Obsession pourrait devenir si rentable qu’Hollywood ne pourra plus ignorer le calcul

ACTUALITÉS CINÉMA – Obsession a commencé comme un petit film d’horreur indépendant, mais sa trajectoire au box-office pourrait désormais le faire entrer parmi les œuvres les plus rentables de toute l’histoire du cinéma. Le premier long métrage de Curry Barker montre aussi à quel point l’ancien calcul hollywoodien paraît fragile lorsque des films d’horreur minuscules font mieux que des machines de franchise hors de prix.

 

Obsession, film d’horreur indépendant réalisé par Curry Barker, youtubeur de 26 ans, est sorti en salles le vendredi 15 mai et suit depuis une courbe rarissime dans l’industrie. Le film a rapporté davantage lors de son troisième week-end que lors du deuxième, et davantage lors du deuxième que lors du premier, ce qui n’arrive presque jamais dans l’exploitation classique d’un long métrage. À ce stade, il a déjà engrangé 104 millions de dollars au box-office nord-américain et 148 millions dans le monde, tandis que Discussing Film estime qu’il pourrait dépasser les 250 millions de dollars à la fin de sa carrière en salles.

Ce serait un excellent résultat pour presque n’importe quel film, mais c’est particulièrement spectaculaire pour Obsession, dont le budget se situe entre 750 000 dollars et 1 million de dollars. En prenant l’estimation la plus basse, le film pourrait donc rapporter environ 333 fois son coût de production, soit un retour sur investissement exceptionnel. Pour mesurer l’écart, Avatar de James Cameron reste le plus gros succès de l’histoire du box-office avec 2,92 milliards de dollars de recettes mondiales, mais il a coûté 237 millions de dollars, ce qui représente environ 12,33 fois son budget. Avatar a bien sûr généré un bénéfice brut infiniment plus élevé, mais il ne joue pas dans la même catégorie qu’Obsession en matière de rentabilité proportionnelle.

Obsession doit toutefois encore grimper pour rejoindre les cas les plus délirants de l’histoire du cinéma d’horreur rentable. Le projet Blair Witch, sorti en 1999, avait été produit pour environ 200 000 dollars et a rapporté 248,6 millions de dollars au box-office, soit à peu près 1 243 fois son budget. Paranormal Activity appartient au même panthéon : le film de 2007 a coûté environ 215 000 dollars après des ajustements ultérieurs qui ont fait grimper son budget initial de 15 000 dollars, selon The Hollywood Reporter, et il a rapporté 193,35 millions de dollars. Cela représente environ 899 fois son coût de production.

Obsession n’est même pas le seul film d’horreur indépendant porté par un réalisateur issu de YouTube à cartonner actuellement en salles. Backrooms, signé Kane Parsons, est sorti ce week-end et a déjà engrangé 81 millions de dollars aux États-Unis, ainsi que 118 millions dans le monde, pour un budget de seulement 10 millions. Pendant ce temps, le gros film Star Wars de Disney, Star Wars: The Mandalorian and Grogu, a coûté 165 millions de dollars et en a rapporté 246 millions dans le monde. Le chiffre peut sembler solide, mais une règle couramment utilisée à Hollywood veut qu’un film doive généralement rapporter entre deux et deux fois et demie son budget pour atteindre l’équilibre, une fois les coûts marketing pris en compte. Obsession et Backrooms ont franchi cet obstacle sans difficulté, tandis que Star Wars: The Mandalorian and Grogu n’y est pas encore, et sa chute de 70 % lors du deuxième week-end, rapportée par Variety, laisse planer un vrai doute sur sa capacité à y parvenir.

Hollywood pourrait donc se trouver devant un tournant. Les studios ont passé des années à injecter des fortunes dans d’immenses méga-franchises issues de marques connues, pendant que le public montre aujourd’hui qu’il est aussi prêt à payer pour des idées d’horreur fraîches portées par de jeunes réalisateurs affamés. Le cinéma d’horreur de prestige s’est révélé particulièrement sûr. L’an dernier, des films originaux comme Sinners et Évanouis ont connu de grands succès, et Évanouis semble partager une partie de son ADN avec la percée actuelle d’Obsession et de Backrooms. Produit pour une somme relativement modeste de 38 millions de dollars, il a finalement atteint un solide total mondial de 270 millions.

Au bout du compte, Hollywood suit l’argent, et l’argent ne pointe plus seulement vers les machines de franchise à neuf chiffres. Le succès d’Obsession est d’autant plus difficile à balayer qu’il repose sur un coût minuscule, une progression d’un week-end à l’autre, un bouche-à-oreille puissant et une vraie connexion avec un public jeune. Si le film dépasse réellement les 250 millions de dollars dans le monde, le premier long métrage de Curry Barker ne sera pas seulement une surprise commerciale. Il rappellera brutalement aux studios qu’on ne gagne pas toujours en dépensant plus, mais parfois en pariant plus juste.

Source : MovieWeb

Spread the love
Avatar photo
BadSector is a seasoned journalist for more than twenty years. He communicates in English, Hungarian and French. He worked for several gaming magazines - including the Hungarian GameStar, where he worked 8 years as editor. (For our office address, email and phone number check out our impressum)

theGeek Live