ACTUALITÉS CINÉMA – Les succès de Steven Spielberg au cinéma sont légendaires, mais le réalisateur de 79 ans tente aussi depuis plus de quatre décennies de laisser une trace durable dans le jeu vidéo. De The Dig et Medal of Honor à Boom Blox, il a soutenu de nombreux projets, tandis que plusieurs idées étonnamment visionnaires n’ont jamais atteint les joueurs.
Avec 34 longs-métrages réalisés et trois Oscars, Steven Spielberg est l’un des cinéastes les plus importants de l’histoire, mais son rapport au jeu vidéo va bien au-delà des images de Ready Player One. Joueur passionné et collectionneur de bornes d’arcade rétro, il s’est régulièrement rendu à l’E3, a exprimé son admiration pour Shigeru Miyamoto et Yu Suzuki, et cherche depuis les années 1970 à transposer ses idées narratives dans une forme interactive.
L’une de ses premières grandes tentatives fut The Dig. Cette aventure de LucasArts provenait d’un épisode d’Amazing Stories jugé trop coûteux à tourner, a demandé six années de développement et a été recommencée plusieurs fois. Elle est devenue culte sans offrir à Spielberg la percée espérée. Le réalisateur a ensuite fondé DreamWorks Interactive afin d’abattre plus directement la frontière entre cinéma et jeu vidéo.
Medal of Honor reste le plus grand succès vidéoludique de Spielberg
Après Il faut sauver le soldat Ryan, Spielberg voulait faire ressentir le coût humain de la Seconde Guerre mondiale dans un jeu. GoldenEye 007 l’avait beaucoup inspiré, mais ses propositions dépassaient la simple fusillade : choix moraux, contexte historique et retournements capables de confronter le joueur aux horreurs du conflit. Medal of Honor a été menacé par plusieurs controverses et par le climat bouleversé après Columbine, mais le jeu de 1999 est devenu un succès critique et commercial.
DreamWorks Interactive a ensuite été vendu à Electronic Arts. Cette collaboration a donné naissance au puzzle Wii Boom Blox, alors que l’ambitieux LMNO—centré sur le lien émotionnel avec une extraterrestre en fuite—a disparu en cours de développement. Spielberg a également participé aux tentatives d’adaptation de Halo au cinéma et de Monkey Island en film d’animation, sans qu’aucun de ces projets n’aboutisse.
Sa carrière interactive est beaucoup plus fragmentée que sa filmographie, mais elle regorge d’idées en avance sur leur temps. Et si notre critique de son dernier film, Disclosure Day, revenait sur ses instincts de science-fiction, son parcours vidéoludique prouve que la technologie et la narration interactive le fascinent depuis aussi longtemps que les extraterrestres.



