ACTUALITÉS CINÉMA – Nicolas Cage a passé des décennies à éviter la télévision, car il se voyait avant tout comme un acteur de cinéma. Pendant la pandémie, son fils l’a pourtant installé devant Breaking Bad, et une scène silencieuse de Bryan Cranston a suffi à lui faire comprendre que le récit en série pouvait offrir à un acteur ce qu’un long-métrage permet rarement : du temps.
Depuis une quinzaine d’années, avec l’essor des plateformes de streaming, d’innombrables acteurs de cinéma sont passés à la télévision. Ce qui était autrefois perçu par beaucoup comme un signe de déclin professionnel est devenu un choix créatif pertinent : les séries offrent désormais davantage de liberté, des personnages plus complexes et des contrats pouvant rivaliser avec ceux des blockbusters hollywoodiens. Nicolas Cage, lui, a longtemps résisté à cette évolution. Pendant quatre décennies, il est resté attaché à l’idée que la télévision n’était pas son territoire.
Le déclic n’est pas venu d’un dirigeant de studio, d’un agent ou d’un gros contrat, mais de son fils. Pendant la période du Covid, celui-ci l’a fait regarder Breaking Bad, une série encore largement considérée comme l’une des plus grandes réussites télévisuelles et l’un des programmes les mieux notés par les utilisateurs d’IMDb. Cage a alors compris pourquoi le format sériel moderne pouvait avoir un tel impact sur les acteurs comme sur les spectateurs. Le moment décisif n’a pas été une explosion, un retournement ou une scène d’action, mais le jeu silencieux et prolongé de Bryan Cranston.
Cage a expliqué ainsi ce changement de regard : « J’étais catégorique sur le fait de ne pas faire de télévision. (…) Mais mon fils m’a fait m’asseoir pendant le Covid et m’a montré Breaking Bad. J’ai commencé à voir que les acteurs de cette série avaient le luxe du temps pour raconter leur histoire. J’ai vu Bryan Cranston regarder une valise pendant ce qui semblait être des minutes. Je ne pouvais pas le quitter des yeux, et tout ce qu’il faisait, c’était regarder une valise ; je me suis dit qu’on ne peut pas faire ça dans un film : on n’a pas le temps. J’ai pensé qu’avec une histoire de huit heures, je pourrais peut-être planter les graines d’un personnage qui pourraient éclore en quelque chose pour lequel je n’ai pas ce luxe dans un long-métrage. C’était l’attrait principal. »
Cette prise de conscience ne l’a pas poussé à accepter immédiatement n’importe quel rôle télévisé. Cage a attendu le bon projet, celui qui correspondait vraiment à ce qu’il voulait tenter. Ce projet est devenu Spider-Noir, la nouvelle série de Sony, Marvel et Prime Video, dans laquelle il tient la tête d’affiche d’un univers de bande dessinée nourri par le film noir. Selon l’acteur, le projet a concrétisé exactement la vision qu’il avait imaginée, ce qui en a fait le bon moment pour passer enfin à la télévision.
« J’avais peur d’être renvoyé »
Malgré son enthousiasme, Cage a été accompagné d’une forte incertitude pendant le tournage. Il a expliqué qu’il craignait constamment d’être renvoyé, parce qu’il puisait dans le jeu d’acteurs classiques tout en confrontant cette approche à l’univers Spider-Man de Stan Lee. Son objectif était de créer une sorte de sensation pop art à la Roy Lichtenstein, mais pendant longtemps, il ne savait pas si ce mélange fonctionnerait. Il ne s’est vraiment rassuré qu’après avoir vu les huit épisodes.
Cette nervosité l’a poussé à demander conseil à Charlie Sheen, qui possède une expérience télévisuelle bien plus importante. Cage a raconté l’anecdote ainsi : « J’étais tellement nerveux que j’ai appelé mon bon ami Charlie Sheen, qui a fait beaucoup de télévision, et je lui ai demandé conseil. Il m’a dit : ‘Qu’est-ce qui te rend nerveux ?’ Et j’ai répondu : ‘Un producteur m’a dit de ne pas marmonner.’ Il a répondu : ‘Pardon… qui t’a dit de ne pas marmonner ? Son nom de famille, c’est Sony ?’ Et j’ai dit : ‘Non.’ Alors il a dit : ‘Eh bien, dis-lui d’aller se faire foutre !’ Donc j’ai bien ri, je suis entré, et j’ai fait la lecture. »
Spider-Noir bénéficie d’un accueil favorable, et les débuts télévisuels de Cage se sont donc révélés bien moins périlleux que ce qu’il redoutait. Cette expérience pourrait lui ouvrir la porte à d’autres séries, même s’il garde pour l’instant plusieurs projets de cinéma importants. Parmi ses travaux à venir figurent une suite de Longlegs, le thriller horrifique dans lequel il livrait une prestation particulièrement inquiétante, ainsi qu’un nouveau film de John Woo, Gambino, centré sur l’un des chefs de la mafia. Cage n’a donc pas tourné le dos au cinéma, mais après Breaking Bad, la télévision ne semble plus être une porte fermée.
Source : 3DJuegos



