LumenTale: Memories of Trey – Le Pokéclone de Talea

TEST – Il y a toujours des jeux qui savent attirer l’attention par ceci ou cela – un key art séduisant, une atmosphère immersive ou un gameplay raffiné et singulier -, mais, dans ce cas précis, il est difficile de se défaire de l’impression d’avoir déjà vu tout cela quelque part. Et, de fait, le jeu rappelle fortement ce que Game Freak a construit autour de la franchise Pokémon au cours des trois dernières décennies.

 

Il s’agit d’un jeu de collection de monstres, ici appelés Animons. L’élément le plus accrocheur se situe peut-être dans leur design, capable de laisser une impression positive.

 

 

Au-delà de l’âge d’or

 

Autrefois, tout allait bien à Talea, où les humains et les Animons vivaient côte à côte. Cette harmonie a brutalement pris fin lorsque l’empereur est mort et que ses fils, avec les factions qui les soutenaient, se sont retrouvés plongés dans une guerre civile. Une partie de l’armée impériale a entrepris de protéger les civils et les Animons, mais Talea s’est retrouvée coupée en deux. Au sud, Mythos évoque l’ancienne époque, tandis qu’au nord, Logos place le progrès et l’innovation au centre de tout.

Nous n’incarnons toutefois pas un humain, mais Trey, un androïde. Le jeu s’appuie aussi sur un cliché familier: il a perdu la mémoire et ne sait donc plus quelle était sa mission d’origine ni quel rôle il doit jouer dans la guerre. LumenTale: Memories of Trey utilise cette idée pour entretenir le mystère, qui reste longtemps entier tandis que le récit se déploie lentement. Trey est découvert par Ales, un garçon qui a perdu ses parents et qui, pour cette raison, craint les Animons. Son oncle veut l’envoyer en ville afin qu’il rejoigne Lumen, la faction qui protège cet endroit et qui a vu le jour pendant la guerre civile.

Trey reçoit de l’oncle d’Ales son premier Animon, ainsi que les Holokens, l’équivalent local des Poké Balls, qui permettent de capturer les Animons. Sa mission secondaire consiste à ramener Ales chez lui sain et sauf. L’un des éléments les plus réussis de l’ambiance repose sur le lien qui se crée entre Ales et Trey. Au départ, Ales se méfie de l’androïde, mais après avoir été sauvé par lui, une relation commence peu à peu à se construire entre eux. Ales part à l’aventure et Trey devient son compagnon de route.

Cette fois, il ne s’agit donc pas de récolter des médailles afin de vaincre le Conseil 4, puis de défier le Maître. Les Holokens ne suffisent pas à obtenir des Animons, car il faut également lancer des Bilias. Il est possible de les lancer immédiatement, ce qui déclenche un mini-jeu rythmique où il faut appuyer sur le bouton au bon moment, ou de commencer par combattre, à la manière de Pokémon. Si un Animon estime que nous sommes suffisamment dignes et que nous l’avons assez affaibli, il peut être capturé, mais cela ne fonctionne pas à tous les coups. Les combats sont, dans le fond, très proches de ce que l’on a déjà vu à maintes reprises, avec toutefois une différence importante: nous pouvons combattre avec quatre Animons à la fois. Après un nombre suffisant d’attaques efficaces, l’équipe peut utiliser la TP Action pour déclencher une attaque spéciale commune et infliger des dégâts supplémentaires. La question reste évidemment de savoir si cela suffit à rendre le système assez original.

 

 

Quand l’élan s’essouffle

 

C’est précisément là que se situe le problème: même avec cette variation, les combats ne parviennent pas à se montrer uniques. On aurait apprécié davantage de styles de combat ou des versions spéciales des TP Actions selon le type de l’Animon concerné. Lorsqu’un Animon n’appartient pas à l’équipe active, il peut être envoyé dans l’Anispace, un espace numérique inspiré de Digimon, que l’on peut aménager selon ses goûts afin de lui offrir des meubles et des occupations adaptés. Cet aspect reste pourtant largement secondaire, car il est facile de l’oublier dès lors que l’attention se porte sur les combats et l’histoire.

Le jeu s’ouvre réellement après Iris Hamlet, le premier village. C’est à ce moment-là que l’on peut commencer à affronter les Lumens, et il faut également préciser que LumenTale: Memories of Trey n’est pas particulièrement long. Il est possible de terminer l’histoire en environ 12-13 heures. Sa plus grande force réside dans son style artistique, car la collecte des Animons donne envie de découvrir l’apparence du prochain. Le problème est que cela se fait au détriment de la jouabilité.

À plusieurs reprises, le jeu n’explique pas certains éléments et ses tutoriels sont quelque peu dissimulés, un point que les développeurs auraient dû traiter avec davantage de sérieux. Le jeu ne manque pourtant pas de charme. Il n’est pas mauvais, mais il donne une impression de manque de finition, ce qui explique pourquoi sa note ne peut pas être plus élevée. Cela reste vrai même en tenant compte du fait que son concept est loin d’être original, et c’est encore une formulation très douce.

 

 

Aimez-les tous !

 

Dans ce genre de situation, il faut réfléchir à la manière d’évaluer le jeu. Le monde et le design des Animons sont réussis, tandis que le mystère qui entoure Trey et Talea est ce qui peut nous pousser à jouer encore une heure, puis une autre, puis une autre encore. Le style artistique et les combats à quatre Animons sont également de bonnes idées, mais la jouabilité manque de fluidité, et c’est précisément pour cela que LumenTale: Memories of Trey ne peut pas recevoir une note remarquable.

Le jeu est bon, qu’il n’y ait pas de malentendu, mais il aurait fallu lui consacrer un peu plus de travail pour qu’il puisse devenir excellent. Au final, il est difficile d’y voir beaucoup plus qu’un clone de Pokémon.

-V-

Pro:

+ Le style artistique
+ Les combats avec quatre Animons
+ Trey, Ales et le mystère

Contre:

– Un concept qui manque d’originalité
– La capture des Animons demande un temps d’adaptation
– Une jouabilité maladroite

Éditeur: Team17
Développeur: Beehive Studios
Genre: JRPG 2,5D de collection de monstres
Date de sortie: 26 mai 2026

LumenTale: Memories of Trey

Jouabilité - 5.2
Graphismes - 7.3
Histoire - 7.3
Musique/Audio - 6.2
Ambiance - 7.5

6.7

CORRECT

LumenTale: Memories of Trey est un JRPG de collection de monstres coloré, atmosphérique et sympathique, dont les meilleurs atouts sont le design des Animons et le mystère qui plane sur son univers. Son manque d'originalité, sa jouabilité maladroite et ses explications incomplètes l'empêchent toutefois de devenir davantage qu'un clone de Pokémon visuellement séduisant mais inabouti.

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Grabbing controllers since the middle of the nineties. Mostly he has no idea what he does - and he loves Diablo III. (Not.)

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