ACTUALITÉS CINÉMA – Un chant de Noël de Charles Dickens a été adapté d’innombrables fois, mais Ti West (X, Pearl, MaXXXine) estimait qu’un élément manquait régulièrement aux versions cinéma : des fantômes réellement effrayants, alors que ce sont eux qui font avancer l’intrigue. Issu du cinéma d’horreur d’auteur, le réalisateur développe donc en profondeur la dimension surnaturelle du récit classique dans sa nouvelle adaptation, Scrooge (Ebenezer). Johnny Depp (Edward aux mains d’argent, Charlie et la Chocolaterie, Pirates des Caraïbes) revient dans le rôle de Scrooge, et fait également son retour au sens propre après plusieurs années d’absence.
Selon l’éditeur Penguin Books, le classique de Dickens a connu environ 400 adaptations à l’écran, dont 45 suivent fidèlement l’œuvre originale. Cette immense popularité tient peut-être au fait qu’il s’agit d’un grand récit de rédemption : un homme mauvais reçoit la visite de fantômes à Noël et retrouve le droit chemin.
West est passionné depuis l’enfance par la nouvelle de Dickens publiée en 1843, qu’il considérait déjà davantage comme une histoire de fantômes que comme un conte de Noël. Depp est lui aussi un admirateur de longue date et, selon le réalisateur, il s’est révélé parfait dans le rôle de l’usurier avare et aigri. West estime notamment que l’acteur possède une remarquable sensibilité au rythme particulier des dialogues anciens de Dickens. Le Scrooge de Depp n’est d’ailleurs pas seulement grincheux et détestable : son humour et son charme insaisissable peuvent parfois pousser le spectateur à se surprendre en train de lui donner raison. West et le scénariste Nathaniel Halpern voulaient rompre avec l’idée simpliste selon laquelle Scrooge serait entièrement mauvais tandis que tous ceux qui l’entourent seraient irréprochables.
Le casting réunit d’autres grands noms. Fait étonnant, en sept décennies de carrière, le double nommé aux Oscars Ian McKellen (Le Seigneur des anneaux, X-Men) n’avait jamais joué dans aucune des quelque 400 adaptations d’Un chant de Noël. Il incarne ici l’un des fantômes, Jacob Marley. West décrit son Marley comme « un véritable salaud », mais McKellen parvient malgré tout à en faire une figure attachante et tragique. Cette fois, nous ne le verrons pas uniquement sous forme de spectre : le film le montre aussi de son vivant.
Tramell Tillman, star de Severance récompensée aux Emmy Awards, incarne le Fantôme des Noëls présents comme un personnage inhabituellement impatient, désireux d’en finir au plus vite avec la rédemption de Scrooge. Rupert Grint (les films Harry Potter) devient l’un des repères émotionnels de l’histoire : Bob Cratchit est un père de famille surmené et sous-payé, qui aimerait démissionner mais doit supporter son patron pour ses enfants.
West souligne que Scrooge n’entend pas bouleverser le récit de Dickens. Le film reste fidèle à l’œuvre originale tout en l’abordant sous un angle légèrement plus sombre, résolument plus hanté et plus nuancé sur le plan émotionnel. Selon le réalisateur, certaines scènes ont même fait pleurer le public lors des projections tests.
(Ebenezer – sortie hongroise : 12 novembre 2026.)
Source : UIP Dunafilm



