire collector) à la clé. Ce n’est pas mauvais, mais on a déjà vu bien mieux.

 

Sortir une version console aussi tard n’a jamais semblé très logique, sauf si le jeu est vraiment exceptionnel.

 

 

Infiltration science-fiction avec Ayana

 

Notre héroïne, Ayana, fait partie des derniers membres d’une espèce en voie d’extinction. Le tutoriel jauge ses capacités, puis le monde s’entrouvre avec de plus grands espaces, et l’expérience peut sembler plus fraîche lorsqu’un événement déclenché modifie l’environnement ou fait apparaître de nouveaux ennemis au retour à la base ou à la sortie d’un donjon.

L’histoire s’installe vite, et les objets cachés permettent de creuser le lore. Oui, la grande entreprise maléfique sent le déjà-vu, mais au moins un système de moralité récompense ou sanctionne: on peut éliminer les robots sans conséquence, pas les humains.

Côté gameplay, Ayana peut se fondre dans l’ombre et s’agripper aux parois (d’où le sous-titre), et ses nouvelles capacités élargissent aussi ses options en combat. Pas de bagarre à mains nues, mais du loot, et surtout une incitation claire à se glisser derrière les ennemis pour les neutraliser en silence.

Si vous vous faites repérer, le niveau (rejouable) vous pénalise, l’alarme s’emballe, et les ennemis sont plus rapides que vous. Plus tard, il devient plus simple de cacher les corps, mais l’outil fonctionne avec un cooldown: quand une stratégie bien préparée déroule sans accroc, c’est franchement satisfaisant.

Le platforming demande un temps d’adaptation. En escalade, mieux vaut ne pas toucher à la caméra: acceptez la vue plus éloignée. Les secrets passent souvent par des énigmes d’ombre plutôt amusantes, même si le jeu n’est pas irréprochable – et la note le montrera.

Les checkpoints sont placés de manière étrangement parcimonieuse, et les établis de craft aussi: on peut en croiser trois d’affilée alors que les ressources manquent parfois. La prise en main reste correcte et les performances console ne posent pas de souci, ce qui est le minimum après deux ans. Reste un jeu parfois frustrant, parce qu’il n’arrive pas toujours à tirer pleinement parti de ses bonnes idées.

 

 

Une expérience irrégulière

 

Il n’y a pas vraiment de courbe de difficulté: le niveau de défi oscille, même en fin de parcours. Le jeu n’est pas long non plus, environ six heures. Visuellement, il adopte un style 3D cel-shading néon cyberpunk: ce n’est pas laid, mais c’est clivant, à commencer par le masque de l’héroïne.

Est-ce immersif? Oui. Est-ce assez profond pour vraiment marquer? C’est là que ça coince: le récit peut sembler superficiel, tandis que l’infiltration reste le pilier le plus agréable. Les personnages secondaires sont sympathiques, mais mériteraient plus d’épaisseur, et le worldbuilding laisse la porte ouverte à une suite – ce qui explique peut-être l’arrivée tardive sur PS5 et Xbox Series (sortie le 16).

Le jeu tente des choses, mais on ne sait pas encore si le public console sera réellement au rendez-vous.

 

 

C’est bien, mais à quel point?

 

La note reste subjective, mais objectivement, on est sur du « bien, sans être excellent ». Un 7/10 se défend: l’infiltration permet des approches créatives, les personnages évoluent au fil du récit, et la direction artistique peut séduire.

En revanche, les checkpoints sont discutables, l’écriture des personnages manque de finition, et la difficulté part un peu dans tous les sens. Les amateurs du genre peuvent tenter l’aventure, mais le jeu ne devrait pas sortir du lot. Au moins, les sept chapitres profitent d’une bande-son solide, capable de mélanger orchestral et électronique – et c’est là qu’on passe la ligne d’arrivée.

-Gergely Herpai « BadSector »-

Pro:

+ Le monde en lui-même
+ La direction artistique
+ Un système d’infiltration et une ambiance qui sortent du lot

Contre:

– Des personnages pas assez développés
– Un système de checkpoints étrange
– Une difficulté incohérente

Développeur: Baby Robot Games
Éditeur: Baby Robot Games (PC) / Selecta Play (PlayStation 5, Xbox Series)
Date de sortie: 10 avril 2024 (PC) / 16 avril 2026 (PlayStation 5, Xbox Series)
Genre: science-fiction, infiltration, platformer 3D

Ereban: Shadow Legacy

Jouabilité - 6.4
Graphismes - 7.7
Histoire - 7.5
Music/audio - 6.7
Ambience - 6.5

7

BON

Des idées et une vraie identité, mais pas encore le niveau « incontournable », peu importe la plateforme.

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Grabbing controllers since the middle of the nineties. Mostly he has no idea what he does - and he loves Diablo III. (Not.)

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