Le DLSS 5 provoque déjà une levée de boucliers chez les développeurs

Les joueurs ne sont plus les seuls à grincer des dents face au DLSS 5: plusieurs développeurs critiquent désormais ouvertement la technologie, estimant qu’elle ne se contente pas d’améliorer l’image, mais qu’elle modifie carrément l’identité visuelle voulue au départ et piétine l’intention artistique.

 

Le débat autour du DLSS 5 a déjà dépassé le cadre habituel des forums hardware et des querelles entre technophiles. Ce qui n’était au départ qu’une méfiance grandissante chez les joueurs est en train de devenir un vrai sujet de crispation du côté des créateurs eux-mêmes. Le problème, pour eux, n’est pas l’usage de l’intelligence artificielle en soi, mais le fait que cette technologie semble aller bien au-delà d’un simple upscaling pour se comporter comme une couche de retouche visuelle capable de réécrire des choix esthétiques pourtant délibérés.

Tech4Gamers, en s’appuyant sur un article de Kotaku, rapporte que plusieurs développeurs ont réagi avec une franchise particulièrement brutale. L’un d’eux estime que le DLSS 5 vide les choix artistiques de leur personnalité, en lissant tout selon ce que l’IA imagine être le bon rendu. Un autre a carrément envoyé Nvidia promener dans des termes beaucoup plus crus. Derrière la vulgarité, le fond reste le même: si un système automatisé commence à remodeler l’image finale à ce point, alors la paternité visuelle du jeu glisse peu à peu des mains de ceux qui l’ont conçu.

 

Ce n’est pas la technologie elle-même qui dérange, mais l’ampleur de son intervention

 

L’un des aspects les plus révélateurs de cette polémique, c’est que de nombreux développeurs auraient découvert l’étendue réelle du DLSS 5 en même temps que le public. Cela suffit déjà à tendre l’atmosphère, mais le malaise va plus loin. Ce que plusieurs critiques reprochent à la technologie, ce n’est pas seulement d’accentuer ou de nettoyer l’image, mais de modifier des éléments essentiels comme les visages, les points focaux, l’éclairage ou la tonalité générale d’une scène. Autrement dit, le souci n’est pas qu’une image soit différente, mais qu’elle ne corresponde plus à celle que les artistes avaient réellement construite.

C’est précisément pour cela que le terme “yassified” revient souvent dans les réactions. Pour ses détracteurs, le DLSS 5 tend à tirer les jeux vers le même rendu artificiellement lissé, trop maquillé, trop homogène, quelle que soit l’identité visuelle recherchée à l’origine. Dans un jeu où l’ambiance, la texture ou même une certaine rugosité servent directement le récit, cela ne relève plus du détail technique. Cela ressemble à une intrusion dans l’oeuvre finie.

Jensen Huang a tenté de désamorcer la critique en affirmant que les opposants se trompaient et que la technologie laissait en réalité le contrôle aux développeurs. Sauf que Nvidia a aussi reconnu que le DLSS 5 faisait davantage que du simple rendu neuronal, ce qui n’a fait qu’alimenter les soupçons de ceux qui jugeaient déjà le discours initial bien trop prudent par rapport à ce que l’outil modifie vraiment. Cette contradiction explique en grande partie pourquoi la réaction a pris une telle ampleur en si peu de temps.

Ce qui rend l’affaire intéressante, ce n’est pas seulement la violence des mots employés, mais ce qu’ils disent du conflit de fond. Le DLSS 5 peut encore être présenté comme un bond technologique, mais si de plus en plus de développeurs y voient un système automatisé qui repeint leur travail après coup, Nvidia ne vend plus seulement une solution de performance. L’entreprise s’invite directement dans une bataille beaucoup plus sensible: celle de savoir qui décide, au final, de l’apparence réelle d’un jeu.

Source: Tech4Gamers

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BadSector is a seasoned journalist for more than twenty years. He communicates in English, Hungarian and French. He worked for several gaming magazines - including the Hungarian GameStar, where he worked 8 years as editor. (For our office address, email and phone number check out our impressum)

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