Achetez-vous un jeu vidéo ou seulement une promesse ? Les patchs day one finissent par donner l’impression d’une arnaque

Aujourd’hui, presque chaque grosse sortie arrive avec un patch day one, et ce qui servait au départ à peaufiner les jeux ressemble de plus en plus à un système où le joueur paie le prix fort pour un produit encore inachevé.

 

Vous vous souvenez de l’époque où l’on entrait dans un magasin, où l’on achetait un jeu, puis où l’on rentrait chez soi pour en profiter immédiatement dans sa version complète ? Si oui, ce n’est pas seulement le signe que le temps a passé – c’est aussi la preuve que vous avez connu un modèle que la dématérialisation a pratiquement fait disparaître. Aujourd’hui, le patch day one est devenu une norme sur presque tous les lancements d’envergure, mais il n’est pas apparu par simple caprice. Quand un jeu entre en certification ou part en fabrication, la version gravée sur le disque peut déjà accuser plusieurs semaines, voire plusieurs mois de retard sur l’état réel du développement.

C’est précisément pour cela que les studios continuent à travailler jusqu’à la dernière minute, et que la véritable sortie ne correspond plus seulement à la boîte achetée, mais à l’ensemble formé par le support, le téléchargement et la mise à jour. Le vrai problème commence lorsque l’on vend au joueur comme un produit fini quelque chose qui corrige encore des erreurs graves ou qui n’active qu’après coup des contenus pourtant promis depuis le départ.

Cyberpunk 2077 reste l’exemple le plus parlant de cette dérive. CD Projekt RED a présenté ses excuses, a promis de gros correctifs après le lancement, et a même ouvert la voie aux remboursements, mais le mal était déjà fait. Aujourd’hui, le titre fait partie des RPG les plus solides du marché, sauf qu’il lui a fallu traverser un parcours semé d’embûches, de polémiques et de patchs pour en arriver là. No Man’s Sky raconte une histoire comparable. À force de correctifs, d’ajustements et de mises à jour gratuites, Hello Games a fini par transformer le jeu en l’expérience que beaucoup espéraient dès le premier jour. Autrement dit, les patchs ne sont pas mauvais en eux-mêmes – ils peuvent réparer, améliorer, voire sauver un jeu. Le problème, c’est de faire payer une promesse comme s’il s’agissait d’un lancement définitif.

Dans le même temps, des sites comme DoesItPlay attirent désormais l’attention sur la fragilité du format physique lui-même, car même l’ancienne méthode n’offre plus une tranquillité absolue. L’évolution du marché vers le numérique a aussi modifié la nature des disques et des cartouches : certaines éditions fonctionnent sans connexion internet, tandis que d’autres laissent de côté une partie du contenu ou dépendent directement de téléchargements. Alan Wake II en est un bon exemple : le jeu peut être terminé sans téléchargement supplémentaire, mais certains contenus additionnels et plusieurs éléments précis exigent tout de même un accès au réseau. Pendant ce temps, le marché continue d’avancer dans cette direction. Les chiffres de vente montrent que l’attention des éditeurs se concentre désormais sur la distribution numérique, tandis que les ventes physiques frôlent des planchers historiques. Le constat final est donc assez inconfortable : de plus en plus souvent, vous n’achetez plus un jeu terminé, mais un droit d’accès à sa version future. Et si l’on ajoute à cela le fait que vos jeux dématérialisés ne vous appartiennent pas vraiment au sens fort du terme, l’industrie commence à ressembler à une bombe à retardement qui finira tôt ou tard par exploser.

Source : 3DJuegos

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