1666: Amsterdam : le créateur d’Assassin’s Creed pris en flagrant délit d’IA, et ses excuses ont aggravé l’affaire

Patrice Désilets et Panache Digital Games ont reconnu que des éléments générés par IA étaient apparus dans la démo de 1666: Amsterdam, mais le studio promet désormais que tous les visuels de la version finale seront réalisés par des artistes humains.

 

Revoir Patrice Désilets au centre de l’actualité reste toujours intéressant, car il demeure l’une des figures créatives clés derrière Assassin’s Creed. Après une rupture brutale avec Ubisoft, il semble enfin pouvoir reprendre l’un de ses vieux projets de rêve. 1666: Amsterdam ressemble à un étrange cousin spirituel d’Assassin’s Creed, situé à l’époque des chasses aux sorcières en Europe, et construit autour d’une idée que Désilets explorait déjà pendant ses années chez Ubisoft, avant qu’elle ne devienne l’un des éléments des litiges juridiques entre le créateur et l’éditeur français. Libéré de ces anciennes contraintes, Panache Digital Games veut désormais faire avancer le jeu avec la communauté, d’abord en accès anticipé, puis dans une version complète – mais après sa première grande apparition publique, la discussion ne porte plus seulement sur le concept. Elle s’est déplacée vers l’usage d’images générées par IA.

Le jeu a été présenté vendredi dernier lors du Summer Game Fest 2026, et tout semblait d’abord réuni pour raconter une histoire de retour attendu. Les problèmes ont commencé peu après la mise en ligne de la démo sur Steam, lorsque des joueurs ont remarqué que l’illustration promotionnelle associée à cet essai gratuit n’était pas la même que celle utilisée par d’autres médias pour couvrir le jeu. Plus élaborée visuellement, cette image a rapidement été soupçonnée d’avoir été générée par IA, puis certains joueurs ont commencé à examiner la démo elle-même et à repérer des signes similaires dans certains plans. À partir de ce moment-là, il devenait difficile de traiter l’affaire comme un simple malentendu de communication. La communauté voulait savoir quelle quantité de matériel génératif avait été intégrée au projet, et pourquoi cela n’avait pas été annoncé plus tôt.

 

L’équipe de 1666: Amsterdam affirme que tous les visuels finaux seront créés par des humains

 

Face à l’ampleur du débat, Panache Digital Games a publié un communiqué officiel. Le studio y reconnaît que certains assets du prologue ont bien été créés à l’aide d’une intelligence artificielle générative, tout en affirmant qu’il s’agissait uniquement d’éléments provisoires, inclus par erreur dans la démo publique. Selon cette explication, ces images seront remplacées par des versions finales réalisées par les « brillants artistes » de l’équipe, et le même changement s’appliquera aux visuels promotionnels du jeu. Le studio s’est excusé pour la situation et a assuré que ni la version en accès anticipé ni la sortie complète ne contiendront d’assets générés par IA.

Ces excuses n’ont pourtant pas apaisé une grande partie de la communauté. Chez beaucoup de joueurs, elles ont même produit l’effet inverse. Les critiques estiment que le studio n’a commencé à s’expliquer qu’après que les joueurs ont rendu le problème public, et que des termes comme « placeholder » ou « erreur » ressemblent davantage à une opération de limitation des dégâts qu’à une vraie transparence. Parmi les réactions citées par GRYOnline, on trouve des commentaires très durs, comme « Vous pensiez pouvoir vous en sortir ? », ou encore l’accusation selon laquelle le studio aurait été pris à utiliser l’IA et tenterait maintenant d’étouffer l’affaire. Le fait que Panache Digital Games insiste sur la présence de plus d’une douzaine d’artistes expérimentés dans l’équipe s’est également retourné contre lui. Pour ses détracteurs, ce n’est pas une excuse, mais précisément l’inverse : si le studio dispose d’autant d’artistes, pourquoi avoir recours à l’IA générative, même provisoirement ?

La situation se complique encore parce que le débat ne concerne plus seulement 1666: Amsterdam. Certains joueurs considèrent que Panache Digital Games est simplement devenu la nouvelle cible d’une campagne anti-IA de plus en plus intense dans l’industrie, où les communautés scrutent les bandes-annonces, les images promotionnelles et les démos avec une minutie croissante pour trouver des traces de génération artificielle. D’autres défendent au contraire cette vigilance, en expliquant que si les joueurs ne repèrent pas ces éléments, les studios pourraient les emmener discrètement jusqu’aux versions finales. Un schéma comparable a déjà été observé autour de Crimson Desert, dont les développeurs ont modifié certains éléments après les plaintes liées à des images soupçonnées d’être générées par IA. Dans le cas de 1666: Amsterdam, la question ne se limite donc pas au remplacement de quelques assets de démo. Elle porte aussi sur la volonté réelle des studios d’être transparents sur l’usage de l’IA avant d’être pris sur le fait.

Source : GRYOnline, 3DJuegos

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