Après la dernière mise à jour de Destiny 2, de nombreux fans accusent Sony, mais une ancienne community manager de Bungie affirme que le studio était déjà en situation d’urgence avant le rachat de 2022.
C’est un moment amer pour n’importe quel fan de Destiny. Destiny 2 est désormais pratiquement en stase après sa dernière mise à jour, et même This Week In Destiny, le rituel hebdomadaire qui durait depuis plus d’une décennie, touche à sa fin. Beaucoup de joueurs ont automatiquement rendu Sony responsable de l’état du looter shooter de Bungie, surtout après le rachat du studio pour 3,6 milliards de dollars en 2022, tandis que le choix de soutenir Marathon à sa place a encore rendu la situation plus controversée. Selon une ancienne employée, pourtant, faire porter tout le poids de l’histoire à Sony serait beaucoup trop simple.
Liana Ruppert, ancienne community manager de Destiny 2, a expliqué sur les réseaux sociaux que ce combat avait commencé avant l’ère Sony. « Ce combat était antérieur à Sony », a-t-elle écrit, avant d’ajouter : « Bungie était sous la ligne rouge avant l’acquisition par Sony. Si le studio n’avait pas été racheté à ce moment-là, il était très proche de fermer ses portes, au moins pour Destiny. C’était une acquisition d’urgence. » La déclaration est brutale, et elle rend beaucoup plus compliquée l’idée confortable selon laquelle l’effondrement de Destiny 2 pourrait être expliqué uniquement par les décisions prises après l’arrivée de Sony.
L’indépendance a donné de la liberté à Bungie, mais aussi un poids énorme
Même de l’extérieur, il n’était pas difficile de voir que Bungie était en difficulté bien avant le rachat. Le studio s’est séparé d’Activision en 2019 pour autoéditer le MMO-lite Destiny 2, une décision qui ressemblait d’abord à une libération, mais maintenir un jeu service vivant à cette échelle peut très vite devenir un gouffre financier. Les changements de rythme dans la livraison de contenu, les microtransactions, la tarification, la baisse du nombre de joueurs et les licenciements internes dessinaient déjà une situation dans laquelle chercher un nouveau partenaire ne semblait plus étonnant. Cela semblait nécessaire.
C’est ainsi que Sony a fini par payer 3,6 milliards de dollars pour intégrer Bungie, dans une opération qui n’a pas vraiment vieilli comme une victoire nette. Pour l’exercice financier 2025, l’entreprise japonaise a enregistré une perte de valeur de 766 millions de dollars liée à Bungie, signe douloureux que Destiny 2 et Marathon n’ont pas répondu aux attentes. Les chiffres ne se sont donc pas remis en ordre après le sauvetage, et l’absorption par un groupe plus grand n’a pas effacé comme par magie les problèmes structurels déjà accumulés.
L’histoire contient aussi une ironie amère. La dernière mise à jour de Destiny 2 a temporairement fait remonter le nombre de joueurs, tandis que les fans poussent déjà une pétition demandant à Sony de donner le feu vert à Destiny 3, même si cela ressemble pour l’instant davantage à un cri dans le vide qu’à un plan réaliste. L’ancienne idée Destiny Infinity, autrefois présentée comme une possible solution pour sauver la série, refait également surface dans la discussion, mais la vraie question est de savoir quelle marge reste encore à une franchise devenue à la fois succès générationnel, fardeau commercial et rituel communautaire. C’est pour cela que la déclaration de Ruppert frappe aussi fort : elle ne disculpe pas Sony, mais elle montre que la crise de Bungie venait de beaucoup plus loin, et de beaucoup plus profond, que ce que certains fans voulaient croire.
Source : PC Gamer



