ACTUALITÉS TECH – L’intelligence artificielle n’est plus seulement une technologie expérimentale dans les télécommunications. Elle intervient progressivement dans la planification des réseaux, la détection des anomalies, l’exploitation et la gestion de l’énergie, et CETIN Hungary affirme que plusieurs de ces usages font déjà partie de son infrastructure en Hongrie, tandis que d’autres sont encore en cours d’évaluation.
CETIN Hungary a récemment achevé la modernisation de son infrastructure réseau comprenant plus de 4 080 stations de base, pour un investissement supérieur à 120 milliards de forints, et ajoute désormais de nouvelles fonctions automatisées ou assistées par l’IA à ce réseau modernisé. L’entreprise étudie ou utilise déjà ces outils dans différents domaines, de la planification à l’exploitation en passant par la consommation électrique. Dans le cadre d’un programme professionnel consacré aux applications de l’IA dans les télécommunications, CETIN a également travaillé avec l’expert en intelligence artificielle et responsable de la transformation numérique Balázs Koltai afin d’examiner les usages concrets possibles dans les infrastructures télécoms.
Selon Koltai, le secteur se détourne progressivement d’une approche reposant uniquement sur l’augmentation des capacités pour accorder davantage d’importance à l’intelligence du réseau. « La planification et l’exploitation assistées par l’intelligence artificielle rendent le fonctionnement plus efficace et libèrent les spécialistes d’une partie des tâches routinières », explique-t-il. À plus long terme, certaines stations de base pourraient également prendre en charge des fonctions d’Edge AI, avec des calculs effectués plus près des utilisateurs plutôt que dans des centres de données éloignés. Cette approche pourrait notamment servir aux applications nécessitant une très faible latence.
De la planification du réseau à la correction automatisée des anomalies
La planification des capacités constitue l’un des usages les plus évidents. L’IA peut analyser des données de télémétrie agrégées ainsi que les retours des utilisateurs afin d’évaluer plus précisément si une zone donnée nécessite une nouvelle station de base, une augmentation de capacité sur un site existant ou une autre modification du réseau. CETIN cherche actuellement à mesurer dans quelle proportion cette planification à l’échelle de la cellule peut accélérer et approfondir le travail des ingénieurs, mais aussi si un investissement identique permet d’obtenir une amélioration mesurable de l’expérience des abonnés.
L’intelligence artificielle intervient également une fois le réseau en fonctionnement. CETIN le surveille en permanence à l’aide de plusieurs milliers d’indicateurs de performance, qui peuvent être analysés parallèlement aux prévisions de trafic. Le système peut par exemple identifier les 100 stations de base les moins performantes et aider les ingénieurs à concevoir une configuration radio plus adaptée. L’analyse prédictive permet aussi de repérer certaines anomalies avant qu’elles ne deviennent des problèmes de service plus importants, et certains dysfonctionnements peuvent être corrigés automatiquement. CETIN parle dans ce cas de capacité d’« auto-réparation » du réseau, même si les interventions plus importantes restent soumises à des décisions d’ingénierie.
L’IA générative est également utilisée dans des processus moins visibles. Lorsqu’un problème est détecté, les ingénieurs préparent une documentation détaillée et des tickets de travail avant de décider de l’intervention nécessaire. Chez CETIN, l’IA générative sert à contrôler ces documents, à repérer les informations manquantes et à fournir un retour technique. La technologie ne décide donc pas seule des modifications à apporter au réseau, mais intervient comme outil d’assistance lors de la préparation et du contrôle des opérations.
La consommation d’énergie constitue enfin un autre domaine important. L’analyse continue des profils de consommation peut signaler un fonctionnement inhabituel susceptible de révéler un défaut technique ou une autre anomalie. Le fonctionnement de certains éléments du réseau peut également être adapté dynamiquement aux prévisions de trafic : lorsque la demande est faible, une partie de la capacité devenue inutile peut être temporairement désactivée ou placée dans un mode d’économie d’énergie dit « smart sleep », avant d’être réactivée lorsque le trafic augmente. CETIN estime que le pilotage intelligent du réseau et les fonctions actuelles d’économie d’énergie permettent déjà d’économiser environ 3 millions de kWh par an, soit, selon la comparaison fournie par l’entreprise, la consommation électrique annuelle de 1 295 foyers hongrois moyens. CETIN estime qu’une assistance ciblée reposant sur l’IA pourrait encore augmenter d’environ 20 % la quantité d’électricité économisée.
Source : CETIN Hungary / Noguchi



