ACTUALITÉS CINÉMA – Il faut regarder Robocop jusqu’au bout, puis patienter encore un peu, pour découvrir l’une des plaisanteries les plus ingénieuses dissimulées dans le classique de science-fiction de Paul Verhoeven. Le film de 1987 cache dans son générique de fin un easter egg passé presque inaperçu pendant plus de trois décennies et parfaitement fidèle à l’ironie mordante du long métrage.
C’est dans le climat social et politique agité de l’Amérique des années 1980 qu’est né l’un des films les plus emblématiques du cinéma de science-fiction et d’action : Robocop. Le long métrage de Paul Verhoeven, sorti en 1987, est arrivé à une époque où la société américaine s’inquiétait à la fois de la progression de la criminalité et de l’influence croissante des grandes entreprises. Le film tournait notamment cette dernière tendance en dérision à travers la privatisation des services publics essentiels, puisque même la police de Détroit y passe sous le contrôle d’une gigantesque société privée. C’est aussi pour cette raison que certains éléments de Robocop paraissent aujourd’hui presque étrangement prophétiques.
Robocop imaginait un avenir dystopique et sombre dans lequel un policier assassiné en service revient à la vie sous la forme d’une machine. Alex Murphy doit alors affronter des robots meurtriers, des criminels impitoyables et de puissants dirigeants d’entreprise dans une ville de Détroit en pleine décomposition. Dès sa sortie, la critique avait salué l’étonnant mélange de violence extrême, d’humour noir et de satire proposé par le film. Derrière cette brutalité, l’œuvre de Verhoeven posait également de véritables questions sur l’identité humaine et sur l’évolution de notre rapport à la technologie.
Robocop fut également un succès commercial, avec plus de 50 millions de dollars de recettes aux États-Unis, mais son influence durable ne s’explique pas uniquement par ses performances au box-office. Le film parvenait à condenser avec une précision remarquable plusieurs angoisses caractéristiques de son époque, de la paranoïa liée à la guerre froide à l’épidémie de crack, en passant par l’explosion de la criminalité violente dans les grandes villes américaines. Toutes ces préoccupations se retrouvaient au cœur d’un récit qui fonctionnait à la fois comme un film d’action brutal et comme une satire sociale particulièrement noire. Cette combinaison a largement contribué à faire de Robocop l’un des grands classiques de la science-fiction des années 1980.
L’une des meilleures dernières plaisanteries du film ne se trouve toutefois pas dans son intrigue, mais dans son générique de fin. Après les fusillades et les poursuites, de nombreux spectateurs quittaient naturellement les salles avant la fin du générique et rares étaient donc ceux qui restaient suffisamment longtemps pour remarquer l’étrange formulation. Parmi les habituelles mentions de copyright et autres avertissements juridiques, Paul Verhoeven avait glissé une ultime plaisanterie. Même dans les toutes dernières secondes du film, le réalisateur continuait ainsi à jouer avec l’univers satirique de Robocop.
L’avertissement relatif aux droits d’auteur indique notamment : « Le non-respect de ces règles peut entraîner une responsabilité civile ainsi que des poursuites pénales par des droïdes policiers. » Verhoeven transforme ainsi un banal texte juridique destiné à lutter contre le piratage en menace directement tirée de l’univers du film. Quiconque enfreindrait les droits d’auteur du long métrage risquerait donc non seulement des poursuites judiciaires, mais également d’être pourchassé par des machines comparables à l’ED-209. La plaisanterie se moque à la fois des avertissements antipiratage et du ton parfois disproportionnellement menaçant employé dans ce type de mentions légales.
Cet easter egg est resté pratiquement inconnu pendant plus de trois décennies, la majorité des spectateurs n’ayant jamais prêté attention aux petites lignes du générique. Internet et les réseaux sociaux ont finalement permis de remettre cette plaisanterie en lumière et de la faire découvrir à une nouvelle génération de spectateurs. L’histoire possède en outre une dimension particulièrement ironique puisque Robocop est devenu l’un des films les plus piratés de son époque. Avec le recul, l’avertissement promettant des poursuites par des droïdes policiers paraît donc encore plus approprié que ses auteurs ne pouvaient probablement l’imaginer.
3DJuegos a choisi de revenir sur cette anecdote vieille de plusieurs décennies parce que plusieurs films de la franchise Robocop sont actuellement proposés sur différentes plateformes de streaming, notamment Prime Video. Le média espagnol mentionne également Movistar+ pour son public local. Ceux qui souhaitent replonger dans le Détroit dystopique, violent et férocement satirique imaginé par Verhoeven peuvent donc envisager un véritable marathon Robocop. Mais cette fois, mieux vaut rester devant l’écran jusqu’à la toute dernière ligne du générique.
Source : 3DJuegos




