Les futurs jeux James Bond pourraient passer sous contrôle d’Amazon – et le rôle d’IO Interactive devient moins certain

007 First Light semble être un solide jeu James Bond d’après les premiers retours, avec un lancement qui paraît également prometteur sur le plan commercial. Jeff Gattis, dirigeant d’Amazon Gaming, affirme que les suites seront prises en charge par MGM et, théoriquement, par Amazon Game Studios, ce qui rend le rôle futur d’IO Interactive moins certain.

 

007 First Light n’est pas né d’une situation éditoriale simple et parfaitement nette. IO Interactive avait annoncé son jeu James Bond plusieurs années avant qu’Amazon n’acquière la franchise cinématographique James Bond en 2025, ce qui signifie que ce projet précis n’était pas entièrement sous contrôle d’Amazon. Dans un nouvel entretien accordé à Polygon, Jeff Gattis, dirigeant d’Amazon Gaming, a expliqué qu’Amazon ne détenait pas tous les droits liés à ce First Light, ce qui a permis à IO Interactive de l’autoéditer. Cette ouverture pourrait toutefois disparaître pour les suites, puisque Gattis affirme que les prochains épisodes seront pris en charge par MGM et, théoriquement, par Amazon Game Studios.

Cela ne met pas automatiquement IO Interactive hors de l’avenir vidéoludique de Bond, mais la configuration actuelle paraît difficile à conserver telle quelle. Le studio danois, avec son travail sur Hitman, avait un profil presque évident pour un jeu James Bond moderne : infiltration, résolution élégante de situations complexes, espaces sociaux et chaos contrôlé. Si 007 First Light confirme son bon départ, écarter IO ne serait pas une décision créative évidente. Du point de vue d’Amazon, la logique industrielle se comprend pourtant très bien : James Bond est une marque trop précieuse pour rester durablement en dehors de sa propre structure médiatique, surtout si cinéma, streaming et jeu vidéo doivent se renforcer mutuellement.

Gattis inscrit cette évolution dans une stratégie plus large d’Amazon, et non dans une simple décision liée à un jeu. Le groupe ne pense pas seulement en titres, séries et films isolés, mais en propriétés de divertissement connectées, où Prime Video, le jeu vidéo et les IP détenues se répondent de plus en plus. « Nous voyons cette intégration continue de la vidéo, du cinéma et des jeux vidéo, où la frontière devient beaucoup plus floue », a déclaré Gattis. « Nous pensons que c’est une véritable occasion pour nous de créer des propriétés intellectuelles qui prolongent – ou en quelque sorte élargissent – les séries télévisées et les films. » Il cite notamment la future série Tomb Raider prévue sur Prime Video, pensée pour accompagner les jeux plutôt que pour exister à côté d’eux.

La même logique s’applique encore plus naturellement à James Bond, mais le risque est plus net. Le parcours d’Amazon Games reste irrégulier : après avoir tenté pendant des années de s’imposer comme un acteur majeur du développement à gros budget, l’entreprise a pris ses distances avec cette approche en 2025 et a commencé à insister sur les projets correspondant mieux à ce qu’Amazon estime savoir faire. Steve Boom, vice-président d’Amazon chargé de l’audio, de Twitch et des jeux, expliquait alors que la direction avait réévalué ses plans pendant plusieurs mois à travers ce prisme. Ramener Bond en interne pourrait renforcer la cohérence avec les plans cinéma et streaming, mais cela pourrait aussi faire perdre la main spécialisée qu’IO Interactive apporte à la table.

007 First Light n’est donc pas seulement le retour de Bond dans le jeu vidéo, mais aussi un moment de transition pour la franchise. Amazon doit désormais décider si la prochaine mission sera confiée à un studio externe expérimenté ou ramenée plus profondément dans sa propre machine IP. La première option offre une sécurité créative, la seconde un contrôle industriel, et ces deux priorités ne vont pas toujours dans le même sens. Bond est revenu dans les jeux vidéo, mais on ne sait plus très bien qui tiendra réellement l’arme la prochaine fois.

Source : PC Gamer

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