Le multijoueur de Red Dead Redemption était si chaotique à son lancement que les développeurs de Rockstar ont d’abord soupçonné une attaque extérieure. Des civils volants, des poulets utilisés comme montures et des règles de jeu défaillantes ont finalement été reliés à un problème technique bien plus petit, mais aussi plus étrange.
La composante en ligne de Red Dead Redemption, sortie en 2010, est aujourd’hui considérée comme un important précurseur des expériences multijoueurs en monde ouvert de Rockstar, mais son démarrage a été tout sauf paisible. D’après Kris Roberts, ancien développeur du studio, l’équipe a observé sur les serveurs publics des anomalies qui ressemblaient davantage à une manipulation volontaire qu’à un bug logiciel classique.
Les joueurs décrivaient des scènes absurdes : certains personnages volaient, d’autres chevauchaient des poulets, tandis que les règles habituelles du gameplay cessaient de fonctionner les unes après les autres. Pendant un court moment, les développeurs ont réellement pensé que quelqu’un avait piraté le multijoueur de Red Dead Redemption et intervenait directement dans les parties.
Un sac d’or égaré a déréglé le monde de Red Dead Redemption
L’enquête a finalement révélé une erreur de gestion des ressources. Selon Roberts, des sacs d’or pouvaient passer d’un mode compétitif au mode exploration lorsqu’un joueur quittait la partie au mauvais moment. Ces objets inutiles consommaient progressivement les ressources disponibles, privant des scripts et des systèmes essentiels de la mémoire nécessaire à leur bon fonctionnement.
Rockstar a alors conçu un script de nettoyage chargé de supprimer les sacs d’or bloqués. Comme la validation d’un correctif complet sur console aurait pu prendre plusieurs semaines, l’équipe a déployé sa solution via le système de mise à jour du stockage de la Xbox 360 et de la PlayStation 3. Les sessions publiques auraient retrouvé un fonctionnement normal en moins de 24 heures.
Cette anecdote ne raconte pas seulement le lancement mouvementé de Red Dead Redemption. Elle montre aussi l’ingéniosité imposée par les limites de l’infrastructure console de l’époque : ce chaos spectaculaire n’était pas l’œuvre de pirates, mais de quelques sacs d’or virtuels abandonnés au mauvais endroit.



