Cela semble impossible, mais un joueur tétraplégique est parvenu à jouer à World of Warcraft uniquement par la pensée grâce à un implant

Jon L. Noble, ancien soldat britannique, s’est porté volontaire pour tester un implant neuronal qui pourrait, à l’avenir, rendre la paralysie bien plus supportable pour ceux qui en souffrent. Ce qu’il vient de montrer n’est pas seulement une prouesse technologique, mais aussi une preuve saisissante qu’une paralysie sévère ne condamne pas forcément à perdre tout lien avec le monde numérique.

 

Ces derniers jours ont rappelé avec une brutalité particulière à quel point il peut être difficile de retrouver une vie à peu près normale après un accident qui laisse une grande partie du corps immobile. Ce genre de drame met en lumière non seulement la souffrance physique, mais aussi le poids psychologique écrasant de ne plus pouvoir vivre comme auparavant. Heureusement, la science continue d’avancer pour atténuer certaines de ces tragédies, et l’exemple le plus frappant du moment est sans doute celui de Jon L. Noble, qui teste l’un des premiers implants cybernétiques développés par la société Neuralink d’Elon Musk et qui a réussi à renouer avec l’une de ses activités favorites : le jeu vidéo.

En 2016, cet ancien militaire de l’armée britannique a été victime d’un accident de la route qui l’a laissé gravement paralysé, avec une perte quasi totale de l’usage de ses quatre membres principaux. La tétraplégie l’a privé de toute autonomie physique et l’a cloué au lit. Près de dix ans plus tard, il s’est porté volontaire pour tester l’implant N1 de Neuralink et a rejoint le programme sous le nom de Patient 18. Ce dispositif a été conçu pour traduire les impulsions électriques du cerveau en signaux compréhensibles par d’autres appareils, permettant ainsi à son utilisateur d’interagir à nouveau avec un ordinateur ou d’autres systèmes simplement par la pensée.

 

Une forme de télékinésie numérique dans World of Warcraft

 

C’est précisément ce que Jon L. Noble vient de réussir. Il y a environ trois mois, il a subi l’opération visant à implanter le N1 dans son cortex cérébral. Au départ, il a eu du mal à s’adapter à l’idée d’utiliser un ordinateur uniquement par la pensée, mais au bout de quelques semaines, il avait déjà assimilé le système au point de dire lui-même que cela ressemblait presque à une « seconde nature ». La partie la plus impressionnante est arrivée peu après : environ 80 jours après avoir commencé à utiliser activement l’implant, il a voulu relancer une partie de World of Warcraft.

Au début, il lui a fallu un peu de temps pour retrouver une vraie maîtrise de son personnage, mais en l’espace de quelques jours, il le dirigeait comme s’il jouait avec un clavier et une souris classiques au MMORPG de Blizzard. Il a non seulement pu se déplacer avec fluidité dans le jeu, mais aussi combattre efficacement, et il a même rejoint un raid où il a tenu son rang aux côtés du reste du groupe pour faire tomber le boss. En clair, Noble est parvenu à jouer et à réussir dans World of Warcraft en utilisant ce qu’il appelle lui-même une forme de « télékinésie numérique ».

 

Une fenêtre ouverte sur l’avenir de la récupération médicale

 

L’objectif évident de cet implant n’est pas simplement de permettre à des personnes paralysées de rejouer aux jeux vidéo, même si cela offre une démonstration particulièrement frappante de ses capacités. Ce que montre surtout la performance de Noble, c’est que le N1 pourrait réellement devenir un outil capable de rendre une part d’autonomie aux personnes atteintes de paralysie sévère. Le fait qu’il ait pu s’en sortir dans un jeu comme World of Warcraft, qui exige de nombreuses actions par minute ainsi que des réactions rapides dans des activités comme les raids, simplement en pensant à ce qu’il voulait faire, constitue une preuve très forte de ce potentiel.

Cette technologie pourrait aller beaucoup plus loin à l’avenir. Pour l’instant, elle reste au stade des essais cliniques, mais si des cas comme celui de Noble continuent d’aboutir, l’élargissement de ses fonctions devient tout à fait envisageable. Parmi les évolutions possibles dans les années à venir, on peut imaginer une compatibilité avec des dispositifs externes de mobilité, permettant à des personnes lourdement paralysées d’utiliser des exosquelettes ou des membres robotiques pour retrouver une partie de leur motricité, voire remarcher ou interagir physiquement avec des objets. Cela relève encore du futur, mais les progrès déjà démontrés par Jon L. Noble et d’autres patients du programme sont d’ores et déjà extrêmement prometteurs.

Source : 3DJuegos

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