TEST – À première vue, Dustwind: Resistance offre exactement ce que l’on peut attendre d’un jeu d’action tactique isométrique post-apocalyptique : de la poussière, de la rouille, des pillards, une vengeance, de la survie et un fort parfum de Fallout. Le problème n’est pas que le jeu de Z-Software et Dustwind Studios s’appuie sur des bases familières, mais que, malgré quelques bonnes idées, presque tout y paraît daté, raide et souvent fatigant dans son exécution.
Les jeux post-apocalyptiques ne manquent pas, et si Dustwind: Resistance devait être jugé sur ce seul critère, il n’irait pas très loin. Son récit de vengeance très classique ne l’aide pas davantage, car ce territoire de genre a déjà été parcouru plus d’une fois depuis Mad Max : quelqu’un perd tout, prend une arme, puis part récupérer ce qui peut encore l’être. Les deux premiers Fallout viennent aussi très vite à l’esprit, et ce n’est pas forcément un défaut en soi. La vraie question est plutôt de savoir si les joueurs d’aujourd’hui ont encore envie d’un jeu d’action tactique post-apocalyptique isométrique aussi ancien dans son approche, aussi rugueux et aussi compromis dans son confort.
Une chose est sûre : on ne jouera pas à Dustwind: Resistance pour son histoire. Derrière sa vue isométrique, le jeu cache un style un peu vieilli, mais pas totalement dénué d’intérêt : combats tactiques en temps réel avec pause, gestion d’escouade, composition libre de l’équipement, ennemis coriaces et monde où la survie donne constamment l’impression d’être un travail. Ce mélange pourrait fonctionner si le jeu ne trébuchait pas si souvent sur son propre rythme, sa caméra, son système de combat et son état général de rouille avancée.
La vengeance de Jake ne suffit pas à porter le jeu
Jake commence l’histoire comme fermier, avec une épouse et un berger allemand nommé Diesel. Puis la bande de pillards menée par le Warlord arrive, et tout bascule dans une campagne de vengeance très familière. À première vue, Fallout 4 peut venir à l’esprit, mais ce seul rapprochement ne suffit pas à condamner le jeu, car Dustwind: Resistance peut être divertissant. Le problème, c’est qu’il peut tout aussi souvent devenir frustrant.
Le jeu exige d’emblée une approche tactique, alors que la plupart des affrontements se déroulent en temps réel. C’est là que se trouve l’un de ses plus gros problèmes : trop souvent, il n’y a tout simplement pas assez de temps pour prendre la bonne décision, surtout lorsque la caméra travaille elle aussi contre nous. Avec un système au tour par tour, il aurait peut-être été plus facile de s’immerger dans ce monde, mais la formule actuelle pousse plutôt à réagir dans la précipitation. Le jeu permet bien de mettre l’action en pause, et de donner alors des ordres aux coéquipiers, mais viser reste à notre charge, et cela demande un vrai temps d’adaptation.
La comparaison avec Fallout revient aussi dans le système de combat, puisque nous avons un pourcentage de chances de toucher la cible. Cela dépend en partie du fait de tirer à genoux, et en partie de la distance de l’ennemi. L’idée se tient, mais les adversaires encaissent beaucoup, et lorsque tout un groupe d’assaillants largement semblables se rue sur nous, le système devient vite pénible. L’équipement de l’équipe permet d’atténuer un peu ce problème : si la vitesse compte, une armure légère et une arme de corps-à-corps peuvent fonctionner ; si l’on veut créer l’équivalent d’un tank, la mitrailleuse et l’armure lourde deviennent des choix logiques. En théorie, ou plutôt au niveau de l’idée, cela pourrait sembler excitant, mais dans la pratique, le gameplay est beaucoup moins vivant que ce que le système promet.
Visuellement, le jeu rappelle aussi très fortement l’école du Fallout classique. Les niveaux reposent sur de grandes zones explorables où l’on peut parler à de nombreux personnages, ou parfois choisir de ne pas le faire, tant les déplacements lents transforment déjà le trajet en exercice de patience. On comprend que les développeurs essaient de rompre les combats avec des conversations, mais les grands espaces un peu vides et la progression lourde rendent vite l’errance monotone. L’absence de mini-carte n’arrange rien, et il faut donc s’attendre à consulter très souvent la carte complète, ce qui devient particulièrement gênant dans un jeu à ce rythme.
Vingt-cinq ans de poussière sur les épaules
Les scènes intermédiaires prennent la forme d’images fixes dessinées, et elles possèdent une certaine ambiance, mais il est plus difficile de dire beaucoup de bien du design des personnages. Le niveau de détail reste très limité, et les portraits ne suffisent pas à donner une vraie présence aux protagonistes. L’univers visuel n’est pas indéfendable, mais il donne davantage l’impression d’une idée restée trop longtemps dans un tiroir que d’un jeu tactique post-apocalyptique vraiment remis au goût du jour.
Le doublage ne s’en sort pas beaucoup mieux. En dehors des scènes entre les missions, il n’y a pas de véritable travail vocal marquant, et les dialogues ne sont pas assez solides pour maintenir l’intérêt à eux seuls. Ils paraissent souvent secs, parfois franchement maladroits, et l’ambiance sonore dans son ensemble ne parvient pas non plus à tirer l’expérience vers le haut. Cela peut poser la question de savoir s’il faut d’abord jouer à l’épisode précédent de la franchise, Dustwind: The Last Resort, sorti en 2021. Pas vraiment. Dustwind: Resistance se comprend seul, et le manque de contexte ne sera pas notre principal problème.
Sur PlayStation 5, les performances ne posent pas de souci particulier, mais la disposition des commandes peut paraître un peu étrange. L1 et R1 permettent de passer d’un personnage à l’autre, tandis qu’une pression simultanée sur les deux boutons sélectionne toute l’escouade. X sert à interagir et à répondre dans les dialogues, la pression sur le stick analogique gauche active l’infiltration, qui sera parfois nécessaire, même si la jauge correspondante diminue lorsque l’on se trouve dans le champ de vision ou d’audition d’un ennemi. Si l’on ne veut pas du rechargement automatique, L2 permet de gérer cela, tandis que le stick droit sert à viser et R2 à tirer.
Les commandes restent globalement acceptables, mais ce n’est pas elles qui décideront vraiment de la qualité de l’expérience. Elles ont bien sûr un impact, surtout dans un système où la visée et les réactions rapides comptent autant, mais le vrai problème se situe plus profondément : le gameplay donne trop souvent l’impression d’être un assemblage d’idées qui pourraient fonctionner séparément, mais qui tournent difficilement une fois réunies. Dustwind: Resistance n’est pas injouable, mais il se comporte souvent comme un jeu qui aurait déjà paru daté il y a vingt ans.
Pas mauvais, mais difficile de s’enthousiasmer
Dustwind: Resistance peut occuper une quinzaine d’heures, mais il est facile d’imaginer que l’on n’ait plus envie d’en voir davantage bien avant cela. C’est compréhensible, car l’impression générale relève davantage du jeu moyen que du titre mémorable. Il ne s’effondre pas complètement, il ne paraît pas totalement désespéré, mais il offre rarement ces moments qui donnent envie de s’y accrocher. Si quelqu’un a grandi avec ce type de jeux tactiques isométriques post-apocalyptiques, et si la nostalgie de Fallout ou de Wasteland travaille encore fortement, il pourra y trouver quelque chose. Les autres risquent surtout de le trouver trop sec, trop lent et trop dépassé.
Le DLC Canyon Cross ajoute du contenu supplémentaire et met l’accent sur notre base, mais cela ne suffit pas à sauver le jeu. Dustwind: Resistance est également disponible sur consoles depuis plus d’un an, et même après tout ce temps, il donne encore l’impression d’un titre dont la discrétion n’a rien d’un hasard. Il y a du défi, quelques idées tactiques utilisables, et la composition de l’équipe peut être intéressante, mais le résultat final reste trop souvent bloqué au niveau du « correct, mais pourquoi ? ».
-V-
Pro :
+ Les membres de l’équipe peuvent être construits de manière assez variée
+ Les scènes dessinées possèdent une certaine ambiance
+ Ceux qui cherchent du défi en trouveront largement
Contre :
– Le jeu paraît dépassé dans presque tous les domaines
– Il ne parvient pas vraiment à sortir de l’ombre des Fallout classiques
– Les combats en temps réel punissent souvent plus qu’ils ne créent de vraies situations tactiques intéressantes
Éditeur : Z-Software GmbH
Développeur : Dustwind Studios, Z-Software
Sortie : 18 juin 2025
Genre : jeu d’action tactique isométrique, stratégie post-apocalyptique avec fusillades
Dustwind: Resistance
Jouabilité - 6.7
Graphismes - 4.3
Histoire - 4.7
Musique/Audio - 6.7
Ambiance - 8
6.1
CORRECT
Dustwind: Resistance ne se distingue pas vraiment des autres jeux tactiques post-apocalyptiques, et ce n’est pas un hasard si l’on en a si peu entendu parler. Il possède quelques bonnes idées, mais ses combats lourds, ses systèmes datés, son histoire faible et l’ombre trop écrasante de Fallout le réservent surtout à ceux qui cherchent précisément une tactique de survie à l’ancienne.





