ACTUALITÉS CINÉMA – Avec plus de trois décennies de carrière à Hollywood et environ quatre-vingts films à son actif, Matt Damon estime qu’aucun de ses rôles précédents ne l’a autant mis à l’épreuve que la superproduction de Christopher Nolan, L’Odyssée. L’acteur oscarisé de 55 ans a évoqué dans l’émission Sunday Sitdown les défis physiques qu’exigeait l’interprétation du roi d’Ithaque.
Damon s’est souvenu de l’une de ses premières conversations avec le réalisateur, au cours de laquelle Nolan l’avait averti que le tournage serait une épreuve extrêmement difficile. Même si l’acteur expérimenté avait d’abord accueilli cette mise en garde avec scepticisme, il est désormais obligé de reconnaître que le réalisateur n’avait absolument rien exagéré.
L’équipe de cette production monumentale a travaillé dans des lieux particulièrement éprouvants, des côtes marocaines aux sommets glacés, en passant par des navires ballottés en pleine mer. Selon Damon, la réalisation de L’Odyssée ressemblait davantage à une expédition de survie qu’à un tournage traditionnel. Cette expérience a néanmoins eu un avantage indéniable : les difficultés partagées ont profondément soudé l’équipe, tandis que les efforts collectifs ont permis de concrétiser l’ambitieuse vision artistique de Nolan.
Damon a également expliqué que ce tournage représentait selon lui l’une des dernières occasions de réaliser une grande épopée hollywoodienne classique sur des lieux réels et avec de véritables décors construits, car les studios ne souhaitent plus financer des productions aussi complexes et coûteuses lorsqu’il est possible de tout créer par ordinateur. Nolan a ensuite tenu à exprimer son désaccord.
Dans un entretien accordé au Telegraph, le réalisateur a déclaré comprendre les inquiétudes de son acteur, tout en soulignant que l’avenir du cinéma n’était pas menacé. L’optimisme de Nolan repose avant tout sur l’attitude des jeunes générations. Selon lui, les membres de la génération Z, y compris ses propres quatre enfants, rejettent totalement « les déchets générés par l’intelligence artificielle ». Les jeunes reconnaissent immédiatement les contenus sans âme produits par l’IA, car ils ont grandi dans un univers en ligne où ils ont appris à repérer et à filtrer ce genre de créations. Nolan estime que le public en a désormais assez de l’omniprésence des contenus virtuels et recherche des récits tangibles, réels et authentiques.
Bien que le réalisateur reconnaisse que l’IA puisse apporter des outils utiles à la création d’images dans la production cinématographique, il considère comme totalement absurde l’idée selon laquelle cette technologie pourrait entièrement remplacer la créativité humaine. Nolan estime que tandis que les entreprises technologiques investissent des sommes et une énergie considérables dans le développement de l’IA, les spectateurs reviennent vers les techniques cinématographiques traditionnelles, artisanales et ancrées dans la réalité physique. Les véritables épopées comme L’Odyssée ont donc bel et bien un avenir.
(L’Odyssée – au cinéma dès jeudi !)
Source : UIP Dunafilm



