ACTUALITÉS CINÉMA – Plus de deux siècles après la publication de Raison et sentiments, Daisy Edgar-Jones estime qu’Elinor et Marianne Dashwood pourraient parfaitement vivre dans notre époque. La nouvelle adaptation de Georgia Oakley reste fidèle à l’Angleterre des années 1810 dans sa forme, mais porte un regard résolument contemporain sur les deux sœurs, leurs obligations et leurs émotions refoulées.
Daisy Edgar-Jones, révélée notamment par Normal People et Twisters, interprète Elinor Dashwood, raisonnable et profondément attachée à son devoir, tandis qu’Esmé Creed-Miles incarne Marianne, sa sœur au tempérament plus libre. Le scénario de Diana Reid conserve bien sûr toute la dimension romantique du roman de Jane Austen, mais insiste davantage que certaines adaptations précédentes sur la relation entre les deux sœurs elles-mêmes. Il ne s’agit donc pas uniquement de savoir de qui chacune tombe amoureuse, mais aussi de comprendre comment deux jeunes femmes très différentes tentent de trouver leur place dans une société aux règles particulièrement rigides.
Edgar-Jones s’est sentie particulièrement proche d’Elinor, toujours occupée à prendre soin des autres, à montrer l’exemple et à maintenir sa famille unie. L’expérience du lien entre les deux sœurs était également nouvelle pour l’actrice sur un plan plus personnel, puisqu’elle a grandi comme enfant unique et a eu l’impression de recevoir une véritable sœur pendant le tournage. Creed-Miles n’était toutefois pas une inconnue pour elle : les deux actrices avaient déjà joué ensemble en 2018 dans Pond Life, le premier film d’Edgar-Jones.
La romance reste évidemment centrale dans Raison et sentiments. Elinor éprouve des sentiments pour Edward Ferrars, incarné par George MacKay, vu dans 1917, mais leur retenue et leur sens du devoir compliquent considérablement leur rapprochement. Pour Edgar-Jones, les conventions sociales de l’époque sont parfaitement illustrées par le fait qu’un simple geste comme se tenir la main pouvait déjà représenter une étape émotionnelle majeure. « Le désir est de retour », a-t-elle résumé, avant de plaisanter en suggérant que Jane Austen avait peut-être inventé ce sentiment elle-même.
Georgia Oakley et Diana Reid ne cherchent donc pas à moderniser artificiellement le classique en introduisant des comportements ouvertement contemporains dans les années 1810. Leur ambition consiste plutôt à montrer que la responsabilité familiale, la pression sociale, les émotions réprimées, la relation entre sœurs et l’incertitude amoureuse restent parfaitement actuelles deux cents ans plus tard. Selon Edgar-Jones, cette approche permet au film d’offrir une véritable échappée hors du présent tout en parlant directement au public de 2026.
(Sense and Sensibility – sortie en Hongrie : 5 novembre 2026.)
Source : UIP Dunafilm



