Un nouveau Deus Ex ou Saints Row ? Embracer remarque enfin les franchises qu’il a laissées prendre la poussière

Pendant des années, Embracer Group est resté assis sur des franchises légendaires comme Deus Ex, Saints Row, Thief, Red Faction, TimeSplitters ou Legacy of Kain, comme s’il s’agissait de cartons oubliés dans un entrepôt. Désormais, avec une nouvelle structure construite autour de Fellowship Entertainment, l’entreprise suédoise veut exploiter plus activement son catalogue et permettre à des partenaires externes de ranimer des licences longtemps laissées en sommeil.

 

Dix ans après être devenu l’un des plus grands et des plus controversés conglomérats de l’industrie du jeu vidéo, Embracer Group semble enfin avoir compris qu’il n’avait pas seulement acheté des studios, mais aussi des séries possédant une vraie valeur culturelle. Ces dernières années, l’entreprise suédoise a surtout fait parler d’elle pour ses restructurations brutales, ses fermetures de studios, ses projets annulés et les conséquences de l’effondrement d’un accord saoudien de plusieurs milliards de dollars. Cette fois, une autre direction se dessine : sous l’égide de Fellowship Entertainment, Embracer veut mieux organiser les licences qui pourraient représenter bien plus que des noms prenant la poussière sur une étagère.

Selon ce plan, Fellowship Entertainment deviendra l’une des divisions centrales du « nouvel » Embracer Group, tout en continuant à fonctionner sous sa direction actuelle. Cette unité sera chargée de gérer certaines des propriétés intellectuelles les plus importantes de l’entreprise, notamment Tomb Raider, Le Seigneur des anneaux et Metro. Ce serait déjà un ensemble considérable, mais l’objectif ne se limite pas à rassembler les grands noms sous un même toit. L’entreprise veut explicitement construire un modèle dans lequel des studios externes, des sociétés de production et des partenaires pourront travailler avec les franchises d’Embracer dans les jeux vidéo, le cinéma, la télévision et d’autres formats multimédias.

 

Dark Horse et les licences pourraient se retrouver au cœur de la machine

 

L’un des éléments importants de cette réorganisation est la création d’une division spécifique consacrée aux propriétés intellectuelles et aux licences. Son objectif sera d’augmenter les revenus issus de franchises que l’entreprise a souvent mal exploitées ou laissées de côté. L’éditeur américain de comics Dark Horse deviendra une partie opérationnelle de cette nouvelle unité, grâce à sa longue expérience dans la coproduction de films et de séries avec des partenaires hollywoodiens. La direction d’Embracer considère clairement cet élément comme un atout, car l’entreprise ne pense pas seulement aux jeux, mais aussi à une exploitation plus large dans l’industrie du divertissement.

Lars Wingefors, président d’Embracer Group, explique que l’entreprise veut désormais explorer « plus activement » des accords et des partenariats capables de remettre en mouvement ses marques les plus connues. La liste parle d’elle-même : Saints Row, Deus Ex, Red Faction, Thief, TimeSplitters et Legacy of Kain. Plusieurs de ces séries sont mises de côté depuis des années, parfois depuis des décennies, tandis que d’autres ne sont revenues que sous des formes incapables de produire une vraie renaissance. Wingefors a également confirmé que le groupe continuerait à investir dans des franchises AAA plus récentes, comme Kingdom Come: Deliverance, Dead Island, Darksiders et Remnant.

L’annonce est particulièrement intéressante parce qu’Embracer se remet précisément à planifier autour de marques qu’il a souvent traitées de manière très discutable. Deus Ex, par exemple, reste l’un des noms les plus importants du RPG de science-fiction moderne, mais plusieurs rapports indiquaient qu’un nouveau jeu en développement chez Eidos-Montréal avait finalement été annulé. Thief est lui aussi un héritage sans lequel l’histoire de l’immersive sim et du jeu d’infiltration serait difficile à imaginer, mais il n’a pas reçu de véritable continuation moderne à la hauteur de son nom. Quant à Legacy of Kain, les fans attendent depuis longtemps que quelqu’un prenne enfin au sérieux son univers de fantasy gothique et sa mythologie fondée sur les paradoxes temporels.

 

L’ironie est amère : Embracer a lui-même enterré plusieurs de ces rêves

 

Cette annonce porte donc une lourde dose d’ironie industrielle. Embracer est l’entreprise qui a annulé le retour de TimeSplitters, alors même que le projet était développé par Free Radical Design, le studio formé par les créateurs originaux de la série. C’est également Embracer qui a fermé Volition, les développeurs de Saints Row, après la vague de réduction des coûts qui a balayé le groupe. En arrière-plan se trouvait l’effondrement d’un immense investissement saoudien qui ne s’est jamais concrétisé, après quoi Embracer a lancé une restructuration agressive et supprimé plusieurs équipes qui avaient justement construit certaines de ses franchises importantes.

La nouvelle stratégie est donc à la fois prometteuse et difficile à oublier. Elle est prometteuse parce que Deus Ex, Thief, Red Faction, Saints Row, TimeSplitters et Legacy of Kain ne sont pas des pièces de musée, mais des séries qu’un bon studio pourrait encore transformer en grands jeux modernes. Elle est difficile à oublier parce que beaucoup de fans se souviennent qu’au cours des dernières années, Embracer s’est souvent comporté non pas comme un conservateur attentif, mais comme une machine financière froide envers plusieurs équipes et licences qu’il veut aujourd’hui revaloriser. Si Fellowship Entertainment souhaite vraiment ramener ces noms grâce à des partenariats externes, l’entreprise aura besoin de plus qu’une stratégie bien formulée. Il lui faudra de la confiance, les bons développeurs, et une vraie compréhension non seulement de la valeur commerciale de ces franchises, mais aussi de ce qui les a rendues importantes.

Source : 3DJuegos

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