L’ancien « évangéliste principal » de l’Unreal Engine souhaite désormais concurrencer son ancien employeur. Cette évolution se montre positive, puisque Godot pourrait ne plus rester la seule grande « troisième voie ».
En juin, Sjoerd De Jong, moddeur et level designer de l’Unreal Engine devenu ensuite spécialiste à plein temps chez Epic Games, a annoncé qu’il quittait l’entreprise après 12 ans, pendant lesquels il avait travaillé comme directeur senior et « évangéliste principal » de l’Unreal Engine. Dans son mystérieux message d’adieu, De Jong déclarait que l’industrie vidéoludique avait atteint un tournant et que son objectif consistait à déterminer comment s’adapter à l’évolution des exigences du développement et y répondre de la meilleure manière possible. Nous disposons désormais d’une vision plus claire de ses projets pour façonner l’avenir du secteur. Dans un entretien accordé à This Week in Videogames, il a révélé qu’il développait son propre moteur.
Le futur concurrent des moteurs actuels se nomme Immens Engine, et De Jong le développe avec une petite équipe de cofondateurs comprenant notamment Arjan Brussee, ancien directeur technique d’Epic. Le créateur souhaite que l’Immens Engine propose une alternative à la domination de l’Unreal Engine et de Unity. Il estime que leur influence sur le marché a contribué à la stagnation du développement, tandis que des concurrents comme Godot n’ont commencé à émerger que récemment. Selon De Jong, l’Unreal Engine et Unity deviennent continuellement plus volumineux et accumulent avec le temps davantage de charges inutiles. La question se pose donc de savoir s’il existe une place pour une solution permettant de construire depuis zéro un moteur totalement propre et moderne.
De Jong a expliqué qu’au lieu de continuer à ajouter des fonctions à un ensemble d’outils toujours plus lourd, il espérait que l’Immens Engine permettrait aux développeurs de créer leurs propres collections personnalisées. Le système est conçu dès le départ afin de prendre en charge les outils externes, les services et les bibliothèques sur lesquels les équipes s’appuient. Selon De Jong, l’IA agentique fait partie des technologies externes que l’Immens Engine autorisera, et il reconnaît qu’il s’agit d’un sujet extrêmement actuel. Peu avant son départ, Epic avait révélé ses projets pour l’avenir de l’Unreal Engine, dans lesquels les grands modèles de langage, les systèmes d’IA générative et des outils comme Claude et Codex joueront un rôle central. De Jong doute toutefois que les moteurs et outils de développement existants, conçus pendant des années pour les humains, puissent véritablement répondre aux besoins de l’IA agentique.
Même si l’Immens Engine est développé pour proposer une plateforme plus flexible à l’intelligence artificielle agentique, De Jong affirme qu’il ne s’agit pas d’un « moteur d’IA ». Il reste un véritable moteur de jeu qui se montre simplement compatible avec les architectures fondées sur l’intelligence artificielle. Les développeurs devront toujours effectuer eux-mêmes le travail, puisque De Jong ne souhaite pas voir les utilisateurs générer un jeu en appuyant sur un bouton avant de le publier aux côtés de cinq millions d’autres titres créés exactement de la même manière.
Source : PCGamer, This Week in Videogames



