Stop Killing Games : un groupe européen d’éditeurs dénonce l’initiative !

Pour Video Games Europe, les propositions de Stop Killing Games réduiraient en réalité la liberté des développeurs, même si le mouvement ne cesse de gagner du terrain auprès des joueurs européens.

 

Le week-end dernier, le mouvement Stop Killing Games a franchi une étape clé en devenant officiellement une initiative citoyenne européenne. Mais tout le monde n’applaudit pas. Parmi les opposants, on trouve Video Games Europe, l’association professionnelle qui représente développeurs et éditeurs dans l’UE. Vendredi, le groupe a publié un communiqué rejetant les recommandations de l’initiative. Leur message :

« Nous saluons la passion de notre communauté ; cependant, la décision de mettre fin à des services en ligne est complexe, elle n’est jamais prise à la légère et les entreprises doivent garder la possibilité de le faire lorsque l’expérience en ligne n’est plus viable commercialement. Nous comprenons la déception des joueurs, mais lorsqu’une telle décision est prise, l’industrie veille à ce que les joueurs reçoivent un préavis conforme aux lois locales de protection des consommateurs. Les serveurs privés ne constituent pas toujours une alternative viable : ils n’offrent pas les mêmes garanties en matière de sécurité des données, de lutte contre les contenus illégaux et de modération, ce qui exposerait les ayants droit à de nouveaux risques. En outre, de nombreux jeux sont conçus dès le départ pour être uniquement en ligne ; ces propositions limiteraient en fait le choix des développeurs, car cela rendrait leur création financièrement impossible. Nous sommes prêts à discuter de notre position avec les décideurs et les responsables de l’initiative citoyenne européenne dans les prochains mois. »

Pour Video Games Europe, proposer des serveurs privés ou un mode solo pour des jeux privés de multijoueur en ligne serait trop coûteux pour les studios. Les versions open source ou soutenues par des fans poseraient aussi des problèmes juridiques (cybersécurité, modération…). Pendant ce temps, les joueurs paient ces jeux… mais ils ne sont généralement pas remboursés si le jeu est retiré définitivement, payant donc pour un produit qu’on leur enlève. Selon le site officiel Stop Killing Games :

« Stop Killing Games est un mouvement de consommateurs qui conteste la légalité pour un éditeur de détruire un jeu vendu à ses clients. De plus en plus de titres sont vendus comme des biens sans date de péremption, mais deviennent injouables dès que l’éditeur cesse le support. C’est une forme d’obsolescence programmée qui nuit non seulement aux clients, mais aussi à la préservation du patrimoine vidéoludique. La légalité de cette pratique reste largement inexplorée dans de nombreux pays. »

Quoi qu’en pense Video Games Europe, le mouvement gagne du terrain. Même si des changements étaient votés, ils ne s’appliqueraient que dans l’UE (et peut-être au Royaume-Uni), laissant éditeurs et studios libres de désactiver des jeux ailleurs dans le monde.

Source : PCGamer, Video Games Europe, Stop Killing Games

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